La crise qui secoue le continent illustre le besoin de changer en profondeur la construction européenne.
On nous avait expliqué que, pour rapprocher les pays, pour que l'Union soit un havre de paix, de prospérité, de cohésion, il fallait ménager la Bourse en imposant une fiscalité avantageuse pour les entreprises et les capitaux, une réduction du coût du travail, un encadrement des dépenses publiques, un développement des marchés financiers.
A quoi cela a-t-il abouti ?
Les inégalités se sont aggravées, le risque de pauvreté s'étend, le taux de chômage frôle les 10%. Dans nombre de domaines touchant aux nouvelles technologies, le retard s'accentue.
Le rôle économique et politique de
l'Europe dans le monde s'affaiblit. Des États de la zone euro sont aujourd'hui au bord de la banqueroute.
L'échec est cuisant, mais une autre Europe ne surgira pas spontanément de cette mésaventure.
En France, après les élections régionales, un débat s'impose à gauche pour élaborer des propositions novatrices. La mission de la Banque centrale européenne (BCE) n'est pas inscrite dans le
marbre pour l'éternité. Actuellement, la BCE est le sponsor des places financières européennes, des banques et des grands groupes capitalistes.
La BCE doit pouvoir, elle aussi, financer les dépenses et les services publics ; et la lutte contre le chômage doit devenir également sa priorité. La politique de financement du système bancaire européen et des budgets publics doit obéir à des critères sociaux de créations d'emplois et de développement des hommes.
Il y a là un enjeu de civilisation auquel la gauche ne peut rester insensible.
En France les communistes et les élus du Front de Gauche ont proposé notamment la création de fonds régionaux pour la sécurité de l'emploi et de la formation. La question d'un autre financement des retraites, va venir dans l'actualité.
C'est sur sa capacité à apporter des réponses originales, favorables au peuple travailleur, et à rassembler largement, dans l'unité, que la gauche sera jugée.