TRIBUNE LIBRE

En 1980, Georges Marchais déclarait :

« Nous entrons dans une période de crise profonde, durable qui touche tous les domaines sans exception de la vie. Nous entrons pour des années dans une crise globale, celle du système capitaliste ».


Notre 34e Congrès qui se déroulera à la Défense à Paris du 11 au 14 décembre, se tient dans une période d’accélération de l’histoire à un moment où la crise atteint ses limites, où tout peut basculer …d’un coté comme de l’autre.

Nous avions décidé après l’échec des présidentielles de tenir un Congrès exceptionnel pour analyser les raisons d’un résultat électoral le plus bas de notre histoire, d’en tirer les leçons et de nous projeter dans l’avenir à partir d’un projet communiste élaboré en commun.


La crise s’invite au congrès, tel était le titre d’un éditorial de « communistes ».


Nous sommes en effet en pleine crise mondiale. Crise financière et économique, crise de civilisation qui touche tous les domaines de la vie, à commercer par l’environnement, crise politique aussi sur laquelle je reviendrai plus longuement.

Crise économique tout d’abord.

Il est une évidence que nul ne saurait nier.

La France, le monde sont en crise, la plus grave depuis 1929.

De Sarkozy à Parisot, de Bayrou à Royal en passant par Cohn Bendit, d’immenses efforts sont déployés, avec l’aide des grands médias pour tenter d’expliquer que ce qui est en cause, ce n’est pas le capitalisme, mais sa gestion, le comportement de patrons voyous ou de financiers indélicats.

Autrement dit, il y aurait un bon capitalisme auquel il faudrait revenir, et un mauvais qu’il conviendrait de moraliser ou de réguler.


Cette question est fondamentale, elle relève d’un véritable combat politique. Nous vivons de ce point de vue une période d’intense lutte des classes.

Cette bataille a bien sûr pour Sarkozy et les siens, comme enjeu premier celui de sauver le capitaliste.
Mais au-delà, il vise aussi à faire accepter, au nom de l’unité nationale, de nouveaux coups très durs contre le peuple.

Ainsi, et pour ne prendre que cet exemple, l’amendement rajouté au projet de loi de financement de la protection sociale permettant de travailler jusqu’à 70 ans, au nom de la liberté individuelle !

Je pourrais bien sûr énumérer des pages entières de mauvais coups, visant à faire payer au peuple les conséquences de choix politiques au service des nantis, des patrons et des financiers.


Cette crise a et va avoir des conséquences terribles sur la vie quotidienne de gens qui ont déjà du mal à vivre décemment, qui survivent tant bien que mal. Mais au-delà, elle touchera d’autres catégories y compris ce que l’on nomme les couches moyennes.

Je crois qu’il est nécessaire et urgent que nous en mesurions toute l’ampleur, ne serait ce que pour mieux appréhender la responsabilité qui est la nôtre.

La récession, l’austérité va imposer aux familles de nouveaux sacrifices, une baisse généralisée de la consommation, entraînant des fermetures d’entreprises petites et moyennes, des dépots de bilan dans l’artisanat et le commerce.

Le chômage est déjà reparti à la hausse, malgré une chasse organisée contre les chômeurs. Les premiers à en faire les frais sont les salariés précaires.


Notre région, notre département ne sont pas épargnés.

L’économie aveyronnaise est particulièrement concernée, tant le secteur des PME, de l’artisanat est dominant.
Comme si cela ne suffisait pas, d’autres secteurs importants sont touchés.

Le BTP, le tourisme, l’agriculture mais aussi la plus grande entreprise du département Bosch à Rodez.


Cette réalité est encore aggravée par les choix de Sarkozy visant des acquis identitaires de la France Républicaine, les services publics.

Comme partout sur le territoire, de graves menaces pèsent sur les hôpitaux de proximité de notre département, je pense à Decazeville, à Millau, à St Affrique, sur les bureaux de poste particulièrement dans les communes rurales, sur

le transport ferroviaire, sur les écoles.


Décidément et contrairement à ce qu’on voudrait nous faire croire, il n’y a pas de choix à faire entre un bon et un mauvais capitalisme. Il y a tout simplement un système capitaliste qui au stade actuel de son développement montre toute sa nocivité. Il exploite les êtres humains, il pille les richesses, la nature, génère misère, pauvreté et famine, provoque des guerres.

Le capitalisme est devenu de plus en plus dangereux, comme le dit Marie-George Buffet, il doit être combattu, jusqu’à son dépassement, pour un monde débarrassé de toutes formes d’exploitations, de dominations, que nous pensons plus que jamais être un monde communiste.


