Que n’entend-on pas aujourd’hui sur le pouvoir d’achat.
Pour commencer, démontons ce discours ambiant : « si les gens n’y arrivent pas, c’est qu’ils consomment mal et qu’ils ne travaillent pas assez. » Pour preuve, dans sa prestation télévisée sur le
thème du pouvoir d’achat le Président de la République s’est cantonné à un point : « il faut travailler plus pour gagner plus ».
Mais cette solution miracle n’est pas une augmentation du pouvoir d’achat, c’est exploiter plus. Une augmentation du pouvoir d’achat se compare à travail égal. De plus sa logique se heurte à la
réalité. Il ne peut l’appliquer ni au travailleurs à temps partiel, ni aux chômeurs, ni aux retraités.
L’idéologie étant globale en la matière, il y a un complément à cette logique. Tous les media nous le disent à travers de nouvelles émissions sur la consommation et sur l’environnement : «
consommez moins, mieux, donc moins cher ». En matière d’énergie, ayez les moyens d’accès à l’énergie renouvelable et vous dépenserez moins ; et puis, éteignez vos ampoules qui ne servent à rien,
vous consommerez moins, vous économiserez et effectuerez un geste pour l’environnement. Si on ne peut qu’être d’accord avec cela, alors demandons aussi aux entreprise polluantes ou grosses
consommatrices d’énergie d’en faire autant, demandons à l’Etat de favoriser le rail plutôt que la route, lui qui ferme les lignes SNCF. Que tout le monde s’y mette. Mais on voit bien que le
problème du pouvoir d’achat est ailleurs.
Concernant les dépenses du quotidien, croit-on un seul instant que pour nourrir une famille, les gens dilapideraient leur pouvoir d’achat. Dans les supermarchés, combien de gens comparent les
prix pour dépenser moins. Combien de gens ne vont pas au marché ou chez les commerçants du centre ville. Les salariés et au delà les citoyens n’ont de leçon à recevoir de personne pour dépenser
moins, ils y sont forcés.
Mais augmenter le pouvoir d’achat relève d’une autre logique. Au lieu de leur demander de se faire plus exploiter, pourquoi ne pas appliquer une redistribution des richesses de ce pays pour tous
: salariés à temps plein et à temps partiel, chômeurs, retraités. Mais pour cela, il faut s’attaquer aux profits gigantesques des grandes entreprise. Il faut en prendre une partie pour de
meilleurs salaires, de meilleurs prestations sociales. Ceci développerait la relance et dynamiserait la relance si dure à venir.
C’est à ce prix que notre pays s’en sortira, sans culpabiliser une partie de sa population.
Dernière minute : les résultats du Téléthon (moins 4 millions d’euros par rapport à 2006) démontrent que les citoyens ne peuvent plus assumer autant qu’avant leur désir de générosité. C’est un
signe de plus de la dégradation de la situation.
Pour les communistes du Saint Affricain
Claude CHARON.