POLITIQUE

Les élections régionales de mars 2010, qui se dérouleront à mi-chemin du quinquennat de Nicolas Sarkozy, revêtiront un enjeu très important.

Elles vont décider des orientations politiques dans les régions, un échelon territorial dont l’importance n’a cessé de grandir, et elles constitueront la dernière occasion donnée à l’ensemble des électrices et des électeurs de s’exprimer sur la politique conduite dans le pays avant 2012.

Elles se préparent dans une situation politique en pleine évolution, dans un contexte d’urgences sociales, politiques, environnementales, démocratiques grandissantes. Des urgences auxquelles il devient chaque jour plus pressant d’apporter des réponses.

La crise capitaliste s’aggrave lourdement depuis un an. Chômage, à caractère massif pour les jeunes, fermetures d’usines, plans de licenciements, inégalités et pauvreté, remise en cause des droits des femmes, détresse au travail, atteintes aux libertés, mal vie dans les quartiers, crise agricole et alimentaire, alertes écologiques… tous les clignotants sont au rouge.

Loin de combattre la crise, la politique de Nicolas Sarkozy et de sa majorité UMP, étale son indécence, en se révélant aux yeux d’un nombre grandissant de Françaises et de Français pour ce qu’elle est : une politique injuste et égoïste au service de la seule classe dominante, des privilèges de l’argent, et des logiques de rentabilité.

Cette politique développe d’énormes contradictions. Des fonds publics considérables sont mobilisés au profit des actionnaires, des banques et des grands groupes sans aucune contre-partie pour l’emploi, les salaires et les qualifications. Cet argent nourrit la relance de la spéculation sans que soient traitées les causes de la crise. Cela prépare une récession plus grave encore.

Cette politique est maintenant régulièrement et massivement contestée, comme on le voit avec les luttes multiples qui se développent dans tous les secteurs de la société, comme on l’a vu avec la formidable mobilisation citoyenne contre le projet de privatisation de La Poste. Mais la droite s’obstine à imposer coûte que coûte ses décisions et cherche même à en accélérer le rythme. Nicolas Sarkozy s’enfonce pour cela dans un exercice de plus en plus autoritaire de son pouvoir présidentiel. C’est un véritable bras de fer qui est engagé entre ce pouvoir et une partie grandissante de notre peuple qui exprime le besoin de politiques qui répondent réellement à leurs attentes.

Face à cette situation, la combativité sociale ne faiblit pas. Mais grandit aussi le besoin d’une alternative politique. Une attente et une disponibilité nouvelles mûrissent dans le pays pour travailler aux constructions qui permettraient à cette alternative politique de voir le jour.

Rien n’est joué. Car, face à la droite, la confusion règne à gauche sur le projet qui devrait être opposé à cette politique et sur la nature des rassemblements, des constructions politiques, des alliances qui lui permettraient de devenir majoritaire. Alors que les attentes, les forces disponibles existent pour construire une issue réellement à gauche, le risque est grand qu’elles se dispersent, se divisent, s’égarent dans des opérations de recomposition qui ne cessent d’être lancées pour obscurcir toute perspective réelle de réponse à la crise capitaliste. Alliances au centre, primaires ouvertes, coupure irrémédiable de la gauche en deux, instrumentalisation de la question écologique à des fins de recomposition... les fausses pistes ne manquent pas, au plan national comme dans les régions, pour conduire les forces de gauche dans de nouvelles impasses, vers de nouvelles défaites, leur faire accepter de nouveaux renoncements.

Les forces de gauche peuvent se retrouver côte à côte dans des luttes contre la politique sarkozyste, mais à ce jour ne se rassemblent pas sur un projet. Le PS parle de rassemblement à gauche mais n’opère pas de clarification forte sur son projet et entretient le flou sur des alliances de second tour avec le Modem. Les Verts parlent eux aussi de rassemblement à gauche mais les listes Europe Écologie poursuivent la construction de rassemblements hétéroclites aux contours et aux objectifs politiques très ambigus. Le NPA quant à lui persiste à refuser la nécessité de travailler à des majorités de gauche.

Il n’est pas possible d’en rester là. Il est urgent de relever le défi d’une issue politique à la crise actuelle, de sortir de cette confusion, de faire émerger à gauche un nouvel espoir, de s’attaquer sans attendre à construire cette alternative politique majoritaire de gauche qui permettra de répondre à la crise et aux urgences populaires en s’attaquant aux logiques capitalistes. C’est le moment, et c’est possible.

