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intervention de Marie-George Buffet
Chers amis, chers camarades,
Il ne s’agit évidement pas de conclusions que je veux présenter. Mais je veux essayer, à partir des discussions que nous avons eues, ici et dans les assemblées de section, de faire un point d’étape. Vous comprendrez que ce point d’étape puisse être subjectif car au-delà de la secrétaire nationale du PCF, je suis une militante qui a son opinion.
Après deux jours de débats on sent dans les interventions une envie de poursuivre le combat et de bousculer le monde. Ceux qui pensaient assister à nos obsèques vont en être pour leurs frais. Les communistes ne sont pas morts, ils sont debout, malgré les difficultés les souffrances parfois, pour chercher les voies de leur combat révolutionnaire.
Nous avons eu des moments de tension, notamment lors de la traditionnelle séance d’amendements - c’est souvent comme cela – mais au delà de ces tensions, on s’est dit des choses, sans éclipser ce qui n’allait pas.  Nous nous sommes écoutés et cette confrontation sera utile dans les prochains mois, tant le défit à surmonter est gigantesque. 
Je crois que cette assemblée nous permet de passer une belle étape. Il y a du commun, et les différentes options se sont exprimées.
Dans toutes les interventions le débat sur l’avenir a été mêlé au besoin de riposte immédiate.
Nous sommes engagés au coeur des luttes, aux côtés des salariés, des jeunes, des chômeurs qui prennent la parole contre les plans réactionnaires de la droite au pouvoir.
Nous nous battons pour que les peuples prennent la parole sur l'Europe.
Nous nous battons pour que les peuples prennent la parole pour un nouveau développement et de nouvelles coopérations par le monde.
Nous nous battons pour que les peuples prennent la parole pour le désarmement, la paix et un nouvel internationaliste.
Ces combats, nous les portons, comme d’autres générations, au plus profond de nous-mêmes.
Nous les savons essentiels, nous voulons les voir aboutir.
Et pourtant que de doutes ; que de questions ! « Nous ne pouvons pas continuer comme cela. Nous sommes face à un défi existentiel » souligne le mandat.
Depuis le 22 avril, le choc du résultat, nous nous interrogeons, nous débattons sur l'avenir du PCF, de la gauche et surtout sur la vigueur de l’idée de changement en France et en Europe.
Nous savons les obstacles : nous avons entendus les : « ce n’est pas possible avec la mondialisation, l’Europe, et puis avec qui vous allez faire cela ?». Nous avons pris la mesure de la campagne idéologique de la droite et du patronat qui en surfant sur ce fatalisme qu'ils ont eux-mêmes nourri, transforme jour après jour la République en poste avancé du capitalisme mondialisé.
L’action urgente des progressistes est aussi entravée, nous le savons, par une gauche qui, d’atermoiements en ralliements ou en superbe isolement est impuissante.
Nous savons également les images qui nous collent à la peau en tant que communistes.
Tout cela vous l’exprimez dans le débat.
Et pourtant, des hommes et des femmes se battent en nombre ici et par le monde pour leurs droits ; les ressources existent sur cette planète pour résoudre tous les grands défis. Une multitude de jeunes est engagée contre toutes les injustices.
Et, ici les militantes et militants communistes montrent chaque jour qu’un potentiel humain, militant, élu, est riche de possibles mais, vous l’avez dit, ce potentiel a aussi été touché par notre déclin notamment dans notre implantation de proximité, qu’elle soit dans les quartiers ou dans les entreprises.
Alors, comment tirer les enseignements du passé et toutes les leçons de nos échecs ? Comment reconstruire ou plutôt innover, quelque soit la difficulté du défi, pour nous donner les moyens d’écrire une nouvelle page de notre combat pour l’émancipation humaine.
Oui comment ? car je tire de cette assemblée la volonté de « construire ces grandes avenues ou passera l’homme libre pour construire des sociétés meilleures » comme le disait Salvador Allende !
