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Grogne contre la TVA, résultats mitigés aux législatives…
Sarkozy a senti le danger et monte au créneau, dans un style très proche de sa campagne électorale, pour défendre son programme et tenter d’impressionner ceux qui commencent à douter. Devant les parlementaires UMP, puis à TF1. Des discours de politique générale qui ne laissent aucune place au Premier ministre ; un éloge de sa méthode soi-disant faite d’ouverture, de dialogue et d’un inébranlable volontarisme.
En fait de volontarisme, la méthode frise en réalité ouvertement l’autoritarisme. Sarkozy parle de dialogue social, mais il a déjà tout décidé et n’arrête pas de répéter qu’il ne bougera pas. Il n’est pas un président qui veut avancer avec les Français, mais un chef qui entend les commander.
Concernant l’ouverture, Sarkozy joue à fond les symboles, mais sa politique de débauchage à gauche, qui n’entraîne aucun infléchissement de ses choix, mais au contraire les conforte, apparaît de plus en plus pour ce qu’elle est : un leurre. Bien entendu, un leurre peut faire illusion un temps et attraper quelques poissons, mais on ne fera pas éternellement passer des cuillères, même brillantes, pour du bon pain.
Car c’est là que le bât commence à sérieusement blesser. Une enquête CSA confirme que les Français rejettent massivement le projet de TVA que le président continue à défendre et que la patronne du MEDEF soutient de tout son poids en poussant le gouvernement à ne pas renoncer. Les salariés commencent à faire leurs comptes ; ils entendent bien Sarkozy continuer à faire de gran¬des envolées sur le pouvoir d’achat, mais outre la TVA, ils s’inquiètent des franchises médicales, voient la promesse du “ gagner plus ” fondre comme neige au soleil et les cadeaux fiscaux se diriger pour l’essentiel dans la poche des plus fortunés.
Le leader de la CFDT estime ainsi dans La Croix qu’“ on a menti aux Français sur les heures supplémentaires ”, en leur faisant miroiter des améliorations dont la plupart ne verront jamais la couleur. Quant à la CGT, elle parle de “ la plus grande filouterie ” qu’on ait vue depuis des années à propos du “ paquet fiscal ” adopté en Conseil des ministres. Non seulement les salariés ne vont pas bénéficier des près de quinze milliards d’euros en question, mais ce sont eux qui, à l’arrivée, supporteront l’essentiel de la note.
Le président de la République parle beaucoup de “ protéger ” les Français. C’est une autre de ses filouteries car, pour le moment, aucune mesure mise en chantier n’entame l’insécurité sociale qui mine le pays. C’est même l’inverse. Outre les ponctions préparées sur les revenus moyens et modestes, la suppression envisagée de la carte scolaire et la généralisation d’une protection à deux vitesses vont fragiliser encore un peu plus des millions de familles.