Nous avons entamé ce travail et cette démarche en faisant le choix à notre congrès de la constitution de fronts. Nous avons concrétisé cette démarche avec le Front de gauche à l’élection européenne, en proposant sur la base d’un projet clair un rassemblement sans exclusive à toutes celles et ceux qui se reconnaissaient dans ce projet. Ce n’était qu’un début mais cela a créé une dynamique. Nous voulons amplifier cette démarche, aller beaucoup plus loin, en portant haut et fort son ambition majoritaire.

Les élections régionales sont une occasion d’avancer dans cette voie. Tout doit être fait pour que puisse s’exprimer dans ce scrutin de la manière la plus forte et la plus claire possibles le besoin d’orientations politiques et de majorités régionales résolument ancrées à gauche. C’est nécessaire pour le pays et pour les régions.

D’ailleurs, l’UMP n’aborde pas ces élections comme des élections intermédiaires. Elle veut tous les pouvoirs et ne supporte pas que la gauche dirige vingt régions sur vingt deux. Elle entend faire de la reconquête des pouvoirs régionaux en mars 2010 un tremplin pour relancer l’adhésion à son projet politique et le remodelage de la société qu’elle a engagée. Son projet s’inscrit d’ailleurs dans les politiques européennes qui poussent à la mise en concurrence des territoires, des métropoles jusqu’aux régions, en les soumettant toujours plus aux exigences des marchés.

Voilà pourquoi les élections régionales auront dans ce contexte un triple enjeu :

le premier enjeu sera celui des orientations politiques adoptées. Soit les régions deviennent des relais, des amplificateurs de la politique de la droite et de Nicolas Sarkozy, ou accompagnent cette politique sans réellement la combattre ; et la crise, les inégalités seront encore aggravées. Soit elles deviennent des pôles de résistance à cette politique, des pôles d’initiatives, de luttes et de propositions pour promouvoir d’autres logiques solidaires, citoyennes, écologiques ; et elles peuvent contribuer à faire reculer la crise, à rendre la vie meilleure à des millions de nos concitoyennes et concitoyens, à faire émerger des choix politiques alternatifs aux logiques capitalistes et aux modèles productivistes.

 

Nous voulons des projets régionaux qui portent partout une cohérence nationale forte à partir de plusieurs grands axes de propositions :

la défense et la promotion des services publics, nationaux et locaux, notamment en matière d’éducation, d’enseignement supérieur, de recherche et de culture ; de sécurisation de l’emploi et de la formation ; de protection de l’environnement ; de transports, d’énergie, de santé et de logement... Une politique de lutte contre toutes les discriminations et pour l’égalité des femmes et des hommes.

La promotion de nouveaux critères d’utilisation de l’argent, avec notamment la création de fonds publics régionaux que pourraient saisir les salariés et les citoyens, impulsant, en lien avec le système bancaire, la sélectivité des crédits pour favoriser l’emploi, la formation, la recherche, le respect de l’environnement ; et de nouveaux pouvoirs donnés aux salariés dans les régions et les entreprises pour décider et contrôler l’utilisation des fonds distribués. Une réforme globale de la fiscalité et des financements est également indispensable.

La relance de politiques industrielles, agricoles et urbaines, qui permettent en tous domaines, de répondre aux exigences d’un nouveau type de croissance, d’un nouveau type de développement socialement solidaire et écologiquement durable. La conquête de nouveaux pouvoirs pour les salariés et leurs organisations, pour les citoyens, dans les entreprises comme dans les territoires, avec notamment de nouveaux droits d’intervention et des processus de démocratie participative généralisés.

Le second enjeu est un énorme enjeu démocratique.

La concentration et la confiscation des pouvoirs, portées en germes par la présidentialisation du régime, atteignent avec la présidence de Nicolas Sarkozy un niveau caricatural. Elles s’accompagnent d’une attaque en règle contre les libertés et les droits démocratiques. Mais cela ne suffit pas. La droite veut maintenant engager une réforme des collectivités locales qui est une attaque frontale contre la démocratie locale à tous les échelons, communale, départementale et régionale : sont programmés à terme la disparition des communes et des départements, le transfert massif de service public au privé, et l’impossibilité pour les élus de répondre aux aspirations de leurs populations, avec la limitation des compétences des collectivités et la suppression de la Taxe professionnelle. La création des conseillers territoriaux, cumulant mandat départemental et régional, la constitution de grandes métropoles, un mode de scrutin anti-démocratique seraient autant de facteurs de reprise en main par un Etat au service des grands groupes, d’éloignement des élus des citoyens et de recul grave du pluralisme politique.

