[Ci-dessous le texte intégral de la conférence de presse ]

Conférence de presse de la section de Rodez Mardi 5 octobre 2010
1- L’actualité sociale et politique se prête à ce que la section de Rodez du parti communiste français s’exprime de façon forte et déterminée.
Le chef-lieu du département vient à trois reprises de vivre des manifestations d’une ampleur historique. Les salariés au premier chef, les jeunes, les anciens, retraités actuels sont inquiets et particulièrement mécontents de la réforme des retraites. Ils l’ont manifesté les 7 et 23 septembre ainsi que le 2 octobre.
Cette réforme est voulue et dictée par le MEDEF, à ce gouvernement et au président de la république qui n’est ni plus ni moins que leur valet, exécuteur des basses besognes.
Malgré l’ampleur des manifestations dans tout le pays, il reste sourd aux revendications des manifestants, de leurs organisations syndicales pour un retrait de leurs projets et l’ouverture de véritables négociations pour assurer la pérennité du système par répartition.
Mais cette réforme en cache une autre à venir, je veux parler de la refonte complète des droits à la sécurité sociale. Les premières interventions entendues ici ou là, laissent présager que cette réforme va une fois de plus toucher aux fondamentaux sociaux acquis de la libération par le Conseil National de la Résistance.
Le président de la république est donc constant dans son action politique. Comme il l’a toujours affirmé il veut mettre un terme à plusieurs décennies de conquêtes sociales. Une fois encore ses conseillers sont les dirigeants patronaux qui souhaitent profiter de l’homme providentiel qu’ils ont placé à l’Elysée pour retourner à leur avantage les rapports sociaux et les rapports de classe dans notre pays.
Oui, c’est bien le monde de la
finance, le patronat, les milliardaires qui ont constitué les principaux financeurs de la campagne de ce président. Il faudrait être aveugle et sourd pour ne pas voir et entendre les scandales
qui jour après jour nous montrent la face cachée de ce pouvoir. L’argent coule à flot, des chiffres qui dépassent l’entendement sont affichés. Pendant ce temps le peuple souffre, on lui demande
plus de sacrifice et pire on lui ment.
On lui ment sciemment ; pour rester sur les réformes de notre système social en affirmant que ce système serait un handicap pour le développement de l’économie du pays. C’est oublier un peu vite que si ce système n’avait pas existé nous serions tous des grecs qui subissent de plein fouet ce qu’il faut bien appeler les magouilles financières de leurs dirigeants et des banquiers internationaux.
On ment au peuple par omissions, en oubliant de lui dire les milliards investis par l’état pour sauver le système bancaire français englué lui aussi dans des montages financiers pour les intérêts à court terme de quelques-uns.
Notre parti, le parti communiste entend faire entendre la voix des salariés, des retraités, des artisans et commerçants et même des petites entreprises. Ce sont eux qui créent la richesse dans notre pays et ce ne serait qu’un juste retour des choses qu’ils en profitent.
C’est en effet la question essentielle, au cœur du débat politique, d’une autre répartition des richesses qu’il faut poser. Tout autre discussion est vouée à l’échec, le capitalisme ne s’aménage pas, il se combat sur ses fondamentaux, c’est à dire l’exploitation de l’homme, de ses capacités manuelles, intellectuelles.
C’est la loi du profit pour quelques-uns ; je rappelle que les 20 plus grosses entreprises du CAC 40 ont réalisé plus de 80 milliards d’euros de profits, ou que Mme Bettencourt, 2efortune de France qui n’a rien d’une « mamie aux abois » a reçu 30 millions d’euros au titre du bouclier fiscal ; et les souffrances pour d’autres. J’évoquerai ici le sort des salariés de France Télécom qui subissent de plein fouet la dérégulation sociale mise en place dans leur entreprise.
