TRIBUNE LIBRE

C’est de cinéma qu’il s’agit, de multiplex en  particulier, avec en filigrane, un petit calcul.

Il  nous a été annoncé entre 200 000 et 300 000 spectateurs par an pour le futur multiplex.
Prenons par gentillesse l’hypothèse la plus basse et faisons le calcul ; 200 000 divisé par 9 salles et 365 jours / an donnent 60 spectateurs par salle et par jour !!!

Est-ce bien sérieux ?

 

Françoise TOLEDANO - Section de Rodez    

 

Il y a un avant et un après le 29 janvier. Ce mouvement social est remarquable par sa puissance, ce qu’il exprime comme inquiétudes profondes du pays, les colères, le refus de payer la crise, le besoin de changement, le besoin d’unité.

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La dimension populaire, avec beaucoup de jeunes, des gens qui manifestaient pour la première fois doit faire réfléchir. Le refus de payer la crise, au coeur du mouvement, a un caractère éminemment politique. C’est un des traits nouveaux de ce mouvement, à travers l’ampleur des grèves et des manifestations. Remarquable aussi la qualité de la plate-forme syndicale unitaire, le haut niveau de revendications et de propositions qu’elle porte. Quelque chose se passe dans les profondeurs du pays, en relation avec la conscience des causes et des conséquences lourdes présentes et à venir de la crise. La situation politique en est modifiée. Toutes les forces politiques sont confrontées à ce bougé profond. La droite et Sarkozy en premier lieu. Mais aussi à gauche. On aura remarqué la présence socialiste affirmée, et qui n’a pas provoqué de réactions négatives dans les manifestations. Au contraire.

C’est que s’exprime dans le pays un très puissant besoin "d’être ensemble". (Il a sans doute rendu possible l’exceptionnelle unité syndicale). Un besoin d’union à partir, non pas d’un programme politique, mais d’exigences dans laquelle se reconnaît une majorité de la population. Quelles conséquences en tirons-nous pour notre intervention, et dans la campagne des élections européennes ? Qu’est ce que cela change et offre comme opportunités, à condition de faire ce qu’il faut ? Pouvons-nous simplement continuer comme avant, comme s’il n’y avait pas du nouveau ?

Ce mouvement massif, populaire, sur une plate-forme de haut niveau, nous place devant une contradiction. D’une part il faut répondre à la montée de l’exigence populaire de se rassembler pour faire face à la crise, combattre les politiques de droite et imposer un changement de politiques. D’autre part, la stratégie électorale d’alliances, en l’état actuel des choses, porte le risque, que beaucoup mesurent, de nous enfermer dans la "gauche de la gauche", en décalage avec le 29. De l’analyse que nous faisons du 29, - en relation avec les conséquences de la crise -, de sa profondeur et de sa portée, dépend le type de campagne que nous allons mener pour les européennes, intégrant changement en France et changement en Europe. Il s’agit d’apporter les réponses appropriées à la situation nouvelle en proposant aux autres forces de gauche, pas seulement de "soutenir", comme cela se fait traditionnellement, mais de se mettre au service du mouvement, de la plate-forme unitaire, dans laquelle se reconnaissent des millions de femmes et d’hommes, et qui leur a donné la confiance d’ agir, et d’agir ensemble. Cette question devrait faire l’objet de discussions dans tout le parti, après le Conseil national, et de débats ouverts dans tout le pays.

Pour les européennes, il faudrait travailler à des candidatures qui portent ce message, et dans lesquelles se reconnaissent celles et ceux qui ont retrouvé espoir avec le 29 janvier. Il s’agit de porter dans la campagne une réponse forte à l’aspiration au changement et à l’union pour faire face à la crise, dans ses dimensions européennes, en phase avec ce qui s’est exprimé si fortement. Nous pourrions dans ce même esprit lancer un appel à travailler à gauche pour un "Pacte européen anti-crise d’urgence", à partir des réalités de la crise, de l’échec des politiques libérales et social-libérales, et du bougé de la situation.

S’il y a un avant et un après le 29 janvier, il faut en tirer les conséquences. Il faut discuter sur ce que cela change. Il faut consacrer le temps nécessaire à un échange, non seulement sur l’analyse du 29 janvier, mais aussi sur ce que cela voudrait dire pour le PCF de se mettre au service du mouvement, afin d’ être à la hauteur du moment, être visible dans le débat politique, et surtout être utile au pays.

