POLITIQUE ETRANGERE

pc grec Avec près de 12% des voix aux élections locales, qui se pose comme alternative au consensus de droite PASOK-ND
 

 

Les médias dominants tentent de présenter les premiers résultats des élections locales grecques, mettant en jeu 13 régions et plus de 300 municipalités, comme un duel à couteaux tirés entre le PASOK (social-démocratie) et la Nouvelle démocratie (ND –droite traditionnelle), où le verdict des urnes serait encore pendu au second tour.
 

 

Or, au-delà de la conquête de telle région ou de telle cité, une seule chose est déjà sûre: les deux partis dominants ont été lourdement sanctionnés lors de ce scrutin.
D'après les estimations à minuit, le PASOK obtiendrait 35%, soit une chute de huit points par rapport au législatives de l'an dernier, tandis que la ND atteindrait péniblement les 31%, un recul de deux points par rapport à son score catastrophique de l'an dernier.
 

 

Outre ces estimations relatives, le fort niveau de l'abstention (autour de 45%) est l'expression d'une vaste désaffection vis-à-vis de la vie politique incarnée par les deux grands partis. Beaucoup de travailleurs Grecs ne croient plus à un jeu politique où tout semble « bonnet blanc et blanc bonnet » et ne semblent pas encore trouvé l'alternative à ce marché de dupes.
 

 

Or, cette alternative existe, et de nombreux Grecs l'ont trouvée: c'est le Parti communiste grec (KKE). Force motrice du « Rassemblement démocratique », le KKE avait décidé de refuser de rentrer dans le jeu des combinaisons locales et décidé de faire de cette élection locale une élection à enjeu national, un moment d'éclaircissement et d'exposition de son programme, de mobilisation et d'action dans sa longue lutte contre le plan d'austérité du gouvernement socialiste.
 

 

Le pari est réussi: d'après les premières estimations à minuit, le Parti communiste grec obtiendrait entre 11 et 12% des voix, soit 4 points de plus que son résultat des élections législatives de 2009, pourtant déjà encourageant.
Symptomatique de cette percée historique, dans la région cruciale de l'Attique, le candidat communiste tête de liste du « Rassemblement démocratique », Anastasios Pafilis obtiendrait 14,25%.
 

 

Le Parti communiste grec (KKE) s'impose sans aucune équivoque comme la troisième force politique du pays et comme le parti de l'alternative en Grèce.
A sa droite, le ballon de baudruche de SYRIZA-SYNAPSISMOS ne cesse de se dégonfler. Coalition électoraliste d'éléments disparates allant de la gauche de la social-démocrates aux trotskistes, cette auberge espagnole a souvent été présentée complaisamment par les médias comme l'« alternative de gauche » au PASOK. Mais SYRIZA obtiendrait moins de 5% des voix: miné par des dissensions internes sur fond de querelles politiciennes, il est au bord de l'implosion.
 

 

Confrontés à une machine médiatique les discréditant et les réduisant au silence, les communistes grecs n'avaient qu'un seul antidote valable à l'idéologie dominante pour les travailleurs est l'organisation de classe et de masse, enracinée sur les lieux de travail et dans les quartiers, portant un programme et un projet de société clair et alternatif.
Comme l'a souligné Aleka Papariga après l'annonce des premiers résultats, ces élections sont un signal positif pour le KKE, mais ils n'ont de sens que si les communistes l'utilisent pour intensifier la lutte, pour contribuer à renforcer l'organisation des travailleurs et du peuple grec contre les mesures à venir.
 

 

Avec une conception aussi saine du rapport élections-lutte, la subordination du premier comme moment à l'activité principale du parti qu'est le second, une organisation aussi forte idéologiquement qu'organisationnellement, le résultat du KKE n'est en rien une surprise.
Conserver sa raison d'être de communistes paye, même électoralement!
Ce résultat constitue pour nous, communistes français, un exemple dont nous ne pouvons que nous féliciter.


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Lundi 8 novembre 2010 1 08 /11 /Nov /2010 21:25

Chaque mercredi à Bruxelles, le secrétaire général de l’OTAN inaugure la réunion hebdomadaire des ambassadeurs de l’Alliance en présentant ses condoléances aux pays qui viennent de perdre des soldats en Afghanistan, scène ritualisée.

Aucun stratège raisonnable n’imagine aujourd’hui la possibilité d’une victoire militaire  Ce conflit, dont le but déclaré consistait à détruire tous les points d’ancrage chez les taliban du terrorisme signé al-Qaida, risque au contraire d’alimenter tous les fous de Dieu s’inspirant de Ben Laden.

Nicolas Sarkozy répète que la France doit « rester pour gagner » en Afghanistan… Mais que peut-on y gagner ? La France se trouve comme frappée d’interdiction dès qu’il s’agit d’aborder le dossier afghan. Trop peu de voix s’élèvent en effet pour poser une question simple mais brûlante : que fait la France dans cette sale guerre ? L’indifférence de la médiacratie politique confine à la connivence par omission, comme si les Français avaient perdu tout esprit critique. 
« Nous devons gagner le cœur des Afghans », affirmait le ministre Kouchner. Gagner le cœur… avec des bombes.

Au nom de quoi devrait-on perdre notre honneur ? Pour un strapontin à l’OTAN ? Pour que notre réintégration pleine et entière soit symboliquement signée par le prix du sang ? Ce néo-atlantisme mâtiné d’occidentalisme de bas étage, plaît à Sarkozy. L’idéologie de la rivalité appliquée à tout, qu’il déploie dans chacun de ses discours identitaires, est même sa raison d’être.

Seulement voilà, la guerre n’est rien d’autre qu’une pédagogie de la violence absolue.
 Et cette stratégie conflictuelle porte en elle son échec… et échouera en France, car la recherche de boucs émissaires et l’émergence d’une idéologie islamophobe et hostile aux héritiers de l’immigration contredisent les fondements 
de notre histoire. Tôt ou tard, ses inspirateurs en paieront le prix ! Le candidat Nicolas Sarkozy avait pourtant promis un désengagement. Mais un mensonge de plus ou de moins…

Dans ce silence tragique, les massacres répétés de populations civiles réduisent à néant toutes les prétentions morales qui sont avancées pour justifier cette guerre. Chacun sait que seule une solution politique est susceptible de dégager une issue favorable, ce qui implique non plus une volonté de domination par les armes, mais une aide au développement capable de rallier la population afghane à cet objectif, les conduisant, à terme, à préférer la démocratie à la dictature des talibans. La France avait rayonné après le discours de Dominique de Villepin à l’ONU. Avec Sarkozy, il nous arrive très exactement ce qui était advenu à l’Angleterre de Tony Blair : à vouloir devenir le caniche des États-Unis, nous cessons d’être ce que nous sommes. Collaborer à cette guerre fut donc une double erreur, 
à la fois diplomatique et stratégique, car elle dessinait, à sa manière, les contours d’une idéologie extrême-droitière à l’œuvre à l’échelle mondiale. Il n’est pas trop tard pour revenir dans le giron de l’ONU.


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Jeudi 26 novembre 2009 4 26 /11 /Nov /2009 21:00

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