REPENSER LA NOTION DE GAUCHE
Nous sortons d'un cycle de deux élections nationales, caractérisé par une double victoire de la droite. Est-ce à dire que notre peuple est majoritairement à droite, acquis à une société ultra-libérale, marchandisée ? La victoire du NON du 29 Mai 2005 semble prouver le contraire.
Aujourd'hui, tous les partis se réclamant de la gauche s'interrogent, se remettent plus ou moins en cause, évoquant bien entendu la nécessité de s'unir de se rassembler. Mais pour quoi faire ?
Je crois nécessaire de repenser la notion de gauche, à partir de valeurs, de projets, de propositions, à partir de comportements, du respect d'une certaine déontologie. Quelques exemples concrets illustrent mes interrogations. Lorsque l'on est partisan du projet de constitution européenne, peut-on se réclamer de gauche ? Lorsque l'on veut supprimer la carte scolaire, quand dans le domaine de la santé on cautionne des politiques d'austérité et de privatisation, est-on de gauche ?
Bockel, Kouchner sont aujourd'hui ministre ou secrétaire d'Etat du gouvernement le plus à droite depuis Vichy. Mais en quoi sont-ils différents aujourd'hui de ce qu'ils étaient hier ? Peut-on parler simplement de trahison, d'ambition personnelle ? Sont-ils si différents de ce que sont Strauss¬Khan ou Ségolène Royal ? Quand Hollande affirme sa volonté de fédérer en un seul parti tout ce qui va du centre à la gauche, il illustre toutes les ambiguïtés du moment en substituant au projet, aux valeurs, une simple arithmétique électorale.
La gauche doit se penser en fonction de projets, de valeurs - solidarité, partage, mise en commune, démocratie - mais aussi de comportements, de déontologie. On ne peut à la fois se réclamer de la gauche et manifester intolérance ou mépris à l'égard des citoyens. La gauche doit être synonyme d'humanisme. Le respect des citoyens, de leur dignité, comme la tolérance ne peuvent être foulés au pied au nom d'un réalisme électoral.
Lorsque Ségolène Royal affirme avoir été contre le SMIC à 1500 euros, la généralisation des 35 heures, elle avoue après coup avoir trompé le peuple, indiquant par la même qu'elle n'aurait pas réalisé ce qu'elle avait promis si elle avait été élue. Fadela Amara, membre du PS, présidente de « ni pute ni soumise » a rejoint celui qui ose parler de banlieues en terme de racaille qu'il veut nettoyer au Kärtcher. Malek Boutyh, président de SOS Racisme, dirigeant du PS, lui donne raison.
Mais c'est quoi la gauche ?
2008 sera l'année des élections municipales et cantonales.
D'aucuns se préparent à recommencer comme si de rien n'était, priorisant l'arithmétique électorale au détriment des contenus, des comportements et des valeurs.
Ce n'est pas notre conception !
Pour la section de Millau
- André PEREZ –