La campagne des élections régionales doivent permettre de révéler ces projets largement ignorés, de construire une large riposte, de revendiquer que les assemblées locales et les citoyens soient consultés sur un tel bouleversement territorial. Elle doit porter une conception offensive de la démocratisation de l’Etat, des pouvoirs régionaux, du rôle des élus, et des services publics nationaux et locaux ; faire preuve d’audace en matière de droits des citoyens et des salariés à intervenir dans les entreprises et les territoires ; faire prévaloir des logiques de coopération entre les collectivités contre les logiques de mise en concurrence.

le troisième enjeu est celui de l’alternative politique à gauche. Les régions se doteront-elles de projets régionaux et de majorités clairement engagées à gauche, à la hauteur des nouveaux défis imposés par la crise et la politique agressive de la droite ? Ou seront-elles le théâtre de recompositions qui desserviraient tout le camp progressiste et surtout l’intérêt des régions et de leurs populations ?

Les majorités de gauche sortantes ont des bilans contrastés, mais ont permis dans un grand nombre de régions de réelles avancées pour le quotidien de milliers de femmes et d’hommes. Le travail des élus communistes dans ces régions en s’appuyant sur les populations, a démontré qu’il était possible d’obtenir des infléchissements des politiques régionales, de faire prévaloir des projets d’utilité publique. Ces élus constituent de solides points d’appui pour construire avec les populations les réponses de gauche qu’elles attendent.

Dans le mandat à venir, face à la crise et aux politiques gouvernementales de la droite, il faudra relever de tout autres défis. La gauche doit construire, avec les citoyen-ne-s, en s’appuyant sur la mobilisation et la créativité sociales, des projets à la hauteur. Ce n’est donc pas le moment de baisser la garde à gauche. Les urgences sociales et écologiques sont pressantes, et la gauche gagnera si elle va à ces élections avec des projets ambitieux, novateurs et courageux. La gauche mobilisera si elle va au devant des électeurs avec un projet clair et combatif, qui favorise l’intervention populaire pour faire face aux urgences sociales. Elle ira au contraire à l’échec si elle mise sur des calculs politiciens qui la conduisent à composer avec les idées libérales au moment où celles-ci font la preuve de leur faillite.

Pour ces élections, il y a donc un enjeu pour savoir où se trouvera, dans les programmes comme dans les alliances, le centre de gravité des majorités alternatives à la droite. Nous le voulons pour notre part clairement à gauche, car c’est la condition de politiques réellement efficaces face à la crise capitaliste, et donc la condition de victoires à gauche construites sur la mobilisation populaire. Cela comptera aussi pour les échéances politiques futures.

C’est avec l’ambition à nos yeux incontournable de relever ces défis que le Parti communiste lance un appel à toutes les forces, à toutes les femmes et les hommes de gauche représentatifs des courants politiques progressistes, comme du mouvement syndical, social, associatif, issus de la ruralité comme des grandes zones urbaines et de leurs quartiers populaires, à travailler ensemble pour que puisse s’exprimer dans ces élections de la manière la plus forte et la plus claire possibles la volonté de politiques et de majorités régionales résolument engagées à gauche.

Partout où les conditions peuvent en être créées, où les forces disponibles existent, le Parti communiste propose que ce travail commun débouche, autour d’ objectifs et de projets clairs, sur la constitution de listes de Front de gauche de large rassemblement au 1er tour, qui, à partir mais très au delà des trois forces qui se sont rassemblées à l’élection européenne (Parti communiste, Parti de gauche, Gauche unitaire), permettraient de réunir toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans cette démarche.

Ces listes pourraient s’ouvrir à des forces nouvelles, et faire une large place à toutes les femmes et les hommes, citoyens, militants du mouvement social, élus locaux, qui dans leur diversité partagent l’urgence de cette démarche de clarté et de rassemblement. Cette unité, cette diversité, cette large démarche de rassemblement, tout en assurant la juste représentation des partis qui l’initient et en s’appuyant sur leurs acquis électoraux, devront s’exprimer dans la composition des listes, jusque dans le choix des têtes de liste régionales et départementales.