***                                   *****                                ****
Depuis le 22 avril, nous avons su, malgré beaucoup de souffrance et de désarroi, mener la bataille des législatives, réussir une belle fête de l’Humanité, contribuer à la riposte à la droite et, cela n’est pas banal, entamer un débat profond sur le devenir de notre combat.
Ce courage, cette intelligence collective, cette révolte intacte ont permis que chacun, chacune cherche les chemins de la contestation de l’ordre établi et par la confrontation des idées, la construction des réponses et non les a priori ou vérités révélées.
Du travail nous en avons déjà produit.
Des liens nous en avons tissés dans les luttes, dans le débat.
Nous avons contribué à des victoires populaires.
Et pourtant ! La faiblesse historique de nos résultats est là.
Alors, faut-il renoncer ? Ou faut-il faire un immense effort d’analyse et de création pour redonner force et crédibilité à notre idéal communiste. Ne faut-il pas vraiment nous révolutionner ?
C’est ce chantier que nous voulons mener.
Y arriver demande que nous associons à ce travail beaucoup plus d’adhérents et d’adhérentes. Ce que nous avons commencé à faire, on peut le démultiplier. Imaginons cet apport multiplié par trois ou quatre ! Cela passe bien sur par des réunions de proximité, mais surtout, par le fait qu’ils et qu’elles soient sûrs que leur parole soit entendue et qu’elle soit utile au combat qui les a fait s’engager.
Pour y arriver nous avons aussi besoin des idées d’hommes et de femmes qui à gauche cherchent aussi les voies d’un véritable  changement. Nous avons été mis en appétit avec nos douze grands débats nationaux, avec nos assemblées de sections, avec les invités de ce week end ! Ouvrons de nouveaux espaces pour poursuivre ce dialogue.
Nous nous sommes donnés du temps, car nous savions la dureté des obstacles, nous avons voulu permettre aux idées de cheminer mais,  sachons construire. Il nous faut acter au fur et à mesure les convergences, les différentes options, les idées neuves. Sans éliminer aucune idée , sans vouloir reléguer des minorités, mais en cherchant toujours l’enrichissement par la mise en commun.
Sinon, nous nous bousculerons dans une impasse au congrès.
Aussi pour éviter les débats qui s'enlisent et ne produisent rien, je propose que le groupe d'animation créé par le mandat organise au plus vite des ateliers de travail ouverts, sur chacune des grandes questions que nous avons retenues et qui sont à la base de nos principales difficultés. Pour franchir des étapes dans la progression de nos réflexions, sans rien écarter de ce qui dérange, nous pourrions tenir sur plusieurs de ces thèmes de grandes initiatives spectaculaires, des conférences...
C'est ainsi que nous pourrons avancer, aller au bout de nos échanges pour construire ensemble les choix que nous ferons au congrès de 2008.
Car ce qui se joue avec ce congrès, c’est notre capacité à soulever un espoir populaire. C’est quelque part, qu’on le veuille ou non sortir la gauche de l’ornière du renoncement ou de la contestation stérile !
Nous avons un an pour faire événement ! Nous avons un an pour surprendre, un an pour confronter nos doutes et nos certitudes au monde d'aujourd'hui ! Nous avons un an pour recevoir pleinement les critiques qui nous sont faites, reconnaître nos faiblesses, fouiner derrière toutes les idées nouvelles et sans jamais se départir de nos ambitions, construire, bâtir, innover. En quelques mots faire éclater, dans le paysage politique français, l'idée que oui, une autre politique est bien possible.
C'est tout notre ordre du jour !
Ce congrès, ne le pensons pas isolé de tout ce qui se débat à gauche.
Menons en même temps un débat citoyen sans précédent pour redéfinir les objectifs et le projet de la gauche elle-même, car aujourd’hui ils sont brouillés, récupérés, voire dénaturés.
Pour cela, sachons bien regarder notre société, tout ce qu'elle porte en elle, et notamment nous inspirer et nous émerveiller de tous les possibles qu'elle recèle !
