POLITIQUE

La riposte au capitalisme, à la politique de Nicolas Sarkozy et la construction d’un  rassemblement qui ouvre au plus vite une alternative de changement ont été au cœur des débats de l’Assemblée nationale extraordinaire du PCF. Les premiers mouvements sociaux engagés contre cette politique, comme l’état de la gauche,  ont souligné l’urgence de la reprise d’initiatives politiques des communistes pour amplifier les résistances qui se manifestent déjà, et ouvrir de nouvelles perspectives.
Le débat est ouvert. L’assemblée des 8 et 9 décembre est une première étape dans un processus extraordinaire de préparation de notre congrès de fin 2008. Ce processus, qui aura donc duré plus d’un an, permettra ainsi de produire tous ensemble l’immense effort d’élaboration et de création théorique, politique et organisationnelle indispensable pour redonner un véritable élan à notre combat pour l’émancipation humaine.
Les communistes sont conscients de l’importance historique de l’enjeu. Mondialisé, financiarisé, militarisé et productiviste, le capitalisme creuse au sein de chaque peuple, et entre eux, des fractures très dangereuses. Il met en péril l’équilibre écologique global. En quelques décennies, il a profondément transformé le monde, nos modes de vie, de communication et nos cultures, aggravé les inégalités sociales, attisé toutes les concurrences et les tensions. Nicolas Sarkozy veut insérer à marche forcée notre pays dans le dispositif de combat de ces forces capitalistes mondialisées.
Résister à ses projets, battre sa politique, dépasser ce système est plus nécessaire que jamais. Il s’agit pour nous de hisser notre combat révolutionnaire à la hauteur de cette situation inédite pour notre peuple comme pour l’ensemble des forces de la transformation sociale !
C’est un véritable défi politique, qui nécessite que nous tirions toutes les leçons des échecs, que nous transformions en profondeur nos conceptions, notre organisation et nos pratiques pour les porter au niveau de ces nouveaux enjeux. Nous voulons en finir avec les injustices, les violences, l’exploitation et les dominations ; redonner un espoir à nos concitoyen-ne-s. Nous voulons devenir la grande force politique de gauche de demain qui le permettra !
A l’étape actuelle, les débats font ressortir l’idée que les exigences de la lutte de classes dans les conditions de notre époque actualisent la notion de communisme, et qu’il est nécessaire pour mener cette lutte que vive et rayonne un parti qui s’y réfère explicitement. Au fil de nos congrès, nous avons tiré des leçons sur la façon dont le communisme a été incarné dans l’expérience dite du socialisme réel et des partis communistes au XXe siècle, des apports et des échecs qui s’en sont suivi. Aux yeux des communistes, elles n’invalident pas le fait que dans l’affrontement actuel entre le capitalisme mondialisé et les peuples, le communisme reste une visée et un projet de notre temps.
Dans les discussions, les communistes sont conscients que «  nous ne pouvons pas continuer comme ça ». Nous sommes devant un défi existentiel, à un moment charnière de notre histoire mais également de celle d’une gauche de véritable transformation sociale dans la France d’aujourd’hui. Il est un devoir d’invention à faire sous peine de disparaître et, avec nous, la possibilité d’œuvrer à une voie révolutionnaire. C’est à cet objectif que doit travailler le PCF avec la force que constitue son collectif militant mais également avec toutes celles et tous ceux qui partagent notre volonté de travailler à de nouveaux chemins du développement, de la démocratie et de l’émancipation humaine.
Les discussions explorent toutes les opinions en présence. Des avis et des prises de position multiples existent. Chacun exprime à la fois des convictions et de très nombreuses questions, et veut du temps pour se construire son opinion. Les discussions mettent en débat les nombreuses exigences de renouvellement du combat communiste et de l’organisation pour le mener efficacement. Chacun-e cherche et structure son point de vue au fil des échanges.
Les discussions expriment très largement l’attachement politique des communistes au PCF, la nécessité de faire vivre et se développer leur parti pendant l’année 2008. Ils souhaitent que des efforts importants soient consacrés, notamment par la direction nationale, à impulser son activité et son renforcement.
Le débat du congrès de 2008 devra confronter toutes les opinions sans en exclure aucune a priori. Nos statuts garantissent cette confrontation démocratique pluraliste. Les communistes veulent aller ensemble au bout de la confrontation d’idées qu’ils ont engagée, le faire dans l’action et le débat, en travaillant toutes les pistes de manière ouverte et innovante. Toutes les questions qui traversent le PCF sont appréhendées dans un esprit d’ouverture et de construction partagée, avec la volonté fermement exprimée que les militants communistes maîtrisent de bout en bout les décisions qui seront prises. Cette volonté restera première tout au long de nos travaux.
La volonté s’exprime fortement d’« un bilan critique, constructif et créatif »de la période passée. Nous devons procéder aux indispensables ruptures pour construire dans les conditions d’aujourd’hui une nouvelle cohérence de notre combat : travailler à donner un sens actuel à une visée d’émancipation humaine que nous appelons communisme, construire un projet politique tourné vers l’avenir, inventer les formes de rassemblements adaptés aux réalités françaises, européennes et mondiales d’aujourd’hui, travailler aux transformations  profondes de notre organisation et de son fonctionnement pour le porter.

Décisions de l’Assemblée extraordinaire des 8 et 9 décembre
1/ Le débat des communistes quant à l'avenir doit continuer à être mené de manière transparente et pluraliste. A partir de l'Assemblée extraordinaire est engagée la préparation du Congrès de 2008. Il ne s’agit d’exclure aucune hypothèse concernant le Parti ou sa stratégie, ni de prendre d’avance une orientation que les communistes choisiront à leur congrès. Au terme de cette phase de réflexion, de débat et d’action, qui pourra se poursuivre jusqu’à l’été, la procédure statutaire permettra aux communistes de faire démocratiquement leurs choix. La préparation du 34e Congrès doit être un processus ouvert et créatif, maîtrisé de bout en bout par les militantes et les militants communistes. Elle doit permettre de comprendre toutes les raisons de notre perte d’influence et de redonner un élan à notre combat émancipateur. Nous devons pour cela donner un sens nouveau et clair à ce que nous appelons communisme dans les conditions de notre temps. Cela nous engage à approfondir notre compréhension des transformations du capitalisme, de toutes les dominations comme des contradictions et des potentialités qu’elles génèrent. Il nous faut aussi approfondir les conditions politiques contemporaines de la transformation sociale en France et en Europe et travailler à une transformation profonde des conceptions et pratiques de la politique. C’est ainsi que nous pourrons dégager des convergences, construire un projet politique et travailler à une nouvelle conscience de classe indispensable au combat émancipateur.

2/ La question du projet, du sens de notre combat est apparue centrale dans le débat des communistes. L’absence de projet de transformation progressiste de la société contribue, à gauche, à la prépondérance de l’idée qu’il faut s’adapter au capitalisme. C’est un immense chantier qui s’ouvre devant nous. Un dispositif exceptionnel est nécessaire permettant de répondre aux quelques grandes questions posées au monde d'aujourd'hui. Quel changement dans la mondialisation ? Comment reconstruire l'unité du salariat (salariés, précaires, exclus du travail) ? Est-il possible de changer la société à l’échelle de la nation ? Comment agir sur la crise du politique, de la démocratie ?  Quel type de développement pour affronter le défi d'une révolution écologique ? Quelle est notre conception du changement et de la transformation sociale, de la réforme et de la révolution, de la démocratie comme but et comme moyen de ce processus ? Sur toutes ces questions, le Conseil national mettra en place un groupe d’animation afin de développer le travail de réflexion théorique et politique nécessaire avec l’apport de tous les communistes et, au-delà des personnes, des forces souhaitant y être associées. Cela donnera lieu à des ateliers ainsi qu’à la tenue de conférences nationales sur ces questions.

3/ Face à l’urgence sociale et aux contre-réformes du gouvernement, nous voulons que se développent les rassemblements les plus larges possible pour riposter et faire grandir une alternative politique à gauche. Cela est vrai pour les élections municipales, avec les cantonales, qui en mars prochain vont constituer un grand moment de lutte et le premier test électoral contre la droite au pouvoir : nous  voulons les réussir et appelons à créer dès le premier tour de ces élections les conditions du plus large rassemblement à gauche. C’est aussi le cas sur la question référendaire. Pour y aider, l’assemblée décide notamment d’engager quatre campagnes populaires : 1) Pour de nouvelles solidarités basées sur une juste répartition des richesses, contre le démantèlement des retraites et de la protection sociale. 2) Pour une Europe démocratisée, sociale, écologique, d’égalité, de paix et de liberté, contre le « nouveau traité européen». 3) Pour une sécurisation des parcours professionnels et l’augmentation des salaires et des minima sociaux, contre l’action gouvernementale sur les questions de travail, emploi, service public et pouvoir d'achat. 4) Pour la construction d’une 6e République laïque, démocratique et citoyenne, contre la réforme constitutionnelle en cours, pour une réelle information des citoyens et pour le pluralisme des médias. De même nous sommes disponibles pour participer et assurer la réussite de toutes les mobilisations qui participent à la lutte et à la résistance contre les politiques de la droite et du Medef, s’inscrivent dans une perspective de développement social et humain.