Ces listes, en ouvrant un autre choix à gauche que celui porté par le PS ou Europe-Ecologie, visent à lever une dynamique de rassemblement et de victoire à gauche sur des choix clairs. Faut-il concevoir ces listes en opposition au reste de la gauche ? Non, au contraire, comme nous le proposons, il faut faire de ce front un levier pour faire bouger le curseur à gauche.

Pour réussir, les objectifs que pourraient se fixer ces listes doivent être clairs :

Construire de la manière la plus ouverte et la plus participative possibles les projets régionaux clairement ancrés à gauche que devront porter ces listes, et créer autour de ces projets les conditions du rassemblement le plus large.

Tout faire pour empêcher la droite de reconquérir les régions, et créer partout les conditions de majorités régionales de gauche, avec l’objectif de porter dans ces majorités des projets de transformation sociale réelle, et si les conditions en sont créées de travailler à leur mise en œuvre, jusque dans les exécutifs régionaux.

Cela supposera de travailler sans ambiguïté au lendemain du premier tour à la fusion des listes de gauche et écologistes, donc à l’exclusion du Modem, dans le respect de l’influence de chacune de ces listes.

Tout faire pour élire dans ces majorités de gauche le maximum d’élus à même de porter ces objectifs avec détermination durant tout le mandat, notamment en élisant le maximum de conseillers régionaux communistes.

Si elle est construite dans la clarté et dans l’ouverture la plus large, cette démarche peut aller à la rencontre des attentes de millions de nos concitoyennes et concitoyens. Mais ce sera une rude bataille. Elle doit être engagée sans tarder.

Le conseil national appelle les communistes à prendre leurs décisions région par région en pleine connaissance de cette offre, en appréciant les possibilités de la conduire dans chacune de leurs régions, en prenant les décisions les plus utiles pour faire avancer les objectifs qu’elle énonce.

Au delà du débat des communistes qui doit se mener dans le respect de toutes les options exprimées, et des décisions qu’ils ont à prendre en pleine souveraineté, le Conseil national les appellent à faire connaître cette offre très largement dans la population, à prendre tous les contacts nécessaires avec celles et ceux qui peuvent s’y reconnaître.

Nous voulons mener une campagne offensive et constructive, qui refuse d’alimenter les logiques de division, qui soit axée sur un projet et des propositions de rassemblement, qui porte la perspective de constituer des majorités de gauche sur le contenu le plus transformateur possible.

Engageons sans tarder et avec confiance, toutes et tous ensemble, dans l’unité des communistes, une très grande campagne des élections régionales !

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L’offre a été adoptée par le Conseil national du PCF le 25 octobre par 126 voix pour, 22 contre et 9 abstentions

 

 

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Intervention de Martine Perez

Conseillère régionale




Table Ronde : « La transmission des savoirs ! »





Je centrerai mon propos sur la question des lycées, domaine dans lequel l'État et les régions sont partenaires. Les élections régionales de 2010 auront lieu à un moment décisif des réformes.


La réforme du baccalauréat et plus généralement de la formation au lycée qui se prépare depuis deux ans, n’est autre que l’entrée des dogmes libéraux dans l’enseignement et la formation professionnelle.


Durant la dernière mandature, nous avons en tant qu’élus régionaux, agi pour offrir de meilleures conditions d’études aux élèves, c’est ainsi que nous avons créé et modernisé de nombreux lycées. Nous n’avons pas à rougir de notre bilan.


Mais, ne nous le cachons pas, nous entrons dans une situation nouvelle.


La France de 2010, ne sera pas celle de 2004. Les mesures que l'on nous présente, année après année, comme techniques ne le sont pas : une refonte générale des filières, des diplômes et de la carte des formations est à l'œuvre.


Cette refonte va probablement s'articuler autour d’une nouvelle phase de décentralisation : carte des formations inscrite dans un paysage dessiné par la réforme des collectivités, filières qui servent la « rentabilité » des entreprises en produisant 50% d'une génération à bac+3 et les autres au niveau bac pro ou rien.


Allons-nous, dans ce contexte, continuer de construire de beaux bâtiments en fermant les yeux sur les objectifs de « compétitivité » qui leur sont assignés par l'État ? Serons-nous les artisans aveugles de nouveaux ateliers pour de nouvelles filières encore plus sous la coupe des choix patronaux ?


