Panique boursière aux quatre coins de la planète, des millions de ménages américains contraints de vendre leur biens, risque de récession aux Etats-Unis, de
ralentissement économique et de chômage sur tous les continents: le monde vient de vivre une semaine nommée noire. La crise est bien là mais quelle crise? Les communistes appellent à un
changement de logique.
La finance folle
La machine financière est mue par une logique apparemment absurde. Comme un hamster dans sa roue, elle doit tourner sans cesse plus vite, aller chercher partout le moindre dollar ou le moindre euro disponibles. Elle doit faire de l'argent même sur le dos des plus pauvres, jusqu'à oublier que les plus pauvres ont, en fait, peu d'argent. La faillite des subprimes aux Etats-Unis, les crédits élevés pour être propriétaire même sans moyens, en est une illustration. L'augmentation des denrées alimentaires, du prix du lait par exemple, après les années de réduction des quotas laitiers en est une autre.
Travailler plus pour... rémunérer les actionnaires?
Nul ne sait comment la situation va évoluer. Certes la décision aux Etats-Unis de baisser d'urgence son taux d'intérêt (la baisse la plus importante depuis 15 ans) a
un peu calmé les financiers. Mais rien n'est réglé. Les mesures décidées sauveront peut-être les banques mais à quel prix pour les salariés, les retraités, l'avenir?
Les économistes sont bien en peine de calculer combien, déjà, cette crise a coûté. En trois mois, l'une des toute première banques mondiales, Citigroup, a dû être recapitalisée à la hauteur de 22
milliards d'euros. Lundi dernier, sur les places boursières, plus de 400 milliards d'euros sont partis en fumée. Faut-il comparer cette somme, d'autres encore, à celles consacrées à la lutte,
dans le monde, contre le paludisme, l'illettrisme... ou aux efforts consacrés en France au pouvoir d'achat? Et encore, 7 milliards de la Société Générale évaporés lundi, cela aurait pu être 100
euros par personne vivant en France, 400 euros pour une famille de quatre. Quel gâchis! Décidément, entre la bourse et la vie, il faut choisir.
Un prétexte pour un nouveau plan de rigueur?
Les médias dissertent à longueur d'antenne sur les difficultés à exporter en raison du taux de l'euro, sur le resserrement du crédit, les tensions sur l'emploi. Au
début de l'année, lors de sa conférence de presse, Nicolas Sarkozy avait avoué son impuissance sur le pouvoir d'achat et déclaré : "les caisses sont vides". Un comble quand en juin 14 milliards
de cadeaux fiscaux ont été accordés aux actionnaires et aux plus riches!
Tout cela ne vise-t-il pas à préparer l'opinion publique à un nouveau plan de rigueur où le gouvernement resserrera encore les cordons de la bourse des ménages. Rien ne justifie un nouveau tour
de vis. Il faut au contraire desserrer l'étau.
La vie pas la Bourse
On dit, couramment, la guerre est une affaire trop sérieuse pour être confiée aux militaires. De la même manière, nos vies, notre devenir, c'est trop important pour
que les actionnaires et les matchés financiers en décident. En France, les élections de mars prochain seront une occasion pour dire ce que l'on veut et rejeter les candidats porteurs de
régression sociale. Au delà, il faut de nouveaux pouvoirs pour les citoyens, et les salariés dans l'entreprise.
Le Parti communiste propose que le crédit serve la création d'emploi, la formation, l'investissement et l'innovation plutôt que la spéculation. Il défend l'exigence d'un pôle public du
crédit.
Et comment envisager une vie meilleure sans développer le pouvoir d'achat. Pour cela le Parti communiste se bat pour l'augmentation des salaires, la baisse de la TVA notamment sur les produits de
première nécessité, le blocage des loyers qui représentent le premier poste de dépense des locataires.
C'est une question de choix. Alors, la Bourse ou la vie?