Plus proche de nous, les salariés de Bosch à Rodez subissent cette pression constante qui est mise par la direction du groupe pour plus de rentabilité. Pour rester un instant sur cet exemple, ce que nous entendons concernant les conditions de travail dans des secteurs de la nouvelle fabrication, nous inquiète au plus haut point. Le stress présent au travail engendre des situations de conflits, des réactions individuelles qui pourraient dégénérer gravement, nous prenons date et appelons les salariés de la plus grosse entreprise privée du département à réagir avec leurs organisations syndicales.
Je voudrais ensuite m’arrêter sur ce que je considère comme un des problèmes majeurs de notre société, je veux parler de sa jeunesse. En fait je ne devrais pas parler de problème mais d’un atout majeur pour notre société. C’est elle qui fera la France de demain. Hors, force est de constater que cette jeunesse est la première victime des politiques ultra-libérales qui sont menées depuis des décennies.
Tous les partis politiques la main sur le cœur affirment qu’il s’agit là d’une de leur priorité. Malheureusement il y a loin des discours aux actes. Une fois au pouvoir, les belles promesses s’envolent. Nos jeunes sont défaits, notre jeunesse est sans illusion et sans repère.
Elections après élections, leur situation s’aggrave, on ne sait leur proposer que petits boulots précarité, formations bidons, et quand tout cela est épuisé on leur attribue une aumône de survie, RSA ou autres allocations dont ils n’ont que faire.
Les jeunes veulent une école qui les forme, un emploi qui leur permette de vivre de leur travail. Une vraie reconnaissance dans la société, reconnaissance de leur façon de se distraire, de parler, de s’habiller, des lieux où ils peuvent se rencontrer, échanger, débattre.
On l’a vu lors de la dernière manifestation sur les retraites, les jeunes étaient présents, tous les médias l’ont souligné, lorsque la jeunesse se mobilise, le pays peut trembler, des gouvernements sont tombés parce que la jeunesse avait pris la parole.
Nous entendons les
encourager, à participer à l’élaboration d’une société plus juste, nous savons que les grands idéaux les mobilisent, mais ils ne se payent pas de mots. Ils veulent des actes, nous leur disons
intervenez, personne ne peut amener une certaine fraîcheur dans le débat politique qui en a bien besoin si vous me passez l’expression. Je tiens à souligner qu’à la fête de l’humanité ils ont été
8oo de moins de 25 ans à rejoindre le Parti Communiste Français.
C’est, entre autres, dans cette actualité sociale et politique que nous menons notre action. Il existe aujourd’hui un pacte d’union, un pacte qui rassemble les milliardaires, les actionnaires des grands groupes, les banquiers, le grand patronat et les valets politiques. Contre ce pacte des riches, de l’argent, nous prenons l’initiative de construire un pacte d’union populaire pour une société où l’épanouissement de chacun est la condition de l’émancipation de tous. Les communistes de la section de Rodez entendent prendre des initiatives pour lancer ce pacte d’union populaire par l’ouverture de cahiers citoyens. Nous allons travailler avec nos partenaires du Front de Gauche mais élargir aux syndicalistes, militants associatifs, personnalités diverses et citoyens qui, sans être membres d’un parti, pourront être partie prenante de la démarche. A la fête de l’humanité, nombreux sont ceux qui se sont déjà engagés. Pour ce qui concerne la section de Rodez cela prendra la forme d’un débat public, dont le premier aura lieu le 22 octobre à partir de 18H30 au café le Broussy à Rodez. Nous aurons sûrement l’occasion de communiquer à nouveau sur cette initiative.
2- Vous comprendrez que nous ne pouvions tenir ce point de presse sans aborder la situation politique au plan local. Sur la section de Rodez des élus communistes et républicains siègent dans plusieurs municipalités de l’agglomération de Rodez.
Mars 2008 - Septembre 2010, 2 ans et demi que les élections municipales ont confirmé ou amené de nouvelles équipes donnant au niveau de l’agglomération une prédominance de la gauche à notre avis cela ne se traduit pas suffisamment dans les faits.
Les projets qui sont portés et mis en œuvre nous intéressent au plus haut point. Certains à droite se gaussent qu’il ne s’agit que du prolongement des projets pensés par eux. Je serais tenté d’affirmer qu’ils ont été incapables de les mener à leur terme. Il a fallu dans bien des cas repenser totalement les projets structurant tant ils étaient incohérents pour le développement de l’agglomération.
Toutefois, il nous semble indispensable d’intervenir sur la réflexion à mener pour faire de ces projets qui commencent pour certains à prendre corps des projets aux services des habitants, afin qu’ils bénéficient des retombées attendues.
Je prendrais l’exemple du musée Soulages dont il n’est plus temps de savoir si l’on est pour ou contre, mais plutôt d’engager une deuxième phase de réflexion pour voir comment un tel pôle d’attraction va servir l’emploi pour les habitants. Au-delà, on peut aussi se poser la question simplement si cela va réellement engendrer un développement de l’agglomération. Une simple question se pose, que vont faire à Rodez et dans les environs les touristes qui viendront visiter ce musée et lieu de culture.
Va-t-on les laisser partir vers la métropole régionale ou à Albi, qui comme on l’a vu a su valoriser son patrimoine.
Le musée Soulages peut-être une chance pour le tourisme et ses retombées économiques mais que cela ne remplacera pas les secteurs agro-alimentaires, la métallurgie, l'industrie du bois, en terme d’emploi et création de richesse.
Au plan social, nous entendons nous inquiéter de l’avenir de l’accueil des personnes âgées, va-t-on privatiser à outrance cet accueil qui rentre parfaitement dans les compétences publiques. Par exemple, concernant l’accueil des personnes âgées nous sommes pour que la maison de retraite Saint Jacques reste dans le service public et s’il le faut que la ville soit candidate à sa reprise.
Au plan de l’accueil de la petite enfance, là aussi des progrès doivent être faits sur l’ensemble des communes, ce n’est pas là une critique systématique et stérile de ce qui est réalisé, mais plutôt une invitation à pousser au bout la discussion et la concertation avec les habitants. Nous prenons acte des projets engagés de construction de trois écoles neuves dans les années à venir. St Felix, Bourran et Combarel.
En matière de logements, nous constatons que l’office HLM de Rodez fait des efforts importants pour rattraper le retard en matière de logement social afin de permettre pour aux personnes à faible revenu d’avoir accès à des logements dignes et situés en ville. Mais une fois encore, au vu du désengagement de l'état dans tous les domaines il est dur pour une collectivité de répondre à toutes les conséquences de la crise actuelle.
En matière de transport, nous entendons nous rappeler aux bons souvenirs de nos partenaires dans les municipalités, nous sommes pour la gratuité des transports,certes nous savons qu'une telle mesure ne peut s'appliquer du jour au lendemain et que celle-ci va de pair avec une réorganisation complète du schéma des dessertes actuelles. Raisons de plus pour engager cette réflexion sans attendre.
Vous le voyez les communistes prennent actes de ce qui est fait, mais également des manques, mais nous souhaitons débattre réellement avec tous nos partenaires au sein des municipalités.
Ainsi les communistes se désolent du spectacle donné par les principaux responsables politiques de gauche, au premier rang desquels, le maire d’Onet le Château. Si celui-ci souhaite comme il l’affirme faire avancer l’agglomération, il se doit d’être plus constructif que de critiquer son président.
Les deux principales villes de l’agglomération, Rodez et Onet le Château lors des élections se sont présentées clairement avec les partis politiques de gauche. La gauche a donc la majorité à l’Agglomération.
Alors pourquoi tant de virulence dans les propos par presse interposée entre le Maire d’Onet le Château, qui est également vice-président de l’agglomération et le Président de l’agglomération alors qu’ils sont socialistes tous les deux et qu’ils devraient, nous semble-t-il respecter les électeurs de gauche qui ont voté pour des listes de gauche.
Pour nous les choses doivent rapidement être éclaircies
- Il faut que le Maire d’Onet le château nous dise s’il ne veut plus du Président actuel et par qui le remplacer, en effet, si le monsieur le maire d'Onet le Château a honte d'être de gauche, je lui rétorquerais que pour notre part nous avons honte que certains qui comme lui se disent de gauche tiennent de tels propos.
- Il faut que le Président actuel s’affirme politiquement, pour porter les projets de l’agglomération avec plus de détermination.
- Il faut enfin un pilote dans l’avion et cela n’est pas de la responsabilité de l’appareil administratif, mais bien des élus politiques
Pour les communistes, la gestion de l’agglomération ne peut se résumer à l’addition d’ambition locale, mais plutôt travailler ensemble à des projets communs. Et n’en déplaise à certains il s’agit d’une lapalissade que d’affirmer que Rodez est bien au cœur des enjeux de l’agglomération de par son nombre d’habitants et surtout son histoire, ce n’est en rien de la fanfaronnade ou du mépris. la Ville de Rodez quelque soit son Maire sera toujours la ville phare de l’agglomération comme dans beaucoup d’autres communautés d’agglomération telle qu'Albi
Cela m’amène tout droit aux prochaines échéances électorales. 5 cantons sont renouvelables sur le territoire de notre section.
Bozouls – Laissac - Marcillac - Naucelle - Rodez Est
Une première affirmation, Le FRONT DE GAUCHE sera présent sur tous ces cantons.
Le constat est là, la droite est défaite, la droite Aveyronnaise n’est plus crédible, le président du conseil général est bien le plus petit dénominateur commun à cette droite, sans envergure, il ne porte aucun projet, ce n'est qu'une pâle copie de son prédécesseur. Il n’ose même pas affirmer son adhésion à la politique menée par ses amis au gouvernement et à l'Élysée. Comment pourrait-il soutenir une politique qui détruit nos exploitations agricoles, qui ferme les derniers services publics qui reste, comment pourrait-il soutenir une politique qui accentue la désertification d’un des plus grands départements de France de par sa superficie.
Il n’est qu’à vagabonder sur les routes de notre département pour constater que des secteurs entiers sont totalement abandonnés. Nos agriculteurs ne peuvent plus vivre dignement de leur production pourtant de qualité.
Des secteurs qui faisaient la réputation de notre département sont sinistrés comme on peut le constater dans la filière bois par exemple.
Face à cette situation, les communistes de la section de Rodez, ont déjà engagé une première réflexion, il en ressort que nous n’excluons aucune alternative, et que nous formulerons certaines exigences incontournables.
Nous n’excluons aucune alternative, cela signifie d’abord que nous maintenons le principe qui nous est cher, celui de la discipline républicaine pour le deuxième tour s’il y a lieu. Les communistes soutiendront le candidat de gauche arrivé en tête au premier tour. Même si cela va s’en dire, nous tenons à rappeler ce principe.
Au-delà, nous n’excluons aucune alternative quant aux candidats que nous soutiendrons au premier tour. Pour exemple en 2004, sur le canton de Naucelle nous n’avons pas sciemment présenté de candidats. Plus globalement sur l’ensemble des cantons vous vous doutez que des discussions, des négociations ont lieu avec nos partenaires du front de gauche.
Au-delà des candidats, nous entendons qu’une véritable synergie se créée sur un projet pour notre département.
Ce n’est un secret pour personne, l’éventualité est là que le département bascule à gauche, nous posons crûment la question quelle gauche ? Face à cette éventualité, nous pensons que le débat est ouvert et les communistes y prendront leur part.
Je terminerai en m'arrêtant un instant sur le canton un peu particulier de Rodez-est. D’abord pour dire qu’un bilan aussi brillant soit-il ne fait pas une victoire assurée. Le conseiller général sortant ferait bien de le méditer.
Pour les communistes, l’enjeu est de taille puisque nous sommes présents sur les 2 principales municipalités constitués par les trois cantons de Rodez. Notre réflexion n’est pas terminée, mais nous pensons qu’un candidat communiste serait une bonne chose sur ce canton.
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