EUROPE

Les élections européennes de Juin 2009 se dérouleront dans une période historique charnière. La crise est générale, plus que financière, elle est celle du système capitaliste à son stade actuel de développement.
Le capitalisme vacille, mais fait payer sa crise aux populations. Il n’est que plus urgent d’offrir en France et en Europe une alternative.

Sur un plan politique, les Verts ne semblent avoir tiré aucune leçon de la crise et se rangent derrière le très libéral Cohn Bendit… en alliance avec José Bové qui n’en est pas à une contradiction près.

Le NPA de  Besancenot, instrument de division, promotionné par les médias aux mains de Sarkozy, s’enferme dans une posture sectaire et essentiellement protestataire. Populiste et brillant, il est au président de la République ce que fut Le Pen à Mitterrand.
Le PS est, certes, contraint de gauchir son discours, mais son glissement à droite reste présent tout comme ses divisions. Elles ont amené les amis du sénateur Mélanchon à créer son propre parti, socialiste certes, mais résolument à gauche, semble-t-il !

Dans ce contexte, le PCF a lancé un appel aux forces politique de gauche, aux femmes et aux hommes représentatifs des courants progressistes, du mouvement syndical, du monde associatif, partageant l’ambition d’un nouveau modèle social Européen qui rompe avec les dispositions des traités que  nous avons combattus en 2005 et dont l’expérience vient de confirmer la portée désastreuse.

Proposition qui s’appuie sur un certain nombre de « bougés » non négligeables : lutte contre la directive Bolkestein ; victoire du NON en France, aux Pays Bas, en Irlande ; euromanifestation de Ljubljana ; combat unitaire des ouvriers de Renault Dacia…

 

Le front progressiste européen s’inscrira-t-il dans ce sillage ?

En tout cas, le nouveau parti de Mélanchon, les minoritaires de la LCR autour de C. Piquet, des syndicalistes,

ont déjà répondu positivement à notre appel.

 

La résolution adoptée le 24 octobre disait notamment : “ Le Parti communiste français prend l’initiative de lancer un appel aux forces politiques et sociales, aux femmes et aux hommes représentatifs des courants politiques progressistes, comme du mouvement syndical, social et associatif, dans toute leur diversité, qui partagent de tels objectifs et se reconnaissent dans cette démarche ”.

Depuis, cet appel commence à être entendu et peut participer à engranger une dynamique populaire et citoyenne capable de bouleverser beaucoup de choses en Europe et eu Parlement européen. C’est ainsi que le CEN s’est félicité de la position de Jean-Luc Mélanchon – et de son parti nouvellement crée – de vouloir répondre positivement à cet appel.

Maintenant, du travail reste à faire : autant celui sur le contenu du projet euro­péen à porter dans cette élection que sur celui de la constitution des listes. Celui des circonscriptions s’organisant dans le cadre de la cohérence nationale adoptée lors du Conseil national : “ La campagne électorale doit surmonter le risque d’atomisation suscité par le mode de scrutin, en se déroulant ans les faits, non circonscription par circonscription, mais tous candidats et candidates réunis, à l’échelle du pays tout entier ”

Maintenant, il faut entendre la voix des peuples !

La victoire du Non en Irlande est une bonne nouvelle pour tous les peuples européens et pour l’Union européenne.
Le choix du peuple irlandais est un choix de courage et de lucidité. Malgré les pressions immenses qui rappellent celles qui avaient pesé en 2005 sur les Français et les Néerlandais, il a su par son vote rejeter la mise en concurrence effrénée des salariés, la pression sur les dépenses publiques et les salaires, le sacrifice des services publics, la militarisation de l'Union européenne.
Un Non à l'Europe libérale
Ce Non est d'abord un non au libéralisme qui inspire toutes les décisions de la commission européenne. Ainsi de son projet de porter jusqu'à 65 heures la durée légale du travail, de ses exhortations à toujours plus privatiser, toujours plus réduire les services publics et à assécher les mécanismes de solidarité nationale que sont les systèmes de santé et de retraites.
Décidément, les peuples ne veulent pas de cette Europe là.
Toutes ces dernières années, dès que la possibilité a été offerte aux peuples européens de se prononcer sur le destin de l’Europe, ils ont dit non, à partir de leur expérience, à ce que leur proposaient ses dirigeants actuels. Va-t-on enfin en tirer les conséquences ?
Il faut réorienter la construction européenne
En Irlande, le slogan des opposants au traité était clair : « Dites non à ce traité pour un traité meilleur ». C’est désormais la question à l’ordre du jour. Le traité de Lisbonne ne doit pas être ratifié. Nicolas Sarkozy doit prendre ses responsabilité et dire clairement que le traité de Lisbonne est désormais caduc.
Beaucoup de temps a été perdu, notamment depuis 2005. Il faut arrêter de traiter cette question par des contorsions juridiques et ne plus tenter d'obtenir par la bande ce que les peuples rejettent. Il faut les écouter et ouvrir, en France et dans l'Union, un grand débat pour un nouveau traité qui répondent enfin à leurs aspirations.
Les propositions du Parti communiste français
La présidence française qui s’ouvre dans quelques jours doit proposer d’arrêter le processus de ratification et d’engager l’élaboration d’un nouveau traité fondateur de l’Union européenne sur de tout autres bases et dans de tout autres formes, rompant avec celles qui la conduisent de crise en crise.
Ce nouveau traité devrait répondre enfin aux défis de la mondialisation capitaliste et jeter les bases :
 d'une nouvelle politique économique et financière, s'attaquant au dumping social, modifiant les missions d'institutions comme la Banque Centrale Européenne (BCE) et transformant le pacte de stabilité en pacte de croissance et d'emploi ;
 d'une nouvelle politique d'harmonisation sociale et des salaires par le haut, garantissant de nouveaux droits comme la mise en œuvre d'un salaire minimum européen ;
 d'une démocratisation profonde des institutions européennes  avec de nouveaux droits pour les citoyens de l'Union et pour le parlement européen, notamment son élection à la proportionnelle ;
 d'une Europe accueillante, ouverte au monde, qui établisse des liens de coopération et de solidarité avec les peuples du monde et qui ne soumet pas ses décisions de sécurité à l'OTAN.

Il faut que ce travail permette d’entendre enfin la voix des peuples, qu’il s’ouvre à la vie réelle, à la participation active des citoyens européens. Le non irlandais est porteur de la promesse d’un nouvel avenir pour l’Europe. Engageons-nous dans cette voie !
  Parti communiste français – 13 juin 2008

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés