Groupe PCF Conseil Régional

Les orientations budgétaires pour 2010 et la décision modificative N° 2 figuraient à l’ordre du jour de L’assemblée plénière du 12 novembre 2009. « Si cette séance est traditionnelle le contexte, lui, est pour le moins inhabituel, extravagant. Nous abordons les prémices du Budget 2010. Nous ignorons ce que seront nos moyens, non seulement cette année là, mais dans le futur. Et nous ne savons pas davantage si les compétences, c’est à dire nos espaces d’intervention, seront modifiées ou ne le seront pas » soulignait d’emblée le président Martin Malvy, avant de revenir longuement sur les incertitudes liées aux objectifs du pouvoir concernant les collectivités territoriales et la fiscalité locale. Tout en jugeant bon de préciser que « ce n’est pas le principe de la suppression de la taxe professionnelle qui nous inquiète mais les modalités de remplacement. »

 

Approche sensiblement différente de celle de Martine Pérez intervenant au nom du « groupe du parti communiste et du parti de gauche » dont elle assure la présidence. « Seul impôt français sur le capital des entreprises, même si cette taxe n’est ni parfaite, ni efficace, car elle pénalise les industries de main d’œuvre et qu’elle ne protège pas de la fuite des capitaux, la taxe professionnelle a, au moins, le mérite de lier les territoires à l’économie » : la conseillère régionale de l’Aveyron dénonçait ce « nouveau cadeau aux capitalistes » qui « vient s’ajouter à une longue liste, comme les 29 milliards d’euros d’exonérations de cotisations sociales patronales, auxquels il faut ajouter le bouclier fiscal ».

 

« Seule la TIPP, taxe injuste comme la TVA, sera laissée en obole aux régions  »  faisait-elle ensuite remarquer. Puis d’ajouter : « Nous refusons de tomber dans ce piège de taxer toujours plus les automobilistes, quel que soit leur revenus ; c’est pourquoi, cette année encore, le groupe communiste ne votera pas l’augmentation qui nous est proposée.»

 

Plusieurs autres élus du groupe sont intervenus lors des discussions portant sur différents autres points figurant à l’ordre de cette séance : Monique Marconis, Serge Laybros, Charles Marziani et Guilhem Serieys . A signaler, lors de l’examen de vœux, l’abstention des élus socialistes et radicaux de gauche se refusant, à l’inverse des élus du Pcf et du Parti de Gauche, à condamner l’attitude des collectivités qui proposent des fermetures d’hôpitaux de proximité en se prononçant pour des regroupements sur des sites uniques comme Saint-Affrique/Millau et Tarbes/ Lourdes.

Assemblée Plénière du 12 Novembre 2009

 

Intervention de Martine PEREZ

pour le groupe « Parti communiste et Parti de Gauche »

 

 

Monsieur le Président,

Mesdames, Messieurs,

 

 

Notre débat d’orientation budgétaire se tient dans un contexte national d’aggravation de la crise du capitalisme, que la politique de Sarkozy ne fait qu’accentuer.

Le monde du travail paie au prix fort cette crise, alors que la bourse, la spéculation se portent à merveille.

 

Pour le peuple, c’est le chômage, la précarité généralisée, la pauvreté, la remise en cause du code du travail, du droit des femmes, du droit à la santé, la détresse au travail allant jusqu’au suicide, les atteintes aux libertés syndicales, la répression, les injustices….

 

Pour les riches, c’est le bouclier fiscal, la recherche de toujours plus de profits.

60 milliards de bénéfices nets annoncés par les entreprises du CAC40 pour cette année 2009 !

700.000, c’est le nombre de chômeurs en plus que comptera la France en décembre, et notre région est loin d’être épargnée.

 

Tous les départements de Midi-Pyrénées connaissent des fermetures ou des délocalisations d’entreprises avec à la clé des plans sociaux, des licenciements, des mises en chômage partiel.

Le monde agricole est touché de plein fouet. Des producteurs sont aujourd’hui en situation de faillite.

 

Tous les clignotants sont au rouge, ce qui n’empêche pas Nicolas Sarkozy de s’obstiner à imposer ses décisions et à chercher à en accentuer le rythme.

Pour tenter d’y parvenir , il s’enfonce dans l’arbitraire et dans un exercice de plus en plus autoritaire du pouvoir. Le lamentable épisode du favoritisme de son fils pour gouverner « La Défense » en est l’illustration la plus caricaturale.

Tout aussi révélatrice est la volonté du gouvernement d’imposer la suppression de la taxe professionnelle ou la réforme des collectivités territoriales.

 

Cette réforme est un procès à charge injuste, mensonger et démagogique contre l’ensemble des collectivités. Elle est l’ultime point d’étape d’un processus qui vise la suppression des collectivités locales, une réduction drastique des politiques publiques et la suppression des services publics locaux. C’est un recul sans précédent contre la démocratie, moins d’élus, moins de moyens pour plus de centralisme et de contrôle.

 

Cette réforme se situe dans le droit fil du remodelage sarkoziste de la France au seul service des puissances d’argent et du Traité de Lisbonne. Il s’agit d’un coup de force du pouvoir, contre la démocratie de proximité, contre la vie démocratique tout court. Il s’agit d’une recentralisation du pouvoir entre les mains d’un Etat au service des puissances industrielles et financières, à qui on offrira comme le dit la droite : « des territoires de compétitivité » c’est à dire des lieux mis en concurrence à l’échelle européenne et mondiale, où elles pourront encore améliorer leur taux de profit sur le dos des salariés, de leur conditions de travail, de leur rémunération et de leur formation.

 

Nicolas Sarkozy a fait du recul des droits et pouvoirs des citoyens, une constante de toutes ses réformes, il réduit les pouvoirs des personnels à l’hôpital comme à l’Université.

Il en est de même du statut de la Poste pour lequel nous continuons à exiger un référendum avec l’appui d’une majorité de citoyens.

 

Partout les libertés sont menacées : des citoyens, des élus sont traduits en justice, pour avoir résisté à des décisions contraires à l’intérêt public, c’est ainsi que notre camarade Serge Laybros a été condamné, des syndicalistes sont mis au ban des accusés, des enseignants sont sanctionnés….

Dans notre région, les sanctions prises contre des salariés d’ EDF et de GDF, sont inadmissibles et nous soutenons les agents qui luttent pour exiger la réintégration de leurs collègues.

 

Dans cette situation de marasme social, d’incertitudes pour l’avenir de notre collectivité, nous allons aborder l’année 2010, avec en mars, les élections régionales.

Quand je parle d’incertitudes, je pense bien évidemment à celles qui pèsent pour établir le budget de notre institution.

 

La Taxe Professionnelle, qui représente plus de 50% des ressources fiscales des collectivités, va être supprimée. Comment pouvons-nous établir ou se prononcer sur un budget amputé de la sorte. Nous connaissons les dépenses, nous ne connaissons pas les recettes.

 

Seul impôt français sur le capital des entreprises, même si cette taxe n’est ni parfaite, ni efficace, car elle pénalise les industries de main-d’oeuvre, et qu’elle ne protège pas la fuite des capitaux, la taxe professionnelle, a au moins le mérite de lier les territoires à l’économie.

 

L’exigence d’une réforme globale de la fiscalité est un impératif.

 

La suppression de la Taxe professionnelle va se traduire par une augmentation de la pression fiscale pour les populations.

Ce nouveau cadeau aux capitalistes, vient s’ajouter à une longue liste comme les 29 milliards d’euros d’exonérations de cotisations sociales patronales, auxquels il faut ajouter le bouclier fiscal.

 

Le message du gouvernement est clair, c’est la logique qu’il a mis en place ces 5 dernières années : je transfère aux collectivités de nouvelles compétences, je lui transfère surtout de nouvelles charges sans compensation financière.

 

Avec la réforme, les départements et les régions ne voteront plus les taxes qui seront décidées par le Parlement dans le cadre de la loi de finances. C’est donc la perte du pouvoir fiscal des régions et en fait du pouvoir tout court.

 

Seule la TIPP, taxe injuste comme la TVA, sera laissée en « obole » aux régions. Nous refusons de tomber dans ce piège de taxer toujours plus les automobilistes, quelque soit leur revenus. C’est pourquoi, cette année encore, le groupe communiste ne votera pas l’augmentation qui nous est proposée.