Sachons insister sur ce qu'hier on aurait décrit comme des contes pour enfants et qui aujourd'hui sont notre quotidien, ces nouvelles frontières que font exploser la révolution informationnelle, la révolution des transports, et avec elles l'idée définitive que le monde n'est qu'un !
Sachons entendre et partager des prises de consciences, des  mobilisations pacifistes, écologistes, féministes.
Sachons prendre comme un levier cette aspiration de chaque individu à maîtriser sa vie, à dire son mot. Cette envie de profiter de tout ce que devrait permettre le développement des sciences et des connaissances.
Oui partout sachons porter les bonheurs simples d'une vie comme les grandes épopées de foisonnement démocratique et d'émancipation sociales !
Notre planète pourrait nourrir et soigner six milliards d'êtres humains. L'humanité est tout autant en capacité d'offrir à chaque enfant une éducation de grande qualité ! Et le travail, par le potentiel qu'il déploie, nous permet cent fois de produire ce dont l'a besoin, tout en s'y épanouissant, tout en nous laissant le temps de vivre pleinement.
Tous ces trésors sont justes là. Ce monde meilleur est, par certains côtés, à portée de main.
Il est là. Et pourtant la vie lui ressemble si peu. Il y a juste notre monde, et il y a le leur.
Dans leur monde, à tous ceux qui nous dirigent, on ne parle de liberté que pour le conjuguer avec libéralisme.
Dans leur monde, à tous ceux qui nous dirigent, tout s'achète et tout se vend. La santé, l'eau, demain l'école, l'air et même le corps humain. C'est notre humanité même qui est reniée !
Dans leur monde, à tous ceux qui nous dirigent, on n'existe qu'en fonction de son compte en banque. Tout ce que l'on sait faire, tout ce que l'on peut apporter aux autres et recevoir des autres, tous les plaisirs de la vie et les sourires de l'existence, tout cela ne compte pas.
Trimez au boulot et enrichissez-nous : voilà leur programme !
Il y a donc notre monde, et il y a le leur. Dans le leur, fait pour eux seuls, où tout est écrasé par le capitalisme, un être humain sur six a faim. La violence est partout. Combien d'entre-nous vivent dans l'angoisse permanente, l'angoisse de savoir ce que deviendra le petit dernier, l'angoisse de la précarité, l’angoisse de savoir ce que sera demain notre planète ?
Et entre ces deux mondes, il y a cette logique capitaliste qui empêche l'éclosion de tous ces possibles. Cette classe dominante sans frontières, ces hommes et femmes qui entre les marchés financiers et les grands groupe de presse, les gouvernements et les grandes multinationales, décide de détourner tous ces possibles à leur profit.

Ne faut-il pas s’appuyer sur tous ces possibles pour travailler au changement ?
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Nous avons eu de beaux apports dans l’histoire de notre peuple.
Nombre de résistances, de conquêtes démocratiques et sociales, nombre de combats de par le monde, nombre de créations ont bénéficié de l’engagement communiste. Mais les chemins que nous avons pris, ici,  n’ont pas réussi jusqu’à présent à débarrasser le monde du carcan de cette logique du tout marchand.
Et là bas, au pays du socialisme que l’on a dit réel, la réalité dramatique de l’expérience mise en œuvre autant que son échec ont pénalisé notre combat.
Il faut donc continuer notre travail critique sur cette histoire pour mieux nous tourner vers l’avenir. Pour mieux réfléchir ensemble à construire les réponses contemporaines. Pour faire vivre une nouvelle utopie révolutionnaire capable de nous aider à changer le monde. A entrer dans le 21ème siècle par le chemin de l’émancipation humaine.
Bien sûr, il ne faudra pas faire l’économie d’un retour sur nos choix stratégiques des dix dernières années, sur les choix effectués par nos directions, les miens, ceux dont j’assume les responsabilités et sur l'efficacité de nos formes d’organisation et de notre travail de direction.
Et tout cela, faisons-le pour construire, car, n’est-il pas légitime de vouloir un autre monde ?
Que chacun et chacun ait la réelle maîtrise de sa vie, un accès à la culture, à tous les droits fondamentaux, à un travail correctement rémunéré, aux moyens de suivre ses rêves et de faire avancer ses projets, ce serait trop demander ?