4/ Le Conseil national prendra les initiatives nécessaires pour assurer tout au long de l’année 2008 la présence du PCF, son rayonnement, son développement dans le combat politique, les débats d’idées et également pour faire vivre de façon nouvelle notre visée et projet communiste dans la société. Le Parti donnera une priorité à l’implantation et à l’activité sur les lieux de travail. Le Parti travaillera à la multiplication des efforts de formation et d’éducation populaire. De même, nous devons reprendre l’initiative dans les quartiers populaires. Le Conseil national devra également créer les conditions d’un débat, d’une évaluation de notre fonctionnement, de celui des directions, pour nous permettre d’avancer plus efficacement sur les choix à faire lors de notre congrès.

 5/ Durant l’année 2008, le Conseil national explorera dans l’autonomie de notre Parti les possibilités et les formes nouvelles de rassemblements pour combattre le capitalisme. Dans une construction partagée avec les hommes et les femmes, les forces qui ont cet objectif d’émancipation humaine, nous voulons ainsi développer et expérimenter des convergences, des coopérations originales, des « fronts » d'idées et d'actions nouvelles, dynamiques, politiques et citoyennes à vocation majoritaire.

6/ Face au capitalisme mondialisé, nous avons besoin d'imaginer un nouvel internationalisme. Notre engagement européen et international doit franchir une nouvelle étape.  Cela appelle dès 2008 la construction d'une initiative internationale donnant corps à cette ambition et, face aux enjeux européens, une coopération renforcée, pour l’élaboration de projets communs et pour l’action, avec le PGE et toutes les forces favorables à une refondation de l’Union européenne.

 

 

 

 


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Mercredi 12 décembre 2007 3 12 /12 /Déc /2007 21:36

Le mot d'ordre "travailler plus pour gagner plus", sur lequel N.Sarkozy a fait campagne, paraît de plus en plus pour ce qu’il est : une tromperie : 7 mois après son entrée à l'Elysée, pas l'ombre d'un gain supplémentaire de salaire pour le plus grand nombre, mais une dégradation continue du pouvoir d'achat.

Augmentation des salaires... mots tabous
Le mécontentement face à cette promesse non tenue augmente. N. Sarkozy est obligé de le reconnaître. Du coup, il accuse les 35 heures, et revient à son idée fixe : c'est parce qu’on ne travaille pas assez.  Mais c’est un mensonge. Beaucoup de salariés travaillent déjà beaucoup trop et souffrent au travail. Alors que beaucoup d’autres voudraient travailler plus en ne se faisant pas imposer un temps partiel, ou tout simplement avoir un travail.
 
Ceux qui se lèvent tôt voient leur salaire rogné, ceux qui dorment sur leurs rentes s'enrichissent.
L’INSEE le dit dans sa dernière étude ("France Portrait social 2007") : le pouvoir d’achat global a stagné depuis 1978 ! Et compte tenu du temps partiel imposé, 30% des salariés gagnent moins de 956 € net par mois  pour les hommes et 617 € pour les femmes. 50% des salariés gagnent moins de1368 € net par mois pour les hommes et 1115 €  pour les femmes. Voilà la réalité des salaires dans la France de 2007 !

Mais les salaires des grands patrons du Cac 40 sont fabuleux, sans compter les stock-options et les parachutes en or des PDG. Quant au Président de la République lui-même, il a triplé son salaire : de 6000 € net  mensuel à 19 000 €.  Etrangement, les journalistes se sont abstenus de l'interroger là-dessus.
La vérité, c’est que les inégalités explosent : les 10% des ménages les plus pauvres ne possèdent en  patrimoine que 2110 € en moyenne, alors que les 10% des ménages les plus riches en possèdent 450 000 € .