Personnellement, je ne le souhaite pas.



Etre de gauche aujourd’hui, c’est affirmer que l’objectif d’une politique visant à la réussite de toutes et tous, suppose la mise en place d’un grand service national de l’éducation et de la formation unifié véritablement gratuit et bien sûr laïque.


Engageons nos régions dans une riposte sans précédent permettant d’ouvrir des horizons de progrès pour les jeunes et les salariés en formation.


Réaliser cela impose de refuser la mise en concurrence des territoires, la décentralisation des personnels, comme celle de l’orientation, et de la conception de celle-ci comme simple adaptation aux flux des demandes patronales.


Interpellons fortement l'État sur ses responsabilités envers le service public national. Travaillons à une carte des formations permettant l’égalité d’accès aux filières quelles que soient les composantes sociales des populations sur les territoires.


Développons les éléments de la réforme alternative qui relève de l'État :

  1. Toutes les formations doivent avoir un programme national reconnu comme qualification commune aux titulaires de ce diplôme.

2.Les filières et les contenus doivent être repensés, à partir d’une volonté politique, développer le savoir émancipateur, celui qui forme le citoyen, qui contribue à son épanouissement, qui développe l’esprit critique. C’est en ce sens, que les 3 lycées (général, technique, professionnel), outils les plus efficaces de démocratie, doivent être repensés et réformés.


3.La formation initiale et continue des enseignants doit être adaptée pour satisfaire aux nécessaires changements pédagogiques et non liquidée comme le veut la droite.


Un mot de la formation professionnelle pour finir.

Le gouvernement veut actuellement vider les lycées professionnels au profit d'un apprentissage moins coûteux en personnels et plus directement au service d'intérêts privés. Nous devons ouvrir un débat national, et le relayer en région, sur la formation professionnelle initiale et continue.


Dans ce débat, on ne peut pas éviter la question de l'apprentissage, c'est à dire d'une organisation des CFA et d'un statut des apprentis qui répondent aux besoins sociaux.


On ne peut pas passer à côté de la question de l'AFPA, c'est à dire d'un réel service public de la formation pour adultes, en phase avec les nouvelles évolutions de l’emploi et du travail.


L’enseignement professionnel doit être revalorisé comme une réelle voie de réussite. Cela implique la création d’un service national de l’orientation scolaire qui oriente vers le professionnel autrement que « par défaut », et indépendant de la volonté des patrons de limiter les formations à leurs exigences à court terme.


En conclusion, je dirais que de la maternelle à l’université, en passant par le lycée et la formation professionnelle, nous devons engager une grande réforme progressiste, laïque, démocratique, qui sera en adéquation avec nos efforts pour créer et rénover les bâtis.

Ce qui, pour la formation professionnelle, nous le savons, fait débat et mérite d’être approfondi.

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Cette conférence de presse de rentrée, est un peu tardive, je m’en excuse, tant il est vrai que cela fait plusieurs semaines que nous sommes sur la brèche.

Avec en point d’orgue, bien sûr, une exceptionnelle fête de l’humanité.

Un record d’affluence, un record de débats, un record de fraternité, une volonté de débattre, de construire….

et 1500 adhésions à notre parti, parmi eux une majorité de jeunes dont 2 aveyronnais.

Oui, il faut bien le reconnaître, nous avons vécu 3 jours de bonheur dans un environnement qui l’est moins tant il est marqué par ce rouleau compresseur Sarkoziste qui impose à notre pays et à notre peuple un véritable recul de civilisation.

Le chômage, la précarité ne cessent de croître au rythme des licenciements des dépôts de bilan, des fermetures d’entreprises.
La protection sociale, les services publics qui sont nos meilleurs atouts pour amortir le choc de la crise du capitalisme, sont agressés, démantelés, supprimés.

« Travailler plus pour gagner plus » disait Sarkozy. C’est très vite devenu travailler plus, plus longtemps pour gagner moins et pour certains c’est on supprime votre emploi et rejoignez les millions de chômeurs.

Même le dimanche, qui jusque là était protégé, est sacrifié au bon vouloir du Medef et de sa patronne Madame Parisot.

