La vie d’un jeune communiste après la libération, devenu adulte et qui sait que les grandes grèves des mineurs de 48 l’ont conforté dans son choix au Parti Communiste.
«Citoyens et travailleurs doivent comprendre que des aventuriers de la politique comme José Bové, Cohn Bendit ou Besancenot, il en sort de derrière les fagots lors de chaque période
critique.
Après la signature par l’Union Soviétique et l’Allemagne d’Hitler du pacte de non-agression, le gouvernement socialiste de l’époque (Léon Blum, son ministre Sorel) décrète l’internement en camps
des membres du P.C.F. Dans ma région, ce seront Edmond Ginestet, maire d’Aubin, Gaston Teulier, Arthur Lavergne et tant d’autres.
Vient l’occupation allemande. Suite à la dénonciation du garde champêtre, mon grand-père est incarcéré à la maison d‘arrêt de Rodez. Mon père, qui vend clandestinement l’Humanité, doit prendre le
maquis, se retrouvant sous les ordres du camarade François Vittori : le « commandant Marc». Agé de 14 ans, je dois aller travailler dans l’entreprise de travaux publics « Dausse »
à Aubin. Je participe à la reconstruction du pont de Coursavie qui enjambe le Lot, ouvrage que le maquis avait fait sauter. Après la guerre, le général De Gaulle forme un gouvernement de Salut
Public intégrant des ministres communistes et des
hommes issus des partis ayant contribué à la libération. Les communistes y jouent un grand rôle. Naissent la Sécurité Sociale, les Allocations Familiales, le statut des mineurs, celui des
cheminots, de la SNCF, des employés d’EDF, etc…
Vient la déclaration de Maurice Thorez nous exhortant au travail pour relancer l’économie exsangue. Jeunes catholiques et jeunesses communistes, parties prenantes, chargent des wagons entiers les
samedis et dimanches à la gare de Cransac
Sous le gouvernement socialiste de Paul Ramadier, en 1948, des grèves éclatent dans toute la France qui dureront 3 mois. Parmi les jeunes condamnés, j’écope de 6 mois de prison et croyez-moi, les conditions de détention à la prison de Villefranche de Rouergue n’étaient pas celles offertes aujourd’hui à José Bové ou autre Tapie, loin
s’en faut. Sur ordre du Ministre Jules Moch, pendant cette grande guerre, tous les bassins miniers sont sous le contrôle de la garde républicaine à cheval.
A Decazeville, lors d’un dépôt de gerbes au monument aux morts, en présence d’Edmond Ginestet, maire d’Aubin et Madeleine Capus, nous sommes chargés et frappés sans modération à coups de matraque
et de crosse, de mousqueton. Quelques jours plus tard, nous sommes conduits à la prison de Villefranche. Le maire de Decazeville, Paul Ramadier, se réjouit car chantre de l’anti-communisme comme
certains socialistes espagnols, il ne pouvait supporter que la mairie d’Aubin soit dirigée par un maire communiste.
Trois mois après notre arrestation, nous sommes condamnés avec le camarade Lauvergnat à 6 mois de prison ferme. Nous étions défendus par Maître
Lederman du barreau de Paris.
José Bové se serait abstenu de ses petits coups médiatiques aux fins de se faire connaître si sa prison d’aujourd'hui avait été celle de notre époque : un peu de paille sur de grandes dalles de
pierre dans une salle immense, une vieille couverture…
Voilà l’épisode des grandes grèves de l’époque à la faveur desquelles un jeune devient communiste, ses convictions fortifiées par ces événements. (…)»
Robert MALIRAT, Decazeville
78 ans, plus communiste que jamais :
« je lève le poing et mon emblème :
la faucille et le marteau »