Le capitalisme, avec la crise, a en pris un sacré coup. Il fait la démonstration aujourd’hui qu’il est incapable de régler les problèmes de l’humanité.

On nous disait qu’il n’y avait pas d’argent pour les salaires, les retraites et les pensions, que les caisses étaient vides pour la sécu, pour les hôpitaux, pour les services publics en général.

Mais, en 48 heures, Sarkozy a trouvé 360 milliards pour les banques.

Quel scandale, quand on sait que 82 milliards suffiraient pour résoudre le problème des épidémies et la faim dans le monde. Qu’il faut 9 milliards pour porter le SMIC à 1500 euros, 8 pour boucher le trou de la sécu.


Les défenseurs du libéralisme justifiaient l’adoption des différents traités européens, de Maastricht à Lisbonne en passant par Nice, au nom du sacro saint principe de « la concurrence libre et non faussée ».

Au nom de cette idée ultra libérale, ils ont démentelé et privatisé nos services publics. C’est aussi au nom de ce principe que ceux qui ne sont pas encore privatisés sont déjà gérés selon les critères de rentabilité.

Résultat, ces choix ont aggravé la main mise du capitalisme financier …et l’on en mesure toutes les conséquences aujourd’hui.


Face à cette situation, des résistances s’organisent, des luttes se développent contre les licenciements, pour l’augmentation des salaires, du pouvoir d’achat, contre la remise en cause de nos acquis sociaux, pour la défense de nos services publics, poste, hôpital, école…

Les explications à la crise et les propositions alternatives que nous avançons commencent à interpeller des citoyens qui veulent comprendre.

L’accueil du « 4pages », les ventes de masses de l’Humanité Dimanche en sont des témoignages.

Mais, si tout cela démontre un champ de possibles important, ne nous cachons pas pour autant la vérité, ce mouvement est encore loin du niveau d’exigences et cela explique en partie la remontée dans les sondages de la côte de popularité de Sarkozy.

Car, la crise dans sa globalité concerne aussi la politique. Le mouvement social se heurte aujourd’hui à l’absence d’alternative crédible, à une crise de la gauche et des partis de gauche.


Cette question nous interpelle directement et mérite je pense que l’on l’approfondisse.


Nous devons partir des objectifs de la grande bourgeoisie en France qui souhaite installer une pseudo démocratie à l’Américaine où les élections sont sans risque pour elle et pour le système qui protège ses intérêts.

Cette pseudo démocratie repose sur un bipartisme entre deux grands courants.

La droite ultra libérale et un centre gauche social libéral qu’incarnait Tony Blair en Grande Bretagne ou aujourd’hui Obama aux Etats- Unis.

Ce bipartisme a aussi besoin d’extrêmes pouvant orienter les révoltes dans les impasses d’une protestation radicale, mais essentiellement verbale, caractérisée par le sectarisme et le gauchisme populiste.

Pendant des décennies, ce projet politique était mis en échec dans notre pays, par la forte influence d’un parti révolutionnaire, le Parti Communiste Français.

Notre affaiblissement fait que cet objectif de la bourgeoisie a marqué des points.


Où en est la gauche aujourd’hui ?


Lors de leur Congrès, les Verts viennent d’acter très majoritairement un choix libéral, en se rangeant derrière Cohn Bendit.
La LCR, futur NPA campe sur une position sectaire, protestataire, anti-unitaire. L’hyper médiatisation de Besancenot n’est pas simplement le fruit de ses talents d’orateur et encore moins d’un souffle de démocratie révolutionnaire des médias aux mains du pouvoir Sarkosiste et du MEDEF.

Il est un produit médiatique. Facteur quelques mois pour façonner une image populaire dont le but est de dévoyer et d’orienter le mécontentement sur une voie de garage.

Il est à Sarkozy, ce que fut Le Pen à Mitterrand.


On touche là des points essentiels de la crise de la politique.

L’hyper médiatisation a transformé le débat et la confrontation politique, en opérations marketing où ce qui compte, c’est l’image, le paraître, et non le projet et les idées.

Un régime présidentiel qui rythme la vie politique comme un combat permanent entre seulement 2 leaders en compétition.


C’est dans ce contexte que je veux aborder le Congrès du Parti Socialiste.

Même si le PS s’est globalement et majoritairement droitisé, même si les luttes de personnes, les conflits d’ambitions sont exarcerbés, les médias nous trompent en limitant le pitoyable spectacle du congrès socialiste à cette question.