Mettre la paix, les coopérations au coeur du développement, ce serait inimaginable ?
Que chacun et chacune, seul, avec ses proches, ses concitoyens, bâtisse le monde auquel il aspire, à l'abri de toute forme de domination et d'exploitation, ce serait utopique!
On le voit bien, cet autre monde, ce n'est pas un lointain mirage.
Alors oui il faut s'engager ! Chaque jour de notre vie nous l'enseigne. Chaque cours d'histoire nous le rappelle : il n'est aucun progrès de l'humanité qui n'ait été consécutif d'un engagement humain. Il n'est aucun droit, aucune avancée de civilisation qui ne soit tombé du ciel.
Aussi je veux dire ici à tous les hommes et femmes désirant ardemment changer la vie ou même simplement donner le jour à une idée juste qui leur tient à coeur : si vous voulez les faire avancer, faites les connaître, faites les partager. Car c’est bien aussi la mise en commun et l’action collective qui permettent de grandes avancées.
C’est pourquoi, qu’elle que soit le regard critique que nous portons sur nos expériences passées, ce sont ces  possibles qui nous interrogent sur notre projet, notre organisation et les  rassemblements à construire.
Chers amis, chers camarades,
C’est bien à partir de ces potentiels, qu’il nous faut déployer la bataille contre la droite et le grand patronat, en ayant toujours en tête la de travailler à l’avenir du peuple de France.
Il y a besoin de résistance. Résistances pour contrer le projet de Nicolas Sarkozy de fondre tous les acquis démocratiques et sociaux en lingots pour les plus riches ! Résistances pour contrer son objectif de toujours plus diviser les salariés pour en faire de la chair à canon du capitalisme mondialisé !
Résistance pour contrer son obsession d’une République impériale !
Mais cette résistance pour être efficace ne peut se mener sans  une intense batailles d’idées.
C’est ce que nous voulons faire avec les campagnes que nous engageons. Organisons-les avec esprit de conquête et pas de conservation, avec la volonté de convaincre qu'il existe d'immenses potentialités de changement dans ce monde !
Dans le prolongement de la manifestation du 27 octobre, je vous propose, un camarade de la RATP nous en a parlé hier, une campagne de vérité sur l'argent qui existe dans ce pays, sur tous ces possibles qui se ferment tant ces richesses sont concentrées et utilisées à l'opposé de toutes les attentes.
La vérité sur ces richesses accaparées, c'est une campagne qui se décline sur la question du pouvoir d'achat, des salaires et des pensions !
C'est une campagne où l'on démontre que les salaires ne sont pas les ennemis de l'emploi et de la relance de notre industrie ! C’est une campagne où l’on démontre que notre économie n’a pas besoin de plus de précarité et de flexibilité mais bien au contraire de qualification, de droits.
La vérité sur ces richesses accaparées, c'est une campagne qui se décline sur la question des retraites et de leur financement. Une campagne où l'on ferait tomber tous les masques de nos élites prêts à tuer notre protection sociale pour la confier aux assurances privées.
La vérité sur ces richesses accaparées, c'est une campagne qui se décline sur la question des investissements possibles pour l'emploi et la formation, et qui opposerait au projet de contrat de travail unique du gouvernement la promesse d'une maîtrise par les salariés de leur travail et leur carrière !
La vérité sur ces richesses c’est une campagne qui prend à bras le corps les inégalités professionnelles et les temps partiels imposés aux femmes.
Dans cette période de l’année où l’on aimerait tant pouvoir offrir sans compter à ceux qu’on aime, trop d’hommes et de femmes vont devoir compter.
Alors sachons les rencontrer, débattre avec eux et elles, et leur proposer d’agir.
Et dans ces débats, la question de l’Europe sera là.
Je vous propose d’amplifier la campagne pour que les peuples soient enfin maîtres du pouvoir de décider de leur vie et donc des objectifs et des contenus des politiques en Europe.
Et pour cela, élargissons notre appel à gagner un référendum sur le nouveau traité Sarkozy ! Après le meeting de Japy, prenons de nouvelles initiatives, assurons le succès de celle du CNR (Comité national pour un référendum). Faisons connaître toute la dangerosité de ce traité aux Françaises et aux Français, en nous appuyant sur le travail remarquable, sur ce sujet comme sur tant d'autres, de l'Humanité et de l'Humanité dimanche. Et dès le 13 décembre, le jour de la signature de ce nouveau traité et de sa communication au Conseil constitutionnel, organisons partout des délégations chez les parlementaires pour exiger de leur part un vote permettant la consultation des Français.
Et alors que l'on voit bien combien toutes les forces conservatrices de par le monde veulent éloigner les peuples de l'exercice du pouvoir, sachons dénoncer le projet de réforme des institutions de Nicolas Sarkozy! Et sachons porter l'idée que partout, de la cité à l'entreprise, la seule règle qui vaille, ce doit être la démocratie, ce doit être le pouvoir des hommes et des femmes.
Enfin, Cédric nous a parlé des actions la JC et de l’UEC autour de quatre chantiers. La lutte contre la précarité, pour l’éducation, le vivre ensemble et l’engagement international. Je veux vous proposer que notre parti contribue à cette grande mobilisation autour des droits des jeunes.
Une campagne qui pourrait être centrée sur la reconnaissance du droit pour chaque jeune à aller le plus loin possible dans l’acquisition et la maîtrise des savoirs, et j’ai envie de dire donc, dans sa liberté. Une campagne qui nous mènerait de l’obtention de moyens pour la maternelle dans nos quartiers aux Etats généraux de l’enseignement supérieur. Et cette campagne, je vous propose qu’elle soit construite sur la prise de parole des jeunes eux-mêmes.
Et toutes ces campagnes, menons-les avec l'objectif pas simplement d’un soutien à ceux qui luttent mais, avec le souci de mettre en échec toutes les divisions en créant de nouvelles solidarités, une unité populaire construite sur la maîtrise des logiques dominantes et sur les alternatives possibles.
Essayons de parler vrai pour agir juste.
Dans ces campagnes mettons également en débat ce que nous discutons nous même sur le changement et l’avenir de notre parti, sur le nécessaire travail de reconstruction d’une perspective à gauche.
Mardi se tiendra une nouvelle réunion du comité de liaison de la gauche. Je souhaite qu’il débouche sur une prise d’initiative en lien avec la campagne dont je vous ai parlé sur le pouvoir d’achat. Mais je souhaiterais également qu’il puisse acter une détermination unitaire pour les prochaines échéances électorales.
Pour ces élections municipales et cantonales, soyons de ceux qui rassemblent à gauche, qui construisent des projets innovants avec les populations, soyons de ceux qui partout vont vers la conquête de nouvelles communes, de nouveaux départements pour une gestion répondant aux aspirations populaires.
Oui faisons tout pour contrer la droite et rouvrir une perspective de progrès.
Chers amis, chers camarades,
Quel objectif pourrions nous avoir pour notre congrès : la révolution !
C'est-à-dire construire jour après jour les avancées sociales et démocratiques, les grands bouleversements nécessaires pour changer la vie. Pour changer les rapports entre les individus et entre les peuples.

Aussi, dans la perspective de notre congrès, permettez-moi de donner mon avis dans le débat.
Avant tout chose, j’ai envie que nous sachions rester ambitieux. Que nous puissions garder l’ambition de libérer la planète de toutes les chaînes qui l’entravent. Et de libérer chaque individu de tout ce qui brime son épanouissement. Notre ambition, l'émancipation humaine, est la plus belle de toutes.
Nous tous et toutes ici voulons lui donner sa chance. Alors assumons là pleinement et interrogeons nous sur le comment y parvenir ?
Car, si nous donnions un signe de recul sur nos idéaux, nos valeurs, il n’y aurait plus aucune digue face aux vagues du renoncement.
C'est pourquoi je pense qu'il faut écrire une nouvelle page du communisme.
Un communisme qui ne soit ni un doux rêve toujours remis à plus tard, ni un passé fait de crimes et de désillusions, mais bien un chemin pour le dépassement du capitalisme et pour libérer les hommes et les femmes de toute domination.
Une visée communiste dégagée des limites étatistes et productivistes, une visée communiste qui sache dépasser la matrice de 1920 pour relever tous les défis sociaux, culturels, altermondialistes, féministes, écologistes et humanistes de notre temps. Une visée qui apporte le plus d’une mise en cohérence politique.
Cette visée c’est la démocratie à réaliser pleinement, le partage de tous les pouvoirs, l’égalité des droits.
C’est le pouvoir partagé et non réservé à la seule classe dominante de décider de l’utilisation des richesses, de penser son développement.
C’est le pouvoir partagé contre les élites mondiales, de la BCE à l’OMC en passant par les conseils d’administration des grandes multinationales, de maîtriser son devenir, celui de son pays et du monde.
Et je suis certaine que nous saurons ensemble, dans le débat, pour cela sortir du carcan des habitudes, des replis, et opérer les ruptures nécessaires.
Il en va de même pour notre projet.
Sommes nous capables de lui donner consistance, efficacité en lui donnant toute sa dimension européenne et internationale.
En prenant en main l’ensemble des aspirations des hommes et des femmes, et je veux le dire ici en pensant à des générations de militantes, en cassant des hiérarchies que parfois nous avions établies entre ces aspirations.
En l’investissant de la problématique d’un nouveau type de développement. En le nourrissant de tout ce qui émerge dans la société. J'ai entendu la proposition de rédaction d'un manifeste. C'est une idée à étudier.
Et ce projet, comment le rendre lisible, crédible si ce n’est en donnant à voir, par l’énoncé de grandes réformes, de grandes lois progressistes, qu’il est applicable dans notre République et qu’un gouvernement appuyé sur le mouvement populaire peut le mettre en œuvre.


Je vous ai parlé révolution, je vous parle lois et réformes parce que je pense que pour rayonner notre projet a besoin de s’inscrire dans un processus démocratique.
Et en lien avec cela, quelque mots sur le rassemblement.
J’ai déjà eu l’occasion de le dire. N’avons-nous nous pas été perçu toutes ces dernières années comme plaçant cette question du rassemblement comme l’unique objectif de notre combat. N’avons-nous pas été perçu comme balançant entre la gauche plurielle et les antilibéraux ?
N’y a-t-il pas à changer complètement notre fusil d’épaule, à sortir toujours des figures imposées ?
N’y a-t-il pas, comme je l’ai déjà évoqué, à travailler à l’unité des dominés, par la bataille idéologique, l’action quotidienne mais aussi par des rassemblements, des alliances qui se construisent en fonction des enjeux et qui à chaque fois permettent de franchir une étape, de marquer des points, d’opérer les ruptures nécessaires.
Et j’ai bien entendu cet appel à une grande initiative politique à gauche. Qu’est ce qu’on veut ?
En 2002, j’ai appelé à révolutionner la gauche, nous avons échoué malgré des succès comme ceux du référendum. Peut être que nous sommes restés dans les mêmes rails de la gauche plurielle au rassemblement antilibéral. Mais il ne faut pas lâcher sur cette question du rassemblement.
Alors, ne faut-il pas aujourd’hui prendre une grande initiative politique pour appeler à des fronts citoyens et populaires porteurs des grandes réformes dont je parlais tout à l’heure. Cette démarche ne peut-elle pas déjà se décliner sur un premier objectif : changer l’Europe !
Ne doit-on pas travailler à démultiplier, élargir ces fronts jusqu’à construire une majorité politique !
C'est nécessaire si l'on veut ambitionner d'être autre chose qu'un petit parti, un petit parti cantonné à la marge. Nous avons vocation à redevenir un grand parti national, un grand parti porteur de grand rassemblement populaire !
Tous ces hommes et ces femmes aujourd’hui isolés, divisés, nous contribuerons à leur rassemblement en nous efforçant de mêler en toute occasion l'audace et le réalisme, l'inventivité et le concret, le souhaitable et le possible.
Nous le ferons autour de projets concrets parlant directement à leurs préoccupations les plus personnelles, à leur envie de réussite.
Et alors que la gauche est souvent perçue comme rejetant l'expression des différences, nous aurons à montrer que c'est bien pour concrétiser ces aspirations d'épanouissement individuel que nous revendiquons les rassemblements les plus larges !

Chers amis, chers camarades,
Riposter à la droite, débattre pour élaborer un projet, construire les rassemblements nécessaires, tout cela demande que les engagements individuels se retrouvent dans du commun.
N’est ce pas tout simplement le sens d’une organisation politique, d’un parti. J’entends le débat entre parti en mouvement. Mais, nous sommes dans une démocratie et le parti, c’est le suffrage universel, et donc le pouvoir. Alors oui, si nous voulons bénéficier d’une force qui donne forme à la révolte, n’avons-nous pas besoin d’un parti ?
Un parti qui, par son ouverture, une vie démocratique renouvelée, jusqu'à évidemment dans le fonctionnement de ses directions, permet à chacun et chacune d’apporter sa pierre et d’être partie prenante des choix.
Un parti qui dans la confrontation d’idées crée une unité d’action. Un parti qui par la diversité de ses membres, sa parité, sa mixité est enraciné dans notre peuple, dans le monde du travail.
Un parti reposant sur la souveraineté des adhérents.
Un grand parti moderne populaire et rassembleur, militant, et toujours en pointe de la solidarité, depuis l'aide concrète à sa voisine de palier menacée d'expulsion ou victime de violence, des bagarres que l'on mène dans son association ou son syndicat.
Un parti qui affronte le suffrage universel, assume la gestion, la place dans les institutions avec ses élus. Des élus qui démontrent en permanence que l’on ne doit rien subir de ce que l’on trouve injuste. Des élus en recherche permanente d’innovation et de démocratie.
Enfin un parti qui met en adéquation la place de l’intervention populaire et citoyenne dans son projet et sa conception du militantisme et de la politique. Un grand parti moderne et populaire.
Tout cela, notre parti, en est à la fois proche et éloigné.
Alors interrogeons nous. Avons-nous les potentiels pour que notre parti devienne pleinement cela. Si oui, permettez moi de le penser, il faut  révolutionner le PCF en allant au bout de la confrontation d'idées, en le faisant dans l'action et le débat, en travaillant toute les pistes de manière ouverte et innovante. Sinon il faut prendre un autre chemin.
Chers amis, chers camarades,
Hier et aujourd'hui, je crois que nous avons bien progressé. Nous allons maintenant engager une nouvelle étape dans nos débats, en sachant, j'y insiste, la teinter des énormes ambitions qui se sont exprimées.
Les communistes auront à prendre leurs décisions au congrès de décembre 2008. Sachons les préparer dans l'unité et la fraternité. Sachons les préparer dans l'unité et la fraternité ! Et sachons faire de 2008 une année pleine, dans nos campagnes de riposte au projet de société de la droite comme dans la progression de nos débats. Sachons ouvrir un autre chemin en portant dès maintenant chaque idée nouvelle élaborée par le débat. Ne nous refusons aucune audace. Et faisons le en recherchant toujours à avancer ensemble, car soyons lucides, c'est ensemble seulement  qu'on donnera un avenir à notre combat.
Nous avons un an.
A partir du moment où est bien ancré dans nos cœurs et nos têtes notre idéal révolutionnaire, il faut tout oser. Et j’ai envie de dire aux hommes et aux femmes qui regardent de ce côté-là, inscrivez vous dans cette construction, et je fais le pari ici que le résultat vous donnera envie de poursuivre ensemble.
Alors en rentrant chez vous, dans vos sections, lâchez vous !

 


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Mercredi 12 décembre 2007 3 12 /12 /Déc /2007 21:47
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