Mais, pour la marquise et les siens, tout va bien. Pour le seul 1er trimestre 2009, les entreprises du CAC40 ont engrangé 25 milliards d’euros de profits. C’est on ne peut plus clair. Qui paie la crise du système capitaliste ?

C’est le peuple, c’est nous.

Et cette crise n’épargne pas notre département.

Département rural, l’Aveyron est touché de plein fouet par la crise du lait. La réalité pour les producteurs tient en deux chiffres : en janvier 2008, les 1000 litres de lait étaient payés 378 euros. Ils sont payés aujourd’hui 265 euros et dans le même temps les prix de détail ont augmenté de 10% ! Les politiques menées en Europe et en France ont livré les producteurs aux grands groupes.

Département rural où l’emploi dépend pour une grande part de l’artisanat, de PME qui sont doublement victimes de la crise.
En effet, si Sarkozy a généreusement octroyé 360 milliards aux banques, ces mêmes banques ferment le robinet du crédit pour les artisans et les PME. Comme pour les salariés et les producteurs agricoles d’ailleurs.

Qui trinquent de cette situation : les salariés, victimes de licenciement, de mise en chômage partiel, de bas salaires.

Département rural, l’Aveyron est aussi victime du démantèlement et de la casse progressive des services publics.

L’Etat veut ouvrir le capital de La Poste au privé, nous refaire le coup de France Télécom.

Les logiques de rentabilité financière se traduiront par de nombreuses fermetures de bureaux, des suppressions d’emplois, du retard dans la distribution du courrier, la précarisation des postiers et un management militarisé menant à des dépressions ou conduisant au suicide comme à France Télécom.


Une votation citoyenne a lieu partout en France le 3 Octobre. Nous appelons les citoyens à y participer en nombre pour faire reculer le pouvoir.




C’est l’offre sanitaire de santé de notre département qui est remise en cause et c’est honteux car la santé qui comme on dit n’a pas de prix, doit être le bien commun de toutes et tous.

La loi Bachelot entre en vigueur avant même que les décrets d’application soient publiés.


C’est ainsi que pour ce qui concerne le Sud-Aveyron, c’est la mort annoncée de nos 2 hôpitaux publics de proximité au profit d’un soi-disant d’un nouvel établissement ! Or, la loi Bachelot, c’est un seul hôpital semi public pour 250 000 habitants, soit en gros la population aveyronnaise.

Je pourrais évoquer la SNCF qui abandonne le Frêt, qui ferme des lignes – celle de Millau-Clermont-Paris est très menacée- en contradiction totale avec le Grenelle de l’environnement, un environnement dont le pouvoir se moque mais qui sert de prétexte pour créer une nouvelle taxe, la fameuse taxe carbone imaginée par le socialiste Rocard et les Verts !


Je pourrais aussi évoquer l’énergie pour souligner la répression, la chasse aux syndicalistes orchestrée par le président de la République. A ce sujet, je serais présente demain à 10 heures, au rassemblement devant la Préfecture de Région à Toulouse pour soutenir les agents d’ ERDF sanctionnés pour fait de grève.

Je voudrais souligner la reprise des mobilisations, des luttes.

La résistance est à l’ordre du jour. Mais, il est temps d’aller au-delà, d’offrir à notre peuple qui souffre autre chose qu’un soutien de principe.

Il est urgent de construire une alternative, un rassemblement à vocation majoritaire autour de propositions qui s’attaquent vraiment aux logiques capitalistes, une alternative à la politique de Sarkozy.

Avec toutes les formations de gauche qui le souhaitent, les acteurs du mouvement social, les syndicalistes, avec le mouvement associatif dans toute sa diversité nous voulons faire émerger un projet.

C’est le sens de notre proposition de construire un Front de gauche élargi. C’est le sens de la proposition que nous avons lancé à la fête de l’Humanité, d’ateliers pour un projet de gauche.

Nous sommes engagés dans la préparation de 10 ateliers qui se tiendront dans les grandes villes de France du 10 au 23 octobre.

Les premiers auront lieu à Marseille, sur l’enjeu d’un nouveau mode de développement et à Grenoble, sur l’enjeu de la démocratie.

D’autre suivront sur l’éducation, la formation et la recherche, les services publics, les enjeux climatiques, l’utilisation de l’argent, la fiscalité.

Au terme d’un mois de débat public et de travail de propositions, nous annoncerons lors de notre Conseil National l’offre politique qui sera la notre pour les élections régionales.

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