Daniel Cirera

*Superbe réponse du ministre brésilien de l'Education interrogé par des étudiants aux Etats-Unis... A faire suivre... Car la presse nord-américaine a refusé de publier ce texte.*

Internationalisation

Discours du ministre brésilien de l'Éducation aux Etats-Unis.
Pendant un débat dans une université aux Etats-Unis, le ministre de l'Éducation Cristovam Buarque, fut interrogé sur ce qu'il pensait au
sujet de l'internationalisation de l'Amazonie.

Le jeune étudiant américain commença sa question en affirmant qu'il espérait une réponse d'un humaniste et non d'un Brésilien.

Voici la réponse de M. Cristovam Buarque.

En effet, en tant que Brésilien, je m'élèverais tout simplement contre
l'internationalisation de l'Amazonie. Quelle que soit l'insuffisance de
l'attention de nos gouvernements pour ce patrimoine, il est nôtre.
En tant qu'humaniste, conscient du risque de dégradation du milieu ambiant dont souffre l'Amazonie, je peux imaginer que l'Amazonie soit
internationalisée, comme du reste tout ce qui a de l'importance pour
toute l'humanité. Si, au nom d'une éthique humaniste, nous devions
internationaliser l'Amazonie, alors nous devrions internationaliser les
réserves de pétrole du monde entier.
Le pétrole est aussi important pour le bien-être de l'humanité que
l'Amazonie l'est pour notre avenir. Et malgré cela, les maîtres des
réserves de pétrole se sentent le droit d'augmenter ou de diminuer
l'extraction de pétrole, comme d'augmenter ou non son prix.

De la même manière, on devrait internationaliser le capital financier
des pays riches. Si l'Amazonie est une réserve pour tous les hommes,
elle ne peut être brûlée par la volonté de son propriétaire, ou d'un
pays. Brûler l'Amazonie, c'est aussi grave que le chômage provoqué par
les décisions arbitraires des spéculateurs de l'économie globale. Nous
ne pouvons pas laisser les réserves financières brûler des pays entiers
pour le bon plaisir de la spéculation.

Avant l'Amazonie, j'aimerais assister à l'internationalisation de tous
les grands musées du monde. Le Louvre ne doit pas appartenir à la seule
France. Chaque musée du monde est le gardien des plus belles œuvres
produites par le génie humain. On ne peut pas laisser ce patrimoine
culturel, au même titre que le patrimoine naturel de l'Amazonie, être
manipulé et détruit selon la fantaisie d'un seul propriétaire ou d'un
seul pays. Il y a quelque temps, un millionnaire japonais a décidé
d'enterrer avec lui le tableau d'un grand maître. Avant que cela n'arrive, il faudrait internationaliser ce tableau.

Pendant que cette rencontre se déroule, les Nations unies organisent le
Forum du Millénaire, mais certains Présidents de pays ont eu des difficultés pour y assister, à cause de difficultés aux frontières des
Etats-Unis. Je crois donc qu'il faudrait que New York, lieu du siège des
Nations unies, soit internationalisé.

Au moins Manhattan devrait appartenir à toute l'humanité. Comme du reste Paris, Venise, Rome, Londres, Rio de Janeiro, Brasília, Recife, chaque ville avec sa beauté particulière, et son histoire du monde devraient appartenir au monde entier.

Si les Etats-Unis veulent internationaliser l'Amazonie, à cause du
risque que fait courir le fait de la laisser entre les mains des
Brésiliens, alors internationalisons aussi tout l'arsenal nucléaire des
Etats-Unis ne serait-ce que par ce qu'ils sont capables d'utiliser de telles armes, ce qui provoquerait une destruction mille fois plus vaste que les
déplorables incendies des forêts Brésiliennes.

Au cours de leurs débats, les actuels candidats à la Présidence des
Etats-Unis ont soutenu l'idée d'une internationalisation des réserves
florestales du monde en échange d'un effacement de la dette.

Commençons donc par utiliser cette dette pour s'assurer que tous les
enfants du monde aient la possibilité de manger et d'aller à l'école. Internationalisons les enfants, en les traitant, où qu'ils naissent,
comme un patrimoine qui mérite l'attention du monde entier. Davantage
encore que l'Amazonie.
Quand les dirigeants du monde traiteront les enfants pauvres du monde
comme un Patrimoine de l'Humanité, ils ne les laisseront pas travailler
alors qu'ils devraient aller à l'école; ils ne les laisseront pas mourir
alors qu'ils devraient vivre.

En tant qu'humaniste, j'accepte de défendre l'idée d'une
internationalisation du monde. Mais tant que le monde me traitera comme
un Brésilien, je lutterai pour que l'Amazonie soit à nous. Et seulement
à nous!

Ce texte n'a pas été publié. Aidez-nous à le diffuser.


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