Invitée d'honneur de la fête du P.C.F. millavois,
Marie-George Buffet a fait salle comble. La secrétaire générale du P.C. a participé à un débat politique sur le thème de l'Europe. Un thème en phase avec l'actualité puisque dans quelques mois
les électeurs seront invité à désigner leurs députés européens.
Samedi, sous le coup de 17h, Marie-George Buffet a rejoint le Clos de Briançon où l'attendaient de nombreux militants communistes, des syndicalistes, des membres du Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon et de simples citoyens, curieux d'écouter la secrétaire nationale du P.C.F. Une salle comble, très excitée de recevoir « Marie-George » comme l'appellent familièrement les militants. C'est ce rapport affectif qui saute aux yeux. Cette femme dégage à la fois une grande force de conviction, une grande douceur et beaucoup de générosité.
Pendant une heure et demie elle a participé à un débat répondant aux questions ou aux réflexions émises par les contributeurs. La crise et l'Europe ont dominé cette discussion. Marie-George Buffet a rappelé la triste réalité de la situation « de cette belle idée, aujourd'hui trahie par une dérive libérale qui se solde par trente millions de chômeurs, soixante millions de pauvres ».
La secrétaire générale du P.C. a fixé l'importance de l'Europe dans la politique intérieure des pays. 75% des lois votées en France répondent à des directives européennes. «Faut-il tout abandonner ?», s'est-elle interrogée. Il faut donner à l'Europe des députés utiles, il faut s'unir autour de grandes orientations et présenter un front de gauche qui en 2005 nous a permis de dire non à la constitution qui nous était proposée. Les libéraux sont unis, nous ne pouvons pas rester dans cet émiettement de la gauche face à des enjeux d'une telle importance ! ».
Pour Marie-George Buffet la crise n'est pas un moment critique passagé : « c'est une crise d'un système ». Et de proposer : « il faut changer de rapport de force face une libération totale de l'économie. Je propose qu'on ose nationaliser les grands groupes bancaires, pas comme il y a vingt ans, il faut qu'on reprenne en main la banque centrale européenne. Si on ne le fait pas, cet argent donné repartira à la spéculation, si le système ne change pas ». Elle cite encore le secteur automobile : « Quelques semaines après avoir reçu le soutien financier de l'Etat, Renault et P.S.A. on licencié 10.000 travailleurs. On doit exiger une minorité de blocage dans les entreprises qu'on aide ainsi ».
La secrétaire générale ne veut pas que ce front de gauche se fige dans une posture protestataire : « On doit faire des propositions ». Elle cite trois chantiers à mener : la création urgente d'un SMIC européen et une augmentation massive des bas salaires, la sécurisation des emplois. « Chaque jour 3000 emplois disparaissent en France, en silence, notamment au niveau des intérimaires. On n'a pas parlé de licenciements, ni de plans sociaux. Vous connaissez ça ici avec Roquefort. Mais en Espagne c'est ainsi que 6000 emplois disparaissent chaque jour. Enfin il faut mettre fin au dumping social ».
L'unité lui semble incontournable. « Les libéraux sont unis eux mais ils font tout pour nous diviser. On oppose le plombier polonais et le plombier français, les salariés du public et ceux du privé ». Marie-George Buffet estime que les moyens existent pour redonner un sens à la vie collective : « Tout est fait pour que les marges augmentent sans cesse. Il faut imposer des règles qui mobilisent ces marges dans l'investissement, la formation, la qualification, la recherche, les échanges ».
Le débat avec la salle se poursuit. Tous les thèmes sont abordés. Mais le temps passe et la secrétaire générale du P.C.F. laisse ce message : « Etre communiste aujourd'hui, c'est être un citoyen du monde, c'est permettre à chacun d'être en mesure de maîtriser sa vie». Elle rappelle enfin : « En 2005, nous avons gagné par le débat, l'éducation. Portez ce débat, faites des propositions partout où vous pouvez le faire à votre niveau ».
source: Le Journal de Millau
Au moment où les Universités, après les Ecoles, entrent en
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