D’une pierre, ils font d’ailleurs deux coups.

Le premier consiste à personnaliser les enjeux, en continuant de promotionner Ségolène Royal.
Le deuxième vise à écoeurer les citoyens, à les éloigner de la gauche institutionnelle, pour faire le jeu de Besancenot.


Et, si je ne me fais aucune illusion sur l’ancrage à gauche de Martine Aubry, soutenue par Delanoë dont un livre récent proclamait sa conversion au libéralisme, le pire a été évité dans la mesure où Ségolène Royal incarnait l’objectif de la bourgeoisie, l’alternance avec un centre gauche rassemblé autour d’elle et de Bayrou.

Reste que l’alternative n’a pas progressé à l’issue d’un Congrès, dont on ne mesure pas encore toutes les conséquences possibles pour le PS.

Cette droitisation du Parti Socialiste a déjà provoqué des départs comme ceux de Dolez et de Mélenchon.

Le premier parti d’opposition qui se déconnecte ainsi des aspirations populaires et de l’urgence des réponses à apporter, c’est inquiétant.


Face à cette situation préoccupante à gauche, aggravée mais j’y reviendrais, par notre affaiblissement, faut-il sombrer dans le pessimisme, le fatalisme et considérer la partie perdue ?

Je réponds sans ambiguïté : NON.


D’une part, parce qu’il y a ce système capitaliste en crise profonde et que cette crise peut provoquer une accélération brutale de l’histoire.

D’autre part, parce qu’il y a tout de même des éclaircies dans ce ciel noir.
J’ai parlé des luttes, des contestations du système qui se développent.
Il suffit d’être sur le terrain pour constater à la fois l’inquiétude mais aussi la colère des gens.

Et puis, ce n’est pas si loin que ça, il y a la formidable victoire du NON le 29 mai 2005 et les raisons de ce que les politologues ont appelé un vote de classe, sont toujours d’actualité. Elles sont d’ailleurs confirmées par un récent sondage indiquant qu’une majorité de Français remettait en cause radicalement ou pour partie le capitalisme et ses dogmes.

Cette victoire du NON, la façon dont elle a été obtenue nous aide, je pense à avancer dans notre démarche stratégique de rassemblement.


Que s’est-il passé dans cette campagne en faveur du NON au projet de constitution européenne au contenu ultra libéral ?


Et où notre parti a-t-il joué un rôle déterminant ?


Nous sommes partis du contenu du projet écrit et porté par Giscard d’Estaing. Nous l’avons analysé, nous l’avons rendu lisible pour les gens, nous avons su démontrer que ce projet était anti-démocratique, anti-populaire et finalement anti-européen.

Nous avons pu alors faire grandir dans notre peuple, l’idée du rejet.

Et sur le plan politique, nous avons affirmé : «  lorsque l’on est de gauche, on vote non. »

Sur ces bases, nous avons fédéré majoritairement la gauche en dépit du positionnement des directions des Verts et du Parti Socialiste.


S’il y a une leçon à tirer de cette campagne et qui rappelle au niveau de la démarche, dans un contexte historique autre, la campagne pour un Front Populaire en 1936, c’est qu’une stratégie révolutionnaire, donc efficace, repose sur 3 facteurs. Qu’un seul fasse défaut et l’échec est au bout.


Ces 3 facteurs sont :


Le contenu, le projet en dehors desquels être de gauche ne signifie rien.

Le mouvement social, l’intervention déterminée et consciente des citoyens.

Une union, un rassemblement majoritaire afin de faire entrer le projet dans la vie.

C’est ce qui a manqué et qui a conduit à des échecs successifs de 1981 à la gauche plurielle.

Cette leçon démontre l’impérieuse importance de l’existence d’un parti révolutionnaire, du Parti Communiste Français.

Une fois démontré et affirmé le rôle irremplaçable de notre parti, il convient d’ouvrir les yeux sur la nécessité de le transformer, de le rendre beaucoup plus efficace, beaucoup plus utile, beaucoup plus attractif, beaucoup plus influent.

Le monde a bougé notre pays a bougé.

Notre parti ne peut pas rester le parti de 1920.

Si nous voulons qu’il vive, qu’il redevienne le grand parti révolutionnaire dont nous rêvons, nous devons le transformer à la lumière des exigences et des réalités du 21e siècle.


C’est parce que nous n’y sommes pas que, pour partie nos résultats électoraux sont ce qu’ils sont.

Je vous rappelle que sur le département pour la première fois aux dernières élections cantonales, nous n’avons pas été en mesure de présenter des candidats partout. Même si nous obtenons des résultats convenables dans certains cantons, nous perdons de l’influence dans ce qui était en quelque sorte nos « bastions ».

Je pense que nous y reviendrons dans nos débats.


Notre affaiblissement est une des raisons qui a fait que le PS a pu tranquillement dériver vers le social libéralisme.

Dans les années 70, Yvon Chotard, l’un des grands dirigeants du CNPF (ex MEDEF) déclarait : « On ne fait pas la même politique avec un Parti Communiste à 20% ou un Parti Communiste à 10% ».

Cela vaut aussi pour la gauche et je crois que cela se passe de commentaires.


Je disais que notre parti ne pouvait être aujourd’hui ce qu’il a été en 1920.

Mais, dans des formes nouvelles, contemporaines, j’estime nécessaire de revenir, en les retravaillant sur des fondamentaux.

Ainsi, un parti révolutionnaire ne peut être autre chose qu’un parti militant, doté de structures de proximité.

Et ces structures de proximité doivent prioritairement concerner les entreprises et les quartiers populaires.


Ainsi, un parti révolutionnaire, dont l’ambition est de donner le pouvoir au peuple et dont la stratégie s’appuie sur l’implication active et consciente des citoyens, ne peut laisser aux autres, le nécessaire combat pour une véritable éducation populaire.

Je dirais aujourd’hui, avec la place prise par les médias, cela doit être considéré comme une priorité, au même titre que l’activité de proximité (c’est d’ailleurs la raison pour laquelle, il sera demandé aux sections d’être la cheville ouvrière de cette reconquête). Il en est de même de la reconquête de la lecture et je pense bien sûr à l’Humanité.


Ainsi, un parti révolutionnaire ne peut se satisfaire de laisser de côté la jeunesse. Nous devons sortir des incantations –les jeunes, les jeunes- pour passer à des actes concrets.


Comme un parti révolutionnaire du 21e siècle ne peut passer à côté de grandes questions, au cœur d’intolérables discriminations et dominations. Je pense aux femmes, au racisme mais aussi à l’environnement.


Il ne peut pas d’avantage se passer d’une réflexion sur le rôle des élus.

Leur dévouement, leur travail de proximité sont reconnus.

Dans le même temps, ils sont confrontés à des contradictions. Contradictions entre l’identité communiste et la solidarité de gestion qui implique parfois des compromis, dès lors qu’ils sont acceptables.

Contradictions entre certaines exigences sociales par exemple et les contraintes financières qui se multiplient de par la politique gouvernementale.
Dans le même temps, nos élus tiennent une place essentielle dans notre démarche. Ils sont une source d’expériences, d’expérimentations, dans le processus de constructions populaires que nous voulons bâtir.


Dans le même ordre d’idées, si nous voulons partir à la reconquête des entreprises, nous devons renouer des liens avec les camarades syndicalistes, qui sont au cœur de l’affrontement de classes.


Je terminerais sur cette question par la nécessité de nous doter d’un conseil départemental et d’un exécutif départemental où soit assumées et assurées de façon collective et constructive, les tâches essentielles qui nous incombent.

Je pense au secteur vie du parti, aux finances, à la communication, au travail d’éducation, à la diffusion de notre presse

Je ne m’y étends pas pour l’instant nous y reviendrons cet après-midi dans le débat sur les directions.


Tout cela s’inscrit dans une situation internationale, dans un monde qui a bougé et qui est particulièrement dangereux. La domination capitaliste s’intensifie, s’étend à toute le planète. Elle creuse des inégalités redoutables entre pays et régions du monde, comme au sein de chaque pays.

La mise en concurrence généralisée des hommes, des régions, des pays, attise les rivalités, encourageant les foyers de tensions. Le monde est sur une poudrière comme il l’a été à partir des années 30, car ne l’oublions pas, pour se régénérer, le capitalisme sait avoir recours au pire : la guerre, sauf qu’aujourd’hui la guerre pourrait signifier la fin de la planète.


Mais là aussi, heureusement tout n’est pas noir.
Des luttes se développent à l’échelle internationale.
Les rapports de forces se modifient ici et là et ce qui se passe en Amérique Latine est intéressant au même titre que les solidarités ouvrières qui se font jour en Europe.

Cela ne peut que nous encourager à réfléchir et à repenser le combat pour la paix, le désarmement, pour un nouvel internationalisme s’appuyant sans sectarisme sur toutes les forces progressistes.