Les exonérations de prélèvements sociaux encouragent les patrons à payer moins
N. Sarkozy veut faire purement et simplement sauter le "verrou" des 35 Heures; Il nous dit "faites des heures sup.. et travaillez le dimanche, vous gagnerez plus" : ce sont donc les patrons qui décideront selon leur bon vouloir. En favorisant les dégrèvement de cotisations sociales sur les salaires les plus bas, il les pousse à la baisse des salaires, et il aggrave les déficits des comptes sociaux.
Jamais le Président de la République ne parle des conséquences désastreuses du temps partiel imposé en premier lieu aux femmes, ni la précarité généralisée qui font qu'en France aujourd'hui, plus de 7 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté.. Derrière ses discours, il cache cette vérité : en dix ans, la part des actionnaires sur les richesses produites par le travail a explosé : 150 milliard d’euros par an sont passés de la poche des salariés à la leur. Voilà pourquoi il faut et il est possible, tout de suite, d’augmenter les salaires.

Des mesures urgentes s'imposent
Convoquer une vraie négociation sur les salaires dans le privé et dans le public. Un vrai Grenelle tripartite, syndicats, employeurs, représentants de l'Etat.
 
Agir concrètement sur les inégalités de salaires hommes/femmes. On ne peut se satisfaire de déclaration d'intention, il faut fixer le calendrier, engager dans chaque entreprise, publique ou privée, les collectivités territoriales, des conférences pour l'égalité, adopter des sanctions dissuasives contre ceux qui ne s'y soumettrez pas, établir des procédure claires et simples de recours.
 
Engager une vigoureuse offensive contre le temps partiel imposé en premier lieu aux femmes qui nourrit la pauvreté et conduit parfois à l'exclusion sociale.

Faire cotiser les revenus financiers au même titre que les salaires, en modulant l’assiette des cotisations sociales pour pénaliser les entreprises qui font le choix de la finance contre celui du travail pour assurer une protection sociale de qualité.

Revaloriser le SMIC à 1500 € mensuel, les pensions  et retraites, relever les indemnités de chômage et  allonger les durées d'indemnisation, revaloriser les minima sociaux, RMI, minimum vieillesse, Allocation adultes handicapés...etc. Notre pays compte plus de 7 millions d'hommes et de femmes vivant au dessous du seuil de pauvreté, ce n'est pas tolérable.

Bloquer les prix des loyers sociaux du public et du privé

Baisser la TVA sur les produits de consommation populaire. Et pour combattre les marges excessives des grands distributeurs tout en préservant des prix rémunérateurs aux producteurs, instaurons le double étiquetage prix de vente aux consommateurs / prix d'achat au producteur, (amendement communiste voté en première lecture le 27 novembre à l'AN)

Baisser la Taxe intérieure sur les produits pétroliers et taxer les profits pétroliers de Total, 12 milliards d’euros encore cette année.

La vérité sur le pouvoir d'achat est à établir
L’indice des prix à la consommation (IPC) nous dit que tout va bien : l'inflation est maintenue dans des limites raisonnables +0,1 en moyenne. Mais ce que l’on voit, c’est le contraire : "tout augmente" ou presque.
C'est si évident que N. Sarkozy a dû le reconnaître. Par exemple, de 2001 à 2006, la visite chez le médecin à augmentée de 20%, l'essence (bon an mal an) de 22%, le gazole et GPL +36%,  le fuel domestique +66%. Les loyers n'ont cessé de progresser de près de 3% par an...etc.
En fait, l’indice est trompeur. Par exemple, il ne tient pas co !pte du fait que, pour les revenus modestes, le loyer représente plus de 40% de la "consommation" mensuelle, et non pas 6%. Et cela est vrai pour toutes les autres dépenses obligatoires : transports, énergie, alimentation, santé, etc. Il est donc urgent de se doter d'un indice objectif établi par un collège pluraliste indépendant du pouvoir.

Nous ne sommes pas tous logés à la même enseigne
En 2006, Bernard Arnault (LVMH) a touché l’équivalent de 27 000 années de Smic net en dividendes et les revenus de Louis Schweitzer (ex-Renault) se sont montés à un millénaire de Smic...
100 ans, 500 ans, jusqu’à 27 millénaires de Smic en une année. Même une fois les impôts payés (non comptabilisés dans les données ci-contre), les émoluments des grands patrons - publiés par le magazine Capital - demeurent considérables.Le millénaire de Smic de l’ex PDG de Renault, Louis Schweitzer (devenu président de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité, la Halde) ont de quoi faire rêver les salariés du groupe. Mais les plus gros bonus viennent des dividendes : avec 326 millions d’euros en 2006, Bernard Arnault (PDG de LVMH, numéro un du secteur du luxe) encaisse 27 000 ans de Smic. Et comme le souligne Capital, les revenus de certains ont augmenté de 25 % en un an.


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Jeudi 6 décembre 2007 4 06 /12 /Déc /2007 17:11

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