Reconstruire la Gauche

Congrès du NPA : logique de repli et coup de force
Francis Sitel, Christian Picquet, Alain Faradji 9 février 2009

Au soir du congrès fondateur du Nouveau parti anticapitaliste, notre inquiétude est grande.

Anciens membres du bureau politique de l’ex-LCR, animateurs de l’association Unir, nous défendons depuis longtemps l’idée d’un rassemblement susceptible de changer la donne au sein de la gauche et de mettre un terme à la domination sur celle-ci du social-libéralisme porté par le Parti socialiste.

Ces 6, 7 et 8 février, à La Plaine-Saint-Denis, en compagnie de nombreux autres militantes et militants du NPA issus d’autres traditions, nous nous sommes retrouvés dans la « sensibilité européenne », qui en appelait, pour les élections européennes,  « à la constitution de listes de large rassemblement, pluralistes, sur la base d’un programme pour une Europe sociale, démocratique, écologiste, solidaire et de paix, dénonçant le traité de Lisbonne et en complète indépendance du PS ». Cette sensibilité proposait que le NPA s’adresse dans ce but  « au Parti de gauche, au Parti communiste français, aux Alternatifs, à la Fédération et à ses diverses composantes, à Lutte ouvrière… »

Avant que cette sensibilité ne tire collectivement, dans les jours à venir, le bilan des événements intervenus durant ce congrès, nous voudrions livrer publiquement notre propre appréciation du Premier Congrès du NPA.

À l’issue d’un débat qui a polarisé le congrès, une majorité de délégués a rejeté le texte de la « sensibilité européenne ».

Si nous prenons acte que la position majoritaire ne ferme pas totalement la porte à la constitution d’un front de gauche pour les élections européennes, nous regrettons que les conditions avancées à la réalisation de ce dernier (les exigences, de facto présentées comme des préalables, d’une sortie du nucléaire et d’un accord pour les élections régionales de 2010) apparaissent surtout comme des faux prétextes de nature à justifier, demain, une rupture avec les partenaires possibles de listes de large convergence.

Les conditions de l’élection du comité politique national du nouveau parti renforcent nos craintes. La « sensibilité européenne », dont la proposition avait obtenu le soutien d’un délégué sur six, s’est vu refuser le droit d’être représentée à la proportionnelle des résultats qu’elle a obtenus. Alors qu’elle aurait dû compter 26 membres à la direction, la majorité s’est arrogée le droit discrétionnaire de sélectionner 13 de ses candidats seulement et d’écarter les autres au terme d’une procédure expéditive, évoquant les pires pratiques ayant longtemps eu cours au sein d’une partie de la gauche.

Les statuts fraîchement adoptés par le congrès, qui prévoient la représentation proportionnelle des positions qui ont été opposées dans un débat central au sein du NPA, ont ainsi été bafoués. Ce qui a permis d’éliminer, sans autre forme de procès, quatre des six membres sortants du comité d’animation national provisoire du NPA (Alain Faradji, Catherine Jouanneau, Christian Picquet et Francis Sitel), ainsi que neuf autres candidats, dont beaucoup n’appartenaient pas à l’ex-LCR.

On ne s’y serait pas pris autrement si l’on avait voulu étouffer le débat qui s’est fait jour parmi les militantes et militants du NPA, autant que la volonté de parvenir à l’unité de la gauche de gauche s’est renforcée durant le congrès.

Ce coup de force, conjugué à la position adoptée sur les élections européennes, est de nature à nuire gravement à l’image du NPA, à son rayonnement, à sa place sur le champ politique à gauche. Et ce, pour fort longtemps…

Nous sommes certains que les adhérentes et adhérents du NPA ne laisseront pas sans réaction un acte aussi lourd de conséquences.

En tout état de cause, nous poursuivrons la bataille engagée pour que, au printemps, un front de gauche réunisse, sans exclusive ni préalable, l’ensemble des forces et sensibilités souhaitant, d’un même mouvement, sanctionner la politique de Nicolas Sarkozy, affirmer une alternative de rupture à un capitalisme dont la faillite est aujourd’hui patente, défendre la perspective d’une autre Europe, au service des peuples et des travailleurs

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Jeudi 12 février 2009 4 12 /02 /Fév /2009 12:30

Assemblée extraordinaire les 8 et 9 décembre
“ Toute régénération surgit toujours d’une perturbation ”. C’est ainsi que le rapporteur a ouvert la dernière réunion de la direction du PCF. Une assemblée extraordinaire des délégués de sections aura donc lieu les 8 et 9 décembre prochain pour donner mandat et le cadre du congrès de la fin 2008. Cette assemblée sera celle des militants communistes d’en bas. Ces assises seront ouvertes à des hommes et