C’est pourquoi, notre initiative de rassemblement sur des contenus communs à tous les progressistes d’Europe à l’occasion des élections européennes prend toute son importance.


L’appel lancé au Conseil National du 24 octobre, sur des contenus de transformation de l’Europe commence à trouver des échos positifs.

Il nous appartient de le faire connaître, de le populariser afin que pour les échéances de juin 2009, nous ne soyons pas seuls à porter cette exigence d’une autre Europe. Donnons de l’ambition à notre démarche, rendons crédible le changement, contribuons à la construction d’un «front progressiste européen », cela nous aidera pour construire l’alternative dans notre pays.


C’est pourquoi, je pense que quelque soit le regard critique que nous portons sur nos expériences passées, ce sont les possibles qui nous interrogent sur notre projet, notre organisation et les rassemblements à construire.


Notre congrès n’apportera pas toutes les réponses mais ce doit être un premier pas dans la reconstruction de ce qui reste un grand parti, notre parti, le Parti Communiste Français.


Tout n’a pas été dit dans mon rapport, dans le respect de nos sensibilités et de nos analyses, je vous propose d’engager le débat.

Ensemble, j’en suis persuadée nous contribuerons à notre niveau à enrichir les travaux de notre Congrès.

            Quand certains partis politiques tiennent leur Université d’été à quelques mois de leur congrès dont l’importance n’échappe à personne, forcément les citoyens sont intéressés. Les chaînes de télévision, la presse écrite ont largement rendu compte de l’Université du PS dominée par les questions de candidatures et de personnes au détriment du travail collectif. Mais que s’est-il passé ce même week-end un peu plus bas que la Rochelle ? Je mets au défi le téléspectateur le plus entêté, le lecteur le plus scrupuleux du moindre article de me fournir la réponse.

Et pourtant, 400 communistes et invités se sont retrouvées les 29, 30 et 31 août au Vieux-Boucau pour réfléchir, analyser, débattre, échanger, sur un programme qui nous concerne tous et qui se résume en un seul mot : le capitalisme et ses méfaits.

Que dire du battage médiatique lors de l’Université d’été du NPA et de sa vedette, Olivier Besancenot, qui a été couverte au jour le jour, de long en large par les différents médias ?

            Alors, quand le troisième parti français en terme d’élus et d’adhérents est tout bonnement oublié, plus que le Parti communiste, c’est le droit à l’information qui est maltraité.

Mais peut-être , est ce parce que nous faisons de la Politique que nous n’intéressons pas les médias, parce que nous nous attaquons aux vrais problèmes et aux vrais responsables, parce que nous essayons de réfléchir à des solutions pour que l’Humain soit pris en considération ?

Car, il serait illusoire de penser que rester sur le seul terrain de la contestation ou adhérer à une gauche où les thèses du libéralisme sont prépondérantes, nous amèneraient à une rupture du capitalisme.

Et, ce sont sur toutes ces questions et bien d’autres que nous avons travaillé de façon studieuse et assidue et que nous allons prolonger la discussion avec le plus grand nombre à la Fête de l’Humanité. Un grand moment d’émotion et de fraternité a traversé cette Université lorsque notre invité d’honneur, Edouard Glissant, poète et philosophe antillais, à la personnalité imposante, nous a fait part de sa pensée très dense sur la question des identités qui doit enrichir notre réflexion sur le monde moderne.

Je veux conclure en disant que je suis fière d’être dans un Parti où la réflexion collective prend le pas sur des querelles d’ego ou de vedettariat.

 

Pour le Parti communiste, Nicole COUFFIN.

Paradoxe  :  alors  qu'il  n'y  jamais  eu  autant  de  médias,  de réseaux et d'outils pour diffuser et échanger l'information, la culture,  les  idées...  le  droit  d'informer  et  d'être  informé  ne semble décidément plus pouvoir être exercé.

Entre attaque sur le service public de l'audiovisuel, fragilité économique de la presse quotidienne, pressions politiques à peine masquées et constitution d'empires médiatiques sous la coupe de quelques industriels, il y a danger pour le pluralisme, la diversité, la démocratie.

Cela ne peut pas continuer ainsi !

Le business aux commandes

Alors qu'elle devrait être considérée comme un bien public, l'information est devenue  une  marchandise,  l'objet  d'une  industrie  comme  les  autres.  Les grands propriétaires de médias privés imposent aux journalistes comme aux lecteurs et téléspectateurs, l'audience, le populisme et le racolage pour toute philosophie : l'important n'est plus de divertir, d'informer ou de cultiver, mais
de  faire  des  profits  et  de  vendre  aux  annonceurs  du  temps  de  « cerveau disponible » comme l'avait confié un dirigeant de TF1.

Dorénavant,  les  choix  rédactionnels  et  de  programmation  des  médias  sont guidés par le marché, par les profits. Et cette logique s'accélère. Chaque jour
de nouveaux titres, de nouvelles chaînes, de nouvelles radios passent sous la coupe de  ses  nouveaux  empires  ;  par  le  biais  de participations  croisées,  le
paysage  médiatique  français  est  aujourd'hui  écrasé  par  une  poignée  de groupes  souvent  proches  du  pouvoir  :  Lagardère,  Bouygues,  Dassault,
Bertelsmann,  Bolloré,..  Rien  d'étonnant  alors  à  ce  que  Nicolas  Sarkozy déclare son intention supprimer les maigres barrières législatives qui limitent
encore cette logique de financiarisation et de concentration. Rien d'étonnant non plus à ce que le Président s'en prenne symétriquement au service public.

Le service public menacé

Manifestant une belle solidarité de classe avec ses amis Bouygues, Bolloré et Lagardère, Nicolas Sarkozy a annoncé son intention de supprimer la publicité sur le service public pour reporter sur le privé les recettes publicitaires qui feront  dorénavant  défaut  à  France  Télévisions.  Pire,  il  n'ouvre  aucune
 
perspective sérieuse pour contrebalancer les  pertes d'un service public déjà sous-financé : pas d'augmentation de la redevance, pas de taxe sur la pub, pas
de prélèvements sur les profits du privé.

Résultat : le fait du prince menace aujourd'hui l'existence même d'un service public, ses capacités à peser pour financer le cinéma et la création, à relever
les défis du numérique, de l'Internet et de la télévision locale.

En savoir plus

Le collectif médias du PCF tient à votre dispositions pour une appropriation populaire des médias

 
Pour l'obtenir, contactez-nous
medias@pcf.fr


Scandaleux !

En janvier 2008 (mais la tendance se confirme depuis), le PCF (troisième parti de France aux dernières
élections locales et disposant pourtant d'un groupe dans chaque assemblée) n'aura disposé que de 6,2 minutes sur les principales chaînes de télé, contre 412 pour la droite,
196 pour le PS et 21 pour la LCR.
 
Bienvenue sur Radio Medef

On se rappelle quelles dérives avaient été rendues possibles, aux pires heures
de notre histoire, par une concentration excessive de la presse entre quelques mains.  Or  aujourd'hui,  jamais  le  patronat  n'aura  détenu  autant  de  moyens pour peser sur les consciences, exposer ses projets et taire ce qui les contrarie. Jamais le pluralisme n'aura été si ouvertement bafoué.

Depuis  quelques  mois,  la  confusion  se  trouve  accélérée  par  de  nouvelles pratiques  politiques  et  en  particulier  l'omniprésence  du  chef  de  l'état  à longueur  d'antenne  comme  dans  la  presse people.  On  assiste  également  au retour à des pressions politiques inadmissibles sur les journalistes comme en atteste la protestation justifiée des personnels de l'AFP.

Fragilisés, les journalistes n'ont plus véritablement les moyens de s'opposer à ces pressions et n'ont d'autres choix que se soumettre ou se démettre.

Le Parti Communiste Français ex-communiqué

Un véritable rideau  de fer  idéologique tente  aujourd'hui d'occulter  le débat public. Tout ce qui n'est pas conforme aux attendus de la pensée dominante
est effacé. Comme d'autres, les communistes font les frais de cette orientation délibérée.  La  bipolarisation  de  la  vie  politique  française,  que  certains
appellent  de  leur  voeux  se  trouve  ainsi  confirmée  voire  anticipée  par  des
pratiques éditoriales (voir encadré ci-contre).

Une  situation  que  Marie-George  Buffet  a  dénoncé  dans  une  lettre  au
Président du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel :

« Il  va  sans  dire  que  notre  conception  du  pluralisme  ne  se  résume  pas, comme  nous  vous  l'avons  déjà  signifié,  au  seul  décompte  des  temps  de parole des partis politiques, mais malheureusement l'absence de pluralisme dans   le   choix   des   éditorialistes,   ou   l'absence   répétée   de   « paroles » citoyennes et syndicales à hauteur de leur place dans la société ne fait que confirmer et aggraver « l'excommunication » dont notre peuple est victime. »

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