Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs,
Chers Collègues,
Nous tenons notre débat sur les orientations budgétaires pour 2009, alors que notre région, subit comme partout une crise grave, la plus grave que le monde ait connue depuis 1929.
Une crise qui n’est pas seulement financière.
C’est la crise du système capitaliste qui, à son stade actuel de développement, se montre non seulement incapable de régler les grands problèmes de notre siècle, mais au contraire les aggrave, au
point d’affamer aujourd’hui plus de la moitié du monde et d’asphyxier la planète.
Le capitalisme a fait son temps. Il convient de le dépasser et de construire un autre monde où la vie primera sur la bourse ! Le capitalisme nous promettait l’abondance. Il sème la pauvreté
et la misère.
La crise remet en cause le dogme de la concurrence libre et non faussée. Les traités européens, de Maastricht à Lisbonne, en passant par Nice éclatent en plein vol. C’est en leurs noms que
des aides d’Etat étaient interdites car faussant la sacro-sainte loi du marché !
Nous voyons que les lois de ce qui pourrait être une merveilleuse idée, l’Europe, sont variables selon que l’on est puissant ou misérable.
En plus, la crise fait apparaître les mensonges du gouvernement, les tromperies du grand patronat, dont la présidente Laurence Parisot n’a même pas la décence de l’humilité.
Pas d’argent pour les salaires, les retraites, les pensions !
Pas d’argent pour l’école, la santé, la recherche, le sport, la culture, l’éducation populaire , EDF, la Poste !… tous les services publics sont touchés, aussi la mobilisation
s’organise, comme en témoignent les manifestations de cette fin novembre pour l’école et contre la privatisation de la Poste.
Privatisation et démantèlement des services publics, suppression massive d’emplois de fonctionnaires, suppression de 20 000 emplois dans les hôpitaux publics (combien dans notre région ?).
Tout cela sous prétexte de caisses vides !
Mais en 48 heures, 360 milliards d’euros ont été trouvés pour les banques ! sans contrôle d’utilisation en contre partie.
Car, loin d’en tirer des leçons, Sarkozy aux ordres du MEDEF, nous présente la note , en employant les mêmes recettes qui sont précisément à l’origine et au cœur de la
crise :
exonération fiscale pour les grands groupes, pour les financiers,
baisse des impôts pour les riches,
précarité généralisée,
pressions sur les chômeurs,
pas d’augmentation des salaires, des retraites et des pensions, donc chute du pouvoir d’achat pour le plus grand nombre.
J’ajoute transferts de charges sur les collectivités territoriales avec le choix que l’on voudrait nous imposer, à savoir augmenter la fiscalité ou réduire nos investissements et nos moyens
de fonctionnement.
Nous devons refuser d’entrer dans cette fausse et insupportable alternative.
N’accompagnons pas la politique de Sarkozy !
De la protestation, nous devons passer à la résistance.
La gauche est à la tête de 20 régions sur 22. Elle dirige une majorité de Conseils généraux, une majorité de villes.
Avec mon groupe, je formule le souhait que parte de Midi-Pyrénées une volonté de rassemblement majoritaire des collectivités territoriales afin que concrètement, elles entrent en résistance
contre la politique de Sarkozy.
La crise nous donne rendez-vous avec l’histoire. Soyons présents et donnons sens à la notion de gauche.
Il y a urgence, les conséquences de la crise se font d’ores et déjà sentir très durement. Les salariés en emplois précaires sont les premiers à en faire les frais tandis que des entreprises comme
le groupe américain qui détient Molex à Villemur met le cap sur la Slovaquie, n’hésitent pas à prendre prétexte de la crise pour délocaliser. Dans ce cas précis, 300 salariés seront jetés à la
rue…
Dans tous nos départements sont annoncées des fermetures d’entreprises, des suppressions d’emplois : aux Bougies Fénélon à Cahors, à la SCT Bazet, près de Tarbes, à Ledar en Ariège, à
l’entreprise Bouquet à Auch, chez Sanofi, aux éditions Milan à TLT à Toulouse…mais encore Villeroy et Bosch dans le Tarn et Garonne, Aubert-Duval à Pamiers, Siemens à Foix et Bosch dans
l’Aveyron où des recours au chômage technique ou aux congés sont imposés. Partout des CDD non renouvelés et des suppressions d’emplois intérimaires se multiplient.
Dans d’autres entreprises encore, comme à HP-EDS à Labège, les salariés se mobilisent et manifestent contre les menaces qui pèsent sur leur emploi.
