SECTION PCF DU BASSIN

Depuis plus d’une semaine, les provocations de la Direction se succédaient laissant à penser que ces manœuvres avaient un but inavoué. Les réunions des militant(e)s syndicaux et les assemblées générales avec le personnel mettaient l’usine en état de vigilance absolue.  Lorsque six licenciements furent annoncés pour des fonctions d’études et qualité, la réaction ne se fit pas attendre et les premiers débrayages décidés étaient très suivis par le personnel.

Mais lorsque, vendredi 26 mars, deux camions des pays de l’Est se présentaient pour prendre les moules pour les pièces, tous les salariés se sont dressés pour empêcher le déménagement des outils, mais aussi des fonctions clés de l’entreprise. Tous ont eu parfaitement conscience que ce qui était en jeu, c’est de maintenir et développer à la fois la production, mais aussi les secteurs d’études et de développement.

D’où un sentiment de trahison par la Direction Générale de ses engagements pour conforter le «vaisseau amiral du groupe Arche» avec, en particulier, la construction du «centre de développement» du groupe à Viviez.

Aussitôt la grève illimitée connue, un vaste mouvement de sympathie se manifestait spontanément parmi la population. Durant tout le week-end, sous le chapiteau installé par des militants du PCF pour s’abriter du mauvais temps, la solidarité et les échanges avec les grévistes se sont caractérisés.

Dimanche soir, la Direction Générale qui avait déserté le Bassin, se manifestait auprès des délégués CGT. Elle annonçait annuler le transfert des moules, ainsi que le plan de licenciements de 6 salariés et le transfert des 4 fonctions sur un autre site du groupe ARCHE (a Annecy, arrondissement du Président de l’Assemblée Nationale B. Accoyer).

C'est donc une victoire totale pour les salariés en lutte depuis le jeudi 18 mars. Ceci est la démonstration que le rapport de forces (95% de grévistes) est l'élément incontournable pour gagner sur les revendications.

Le PCF salue la lucidité et la détermination des syndicalistes et du personnel de la SAM. Ils ont parfaitement conscience des nombreuses questions que posent l’attitude de cette direction et qui auront besoin de trouver réponse : quel est le sens de ces manœuvres ? Quelle est la stratégie des groupes donneurs d’ordre PSA, Renault, de Valeo qui ont été massivement aidés par le Gouvernement? Est-ce que les

actionnaires du groupe Arche veulent s’engager dans une stratégie de cession ou de valorisation de leurs actifs ? Pourquoi,l’Etat qui se prévaut d’un pacte automobile n’intervient pas pour consolider l’industrie automobile avec ses sous-traitants dont fait partie la SAM ?

La meilleure réponse se trouve dans les revendications exprimées, notamment le maintien de l’emploi, la nécessaire réaffirmation de la place de Viviez dans la production, et la confirmation de l’implantation du centre de développement du groupe Arche pour lequel la zone d’accueil est prête.

Nous laissons au NPA sa critique déplacée envers les syndicalistes (lundi 29 mars) «trop gentils avec le patron» comme il l’avait déjà asséné après le reportage de M6 et envers les élus de gauche à la communauté de communes qui n’auraient pas dû proposer au groupe Arche leur aide pour construire (au plus tôt !) le centre de développement à Viviez.

Reste que la plus grande vigilance s’impose sur la stratégie de la SAM, des constructeurs automobiles et du gouvernement pour le devenir de notre « mécanique vallée ».

Il se voulait au centre de tout, avec la solution à tout.

Pour imposer à la France un régime de choc, il paradait encore il y a peu avec l'arrogance malsaine et vulgaire propre à son style, autocrate continuant de piétiner du haut de ses talonnettes, le prestige d'un pays dont il ne comprend ni son histoire en son ampleur, ni l'horizon collectif, irascible et frondeur.

Seulement voilà, le prince président trône aujourd'hui sur un théâtre d'ombres, loin de la réalité des femmes et des hommes qu'il prétend dominer depuis son palais aux portes qui claquent.

A la tête d'un parti unique aux accents néobonapartistes, Nicolas Sarkozy a, non seulement perdu la confiance du peuple, mais aussi, semble-t-il, la confiance de ses partisans jadis aveuglés par son ambition volontariste. Avec seulement 30% de satisfaits dans le dernier baromètre Ifop, il atteint son niveau le plus bas depuis 2007.

L'homme n'est pas encore à l'os, mais il est bien entamé. Tant mieux!

L'exécutif a-t-il pour autant l'intention de revoir sa politique ? «On ne change pas ! » clame fièrement le Premier Ministre (Entretien au JDD) Cela clôt le débat !

Toute la gauche est prévenue. La satisfaction stérile d'un lendemain de victoire s'avèrerait mortifère.

L'histoire récente nous invite à amplifier les combats sociaux  (il suffirait de si peu !) sans lesquels aucun changement de rapport de forces ne se produira, ni contre la droite ni à l'intérieur de la gauche.

Il n'y a pas longtemps,  le médiateur de la République, Jean-Paul Delevoye, analysait : « Je perçois une société qui se fragmente, où le chacun-pour-soi  remplace l'envie de vivre ensemble, où l'on devient consommateur de la République plutôt que citoyen. »

 

A-t-on assez réfléchi au sens de ces mots ? Mon œil ! «Ensemble, on a évité le pire» N. Sarkozy

Le Président de la République a visiblement une conception particulière du terme  «ensemble». Ainsi, alors que le plan de relance présidentiel – le meilleur du monde parait-il – a conduit à la suppression de centaines  de milliers d'emplois, on apprend que le CAC 40 a progressé de 22,3% en 2009.

De belles étrennes en perspective pour les actionnaires.

A l'évidence, dans la répartition des efforts consentis pour faire face à la crise, certains sont plus «ensemble» que d'autres!

Victor Hugo  écrivait « C'est de l'enfer des pauvres qu'est fait le paradis des riches ».

Ce paradis prend de l'embonpoint. Jugez-en :  Près de 70 milliards d'euros d'aides d'état sont déjà versées aux entreprises, sans réelles contreparties. L'équivalent de trois emprunts d'État, de trois fois et demi le déficit de la Sécu, neuf fois plus que le déficit des retraites prévu en 2010…

Il est utile de rapprocher certains chiffres pour démystifier les campagnes de conditionnement destinées à faire accepter demain la mise en cause de la retraite à 60 ans ou de l'accès à la santé pour tous.

Le Président de la République assure ne pas vouloir «passer en force» pour la réforme des retraites. Mais... « il faut que ce dossier soit réglé dans les six mois ».

Il exhorte chacun à  «abandonner les postures partisanes», il promet «des mesures nécessaires et justes» pour répondre à «l'inquiétude des Français».

Voilà qui résume la sauce idéologique concoctée par la droite pour imposer un report de l'âge légal de départ à la retraite avec la poursuite de la hausse de la durée de cotisations. Le ministre Woerth reste sourd à l'exaspération exprimée dans les urnes et  au record historique d'abstentions. Son but ? Poursuivre le travail de casse du système social français fondé sur la solidarité nationale.  Pour le gouvernement, ce projet de réforme est le chantier de 2010.

Le Parti Communiste sera de toutes les initiatives de large rassemblement visant à faire échouer ce projet et appelle à un grand débat national pour garantir le financement par répartition.

La retraite à 60 ans est un droit, un temps utile à chacun. Voilà pourquoi le PCF propose trois pistes pour pérenniser notre système de retraites :

 

Imposer au patronat, de taxer le capital et particulièrement la finance qui détruit plus qu'elle ne participe à la solidarité nationale.

Supprimer les 30 milliards  d'exonération de cotisations sociales dont bénéficient les entreprises. Ces cadeaux au patronat n'ont créé, ni sauvé aucun emploi, pire ils ont permis aux entreprises de mobiliser des capitaux pour les exporter afin de financer leurs délocalisations.

Prendre toutes les mesures pour assurer le plein emploi et de bons salaires en instaurant un système sécurité-emploi-formation car la véritable cause des déficits actuels des caisses de retraite est le produit du défaut de cotisations sociales dû au chômage de masse et au blocage des salaires.

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