EUROPE

Bruxelles, 15/09/09 

 

Lors du débat sur l'immigration en séance plénière au Parlement européen ce matin, le député espagnol du  GUE/NGL, Willy Meyer a déclaré que le début de cette législature est un bon moment pour revoir la politique migratoire européenne, basée sur l'hypocrisie et le cynisme. Le projet européen est impossible sans l'aide des migrants or, déclare le député Meyer, "on pénalise ces migrants par maintes lois, en les traitant de criminels."

 

"Nous devons annuler des abominations telles que la directive retour ou directive de la honte, continue-t-il, qui criminalise les travailleurs mêmes dont nous avons besoin pour combattre les crises alimentaires et financières". Selon le député espagnol, le prochain sommet latino-américain serait "la plate-forme idéale pour remettre en question la directive retour et mettre fin à cette politique inhumaine".

 

S'exprimant au cours du même débat, le député portugais du GUE/NGL, Rui Tavares, coordinateur pour le groupe de la commission LIBE, insiste sur le respect de la Convention de Genève et du droit d'Asile. Renvoyer les réfugiés vers des pays comme la Lybie qui n'ont pas signé cette convention est une violation du droit international. 75% des migrants qui arrivent sur nos rivages demandent l'asile et 50% de ceux-ci ont droit à une protection humanitaire, "comment pouvons-nous les refouler?" interroge le député. "Nos choix politiques sont des choix éthiques, et ces politiques d'immigration répressives nous rendent responsables d'un choix de vie ou de mort", déclare le député portugais.

 

"Est-ce acceptable que 14 000 personnes soient décédées depuis 1988 alors qu'elles tentaient d'atteindre nos rives? La réponse est un Non catégorique. Nous devons revoir le mandat de l'agence Frontex et refuser de la financer jusqu'à ce qu'elle accorde une place aux besoins humanitaires dans ses missions", conclut Rui Tavares

intervention de Jean-Luc Mélenchon sur la nomination de Barroso à la présidence de la Commission Européenne...
 

Les institutions ne permettent pas à la gauche de présenter un candidat. Nous dénonçons cette situation de candidature unique et les accords politiques entre gouvernements de droite et les sociaux démocrates qui la rendent possible. En effet cette situation nie l’existence d’une large opinion européenne totalement opposée au modèle de construction libérale de l’Europe que vous incarnez.

Ce modèle est celui qui précipite l’idéal européen dans un abîme d’abstentions hostiles aux élections européennes notamment dans les nouveaux Etats membres. Ce fait ne vous tire pas un mot de commentaires.

Ce modèle est celui qui a transformé le rêve d’une Europe protectrice en une machine a détruire nos droits sociaux, nos industries nationales et qui dresse les peuples les uns contre les autres pour gagner leur pain. De plus en plus nombreux sont ceux qui disent : «d’Europe il ne vient jamais rien de bon !»

Monsieur Barroso vous n’avez pas vu venir le désastre financier et la catastrophe écologique en dépit des nombreux avertissements qui vous ont été adressés. Au contraire, vous l’avez facilité avec cette dictature de la concurrence libre et non faussée qui étrangle nos sociétés, détruit l’esprit civique et nos services publics.

Et maintenant vous changez les mots pour ne pas changer les choses. Mais votre programme se résume en une phrase : «dorénavant ce sera comme auparavant». C’est pourtant d’un grand changement dont nous avons besoin pour tourner la page du passé de ce système archaïque du capitalisme financier et du productivisme ! Les crises vont s’aggraver, nous le savons tous. Le changement pourrait donc commencer par le refus de vous investir. C’est pourquoi notre délégation vous refuse ses suffrages.

Déclaration de P.Le Hayric:

Bruxelles, 09/09/09
 
M. Barroso est en campagne électorale pour sa réélection. Après avoir distribué un document de 49 pages à chaque député européen, le Président sortant de la Commission de Bruxelles, se rend devant chaque groupe parlementaire.
Ce mardi 8 septembre, il est venu devant le groupe de la gauche unitaire européenne. Son audition devant notre groupe confirme son éloignement des souffrances du peuple, de l’accélération du chômage, de la pauvreté et de la misère dans l’Union européenne.
Certes, devant nous, il se sert du mot « Europe sociale » comme d’un vernis pour se couvrir, mais il n’y a aucune disposition nouvelle qui permette d’injecter un peu de social dans cette Europe ultra libérale.
Il a tenté de nous enfumer avec le retour de ce concept aussi flou que trompeur d’une Europe de « marché social ouvert avec une forte inclusion sociale ». Ce dialecte local, aussi incompréhensible que suspect cache en réalité son projet de poursuivre la construction d’une Europe ultra libérale en compétition avec la Chine et les Etats-Unis, contre les peuples. Il n’en a d’ailleurs pas fait mystère !
Il n’est question pour lui que d’appliquer les tables de la loi, des traités, dont les mots les plus employés sont : concurrence ;  flexsécurité, cache sexe de la précarité et du chômage ; refus d’une taxation même minime des mouvements de capitaux ; poursuite de l’engagement en faveur d’un marché transatlantique pour aligner nos normes économiques, sociales, sanitaires, écologiques sur celles des Etats-Unis ; refus du respect des votes irlandais contre le traité de Lisbonne et français et néerlandais contre le projet de Constitution européenne.
Aucune prise en compte réelle des droits des femmes ; aucune grande initiative  coopérative pour faire reculer la crise sociale et écologique ; aucune proposition en prévision du sommet de Copenhague pour lutter contre le changement climatique. C’est bien l’Europe capitaliste et sa crise totale qui constituent le projet de M. Barroso contre les peuples. Dans ces conditions, comme nous l’avons fait à l’occasion de la campagne électorale des élections européennes avec le Front de Gauche, l’action unie doit se poursuivre à la fois pour changer les politiques nationales et européennes. Je voterai, avec le groupe de la gauche unie et européenne, verte nordique, contre la réélection de M. Barroso. Je souhaite que toute la gauche et les écologistes en fassent de même la semaine prochaine au Parlement européen

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