Au-delà de ces cas précis, dont la liste n’est hélas pas exhaustive, des secteurs entiers sont fragilisés, à commencer par les sous-traitants de l’aéronautique et de l’automobile, mais
aussi le BTP, les transports ou le tourisme, et plus généralement tout le secteur des PME, de l’artisanat et du commerce. Evoquer ces secteurs, c’est parler de l’essentiel de l’économie
régionale.
Aussi devons-nous leur donner la priorité si nous voulons éviter une explosion du chômage.
Arrêtons d’apporter des aides aux grands groupes, elles alimentent les profits des actionnaires et n’ont aucune incidence sur l’emploi.
La commission de contrôle de l’argent public trouve là toute sa pertinence, son rôle doit être accru et ouverte aux syndicats de salariés.
L’Etat annonce verser aux banques 22 milliards d’euros pour faciliter l’accès des PME au crédit. Dans les faits, cette mesure n’influe qu’à la marge sur les relations entre les banques et les
entreprises. Les banques livrées à elles-mêmes et à leur logique de rentabilité limitent les crédits en faveur des PME et Très Petites Entreprises.
Dans cette période de crise, il nous semble urgent de recentrer nos aides, de redéfinir nos priorités. L’Etat désigne les collectivités territoriales comme responsables des déficits publics et de
l’endettement du pays, les accusant de mauvaise gestion. Il saisit le prétexte de la crise pour engager une réforme des collectivités locales. En faisant éclater les services publics et les
collectivités territoriales le pouvoir s’en prend directement aux fondements de la République.
Cette question des moyens mis à la disposition des collectivités pour leur permettre d’accomplir leur mission, est indissociable de celle de leur nombre et de leur contour qui doivent être
examinées à partir des travaux de la commission Balladur. En clair : oui à la clarification, non au charcutage, non à la manœuvre politicienne.
Nous savons déjà que le budget de l’Etat 2009 prépare de nouvelles baisses des dotations aux collectivités, l’inverse de ce qu’il faudrait faire. Pouvons-nous le considérer comme un fait
acquis ? Une bataille d’envergure doit se mener pour que les finances publiques soient en mesure de répondre aux besoins considérables qui vont découler de la crise.
La colère gronde dans le pays devant les énormes gâchis financiers, devant les milliards déversés par l’Etat et l’Union Européenne pour sauver la finance. Nous proposons de lui donner un débouché
positif en menant l’action pour que l’argent soit mobilisé en faveur des dépenses utiles de la région. Dans ce cadre nous affirmons la nécessité du maintien des investissements régionaux
engagés dans les lycées, la formation, les TER.
* Parce que non régit par le seul critère de rentablité et doté d’une gouvernance selon le principe un salarié = 1 voix , l’économie sociale et solidaire est une piste à explorer pour une
économie territoriale (je pense en particulier au développement des circuits courts).
De plus dans le contexte de crise actuel l’entreprenariat coopératif non délocalisable est une piste à explorer pour les salariés et les PME touchés par les plans sociaux.
Je voudrais dire la volonté du groupe communiste de lui donner une véritable assise en Midi-Pyrénées et pour cela lui permettre de bénéficier de dispositif économique dit classique et en
particulier en matière de crédit.
Exigeons donc que l’Etat nous verse la compensation à l’euro prêt, des charges dues à la décentralisation, la revalorisation des dotations de fonctionnement au niveau de l’inflation ainsi que la
compensation intégrale du plafonnement de la taxe professionnelle.
Je rappelle que l’application de la proposition de loi des parlementaires communistes visant à intégrer les actifs financiers des entreprises dans le calcul de la taxe professionnelle, au simple
taux de 0,5% rapporterait 20 milliards, une part importante reviendrait à la région Midi-Pyrénées. Cette mesure aurait le double effet de dissuader les jeux spéculatifs et de fournir les moyens
qui manquent aux collectivités.
Nous refusons de faire payer aux contribuables les conséquences de la crise d’un système au service de la finance, nous refuserons comme les années précédentes de voter les augmentations de la
TIPP, taxe qui comme la TVA est injuste car elle ne différencie pas les nantis des plus démunis.
Le groupe communiste propose que le Conseil Régional prenne l’initiative de convoquer des assises sur la crise avec tous les acteurs économiques,
sans oublier les organisations syndicales des salariés et les associations de l’économie solidaire.
Je vous remercie.