 

Les ménages, les populations déjà très fortement touchés par la crise ne doivent pas payer les désengagements de l’Etat qui s’élèvent pour la seule année 2009 à près de 60 millions d’euros.

On perçoit là, les limites de notre action, accentuée par la crise. L’Etat désigne les collectivités territoriales comme responsables des déficits publics et de l’endettement du pays, les accusant de mauvaise gestion. Nous devons recentrer nos actions sur nos compétences, comme les lycées, la formation et les transports. Refusons de tomber dans le piège tendu par l’Etat de devoir répondre à tout, dans tous les domaines, nous n’en aurons pas les moyens financiers.

 

Notre rôle, celui de la gauche, n’est pas l’adaptation à ce système qui détruit les êtres humains, il ne se limite pas non plus à la seule protestation.

 

Notre rôle, c’est de résister dans les actes et de promouvoir des choix opposés à ceux de la droite et du MEDEF. La recherche de l’adaptation ou du moindre mal, est une illusion. Elle conduit à la déception, au repli sur soi, à l’abstention aux élections.

 

Il est urgent, y compris dans le cadre des compétences de la région, d’élaborer des projets à l’opposé des logiques capitalistes. Ces enjeux parmi d’autres, vont être soumis dans 4 mois au jugement des électeurs. Jusqu’au bout, nous devons prendre nos responsabilités car les hommes et les femmes de notre région, de notre pays continueront cet hiver, à être frappés par la crise.

Il nous faut donc agir, intervenir avec eux, pour enrayer cette spirale infernale.

 

Je vous remercie.

Assemblée Plénière du 12 novembre 2009

Intervention de Serge LAYBROS

 

 

Monsieur le Président,

Mesdames, Messieurs,

 

 

Nous ne voterons pas le vœu relatif à la réforme de la Taxe Professionnelle. Cela mérite quelques explications.

 

Le texte rédigé par l’ARF est d’une grande platitude et les aspects techniques prennent largement le dessus sur le positionnement politique, ce qui n’est pas sans poser question.

 

Alors qu’un bras de fer est engagé avec le gouvernement sur son projet de réforme des Collectivités, il convient de notre point de vue de hausser le ton et de durcir le propos. Or, le titre du vœu est déjà ambigu. Parler des « conditions d’une réforme acceptable de la TP » n’est-ce pas prendre acte et même anticiper l’application de la réforme Sarkozy-Fillon ? Peut-on combattre un projet et dans le même temps l’amender fortement ce que ce vœu nous propose de faire.

 

Nous avons raison de rappeler le lien indéfectible entre entreprises et territoires via la fiscalité locale. Mais je suis surpris de lire que  « ce n’est pas la suppression de la TP qui pose problème, mais les mécanismes complexes de son remplacement ». Fustiger la TP comme un mauvais impôt , comme un impôt injuste, n’est pas raisonnable.

La TP n’est pas parfaite, certes, mais elle n’est pas le diable si ce n’est pour quelques employeurs ! Je rappelle que la masse salariale ne rentre plus dans le calcul de la TP ce qui l’allège très sérieusement pour les entreprises utilisatrices de main-d’œuvre. On le voit, la TP d’aujourd’hui n’est pas celle d’hier et je m’étonne que beaucoup souhaitent aujourd’hui lui porter le coup de grâce. A qui profite le crime si ce n’est au MEDEF !


L’idée centrale de ce vœu est l’acceptation de la mise en place de la nouvelle cotisation économique territoriale tout en réfléchissant à une autre répartition de son Produit entre collectivités.

En validant cela nous nous inscrivons dans l’accompagnement de la suppression de la TP et quasi de facto, dans l’acceptation de la mise en place des nouveaux dispositifs gouvernementaux.

Or, il est urgent aujourd’hui de résister mais aussi de relever le rendement de l’actuelle TP, notamment en taxant les actifs financiers des entreprises rarement mis à contribution. Ce serait tout bénéfice pour les collectivités.

Créer un blog gratuit sur OverBlog - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés