SECTION PCF DE MILLAU

La prévention sacrifiée

 

L’Agence Régionale de Santé surveillera les directeurs d’hôpitaux. Sorte de Préfecture sanitaire, dépendant donc du gouvernement, l’ARS aura tout pouvoir de gérer le système hors de tout contrôle démocratique.

 

Cette agence mettra en place des Groupements de Coopérations de Santé (GCS) dont le but sera d’organiser des coopérations entre public et privé. C’est cette agence qui accordera autorisations et financements publics pour permettre au secteur privé lucratif d’assurer les missions qui, aujourd’hui, relevaient de la compétence du secteur public.

 

Quant à la prévention, le dépistage en milieu scolaire, le projet de loi ne l’évoque même pas !

 

La gestion de l’hôpital est calquée sur celle d’une entreprise privée avec un directeur au rôle de patron doté de tous les pouvoirs, et responsable uniquement devant l’Agence Régionale de Santé.

Le conseil d’administration de l’hôpital disparaît, remplacé par un conseil de surveillance, lui-même sous l’autorité de l’Agence Régionale de Santé.

 

Est créée une communauté hospitalière de territoire, dont le but sera de fédérer plusieurs établissements. En clair, ce CHT sera l’outil idéal pour mettre en œuvre restructurations et fermetures de sites jugés non rentables. En particulier, les reconversions des hôpitaux en structures dédiées aux soins de rééducations ou aux personnes âgées.

 

Ce qu’il faut craindre pour Millau :

 

La nomination d’un patron gérant en fonction des seuls critères de rentabilité, va aboutir à une restructuration de notre hôpital, orchestrée par le CHT.

Il n’est pas anodin de constater que l’hypothèse d’un secteur rééducation a déjà été évoquée et acceptée comme positive par les élus de Millau, qui semblent ne pas mesurer l’ampleur du piège tendu. A moins qu’ils ne consentent !


 

Ce qu’il faut craindre pour Millau.

 

La proximité de l’A75 oblige à ce que Millau conserve un service d’urgences qui pourrait être assuré par le

secteur privé.

Pour le reste, dans la logique du plan « hôpital 2007 », celui de Rodez absorberait les hôpitaux comme ceux de Millau, St Affrique ou Decazeville, structures qui deviendraient des maisons de retraite médicalisées. Avec à la clé, des centaines de suppressions d’emplois !

Quant à notre clinique mutualiste à but non lucratif, l’Etat a semble-t-il décidé de la laisser mourir à petit feu. Le pire très vite peut arriver avec 8O emplois en moins sur la ville de Millau !

 

L’aboutissement d’un long processus de remise en cause de la santé publique.

L’accélération actuelle de la casse de notre système de santé, fait suite à 13 années planifiées de remise en cause de notre modèle sanitaire français !

Premier acte : 1995, le plan Juppé dit de maîtrise comptable.
L’hôpital public est soumis à une cure d’amaigrissement par la mise en place d’une logique comptable qui ignore l’évolution des besoins.
Les hôpitaux publics deviennent déficitaires.
Cette logique est hélas poursuivie par le gouvernement Jospin, malgré les  protestations des ministres communistes.

Deuxième acte : la loi Douste-Blazy, la tarification à l’acte.
L’acte de soins est réduit à un acte technique. C’est la course à la rentabilité formulée par le plan « hôpital 2007 » qui met en concurrence les hôpitaux entre eux, les hôpitaux publics avec les cliniques privées.
Les financements liés à l’activité amènent les hôpitaux à choisir les malades les plus lucratifs ! Ce plan prévoit un seul plateau technique pour 250 000 habitants, soit la population Aveyronnaise !

Troisième acte : le projet de loi Bachelot est l’aboutissement de l’Américanisation de la santé, que l’on peut résumer en une phrase : privatisation des bénéfices réalisés sur les malades, socialisation des coûts sur le dos des contribuables.

En clair, instauration d’une santé à deux vitesses, une pour les riches, une au rabais pour les pauvres.

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