Après des années de restriction budgétaire, les hôpitaux sont au bord du dépôt de bilan. On nous fait croire qu’il s’a-
git d’une mauvaise gestion. Mais quand trop d’établissements rencontrent les mêmes difficultés : l’évidence s’impose.
Le budget attribué à la santé par la loi de financement de la sécurité sociale est franchement insuffisant. N. Sarkozy et
ses amis viennent de dégager des milliards d’euros pour sauver les financiers. Ils doivent faire preuve d’autant de lar-
gesse pour sauver l’hôpital public.
La France a pu s’enorgueillir d’avoir l’un des meilleurs systèmes de santé au monde. L’hôpital public est au cœur de
cette réussite. Les soignants sont compétents, dévoués, porteur d’une éthique forte. Des années de récession hospita-
lière les épuisent.
Notre pays, 5e puissance mondiale doit sortir de la crise dans laquelle les logiques comptables l’ont enfoncé. Il faut les
moyens de sauver l’hôpital public.
LE PRIVÉ S’ENRICHIT : LES MALADES TRINQUENT
La logique comptable entraîne un transfert de coût de la santé sur les malades. Forfaits, franchises médicales, dérem-
boursements, dépassements... les mots sont nombreux. Mais le mal est unique. Il est devenu de plus en plus cher de
se soigner. Et puis, maintenant non seulement on ne peut plus se soigner par manque d’argent. Mais on ne peut mê-
me plus trouver de médecin à la campagne ou en banlieue.
Au fait, c’est quoi, la logique comptable ? C’est permettre aux grandes firmes multinationales des assurances privées
de capter le marché de l’assurance maladie. C’est aussi permettre aux grands groupes de l’hospitalisation privée de
faire des bénéfices pour les jouer en bourses. Ainsi, la Générale de Santé a versé 400 millions d’€ de dividendes à ses
actionnaires en 2007!
LOI BACHELOT = PRIVATISATION DE LA SANTE
Alors que la puissance publique devrait tout mettre en œuvre pour relancer notre système de santé, la loi Bachelot
propose de franchir une nouvelle étape. Non seulement, elle veut fermer les hôpitaux de proximité, pour ne garder
qu’un hôpital public par département. Laissant ainsi aux établissements privés le monopole. Mais plus grave encore,
elle veut faire entrer les cliniques à l’intérieur de l’hôpital. Ainsi, les malades rentables seront soignés par le privé, les
plus coûteux par le secteur public. C’est tout cela, qu’elle appelle les Groupements de coopération de santé (GCS).
Pour faire appliquer cette loi du privé, elle propose faire nommer par le ministère le directeur de l’Agence régionale
de santé. Enfin, on n’est jamais assez prudent... ce directeur de l’ARS nommera le directeur de l’hôpital ,« le patron »
comme elle dit, pour diriger l’hôpital comme une entreprise. Les élus, les soignants, les usagers... n’auront plus leurs
mots à dire. Les maux, ce n’est pas le problème de Mme Bachelot...
ENSEMBLE, NOUS NE NOUS LAISSERONS PAS FAIRE
Le mois dernier, plusieurs dizaines de milliers de personnes se sont mobilisées autour de leur hôpital dans 150 initiati-
ves. Chaque jour de prise de positions témoignent du mécontentement profond des malades et des professionnels.
Ainsi, ce sont maintenant les présidents des comités médicaux des hôpitaux de Paris qui s’associent pour tirer la son-
nette d’alarme. Les personnels eux, ont organisé une manifestation d’une ampleur inégalée depuis très longtemps.
Pour gagner nous devons maintenant nous rassembler : hôpitaux de proximité et CHU, salariés et usagers, médecins
et élus... Les personnels ont organisé, à l’appel de leurs syndicats, une manifestation très réussie. Les trois collectifs
(contre les franchises, pour la défenses de hôpitaux de proximité, et pour les services publics) lancent l’idée d’une
journée nationale de mobilisation fin janvier. La loi Bachelot passera devant le parlement. Et puis, c’est le moment de
la discussion sur le budget dans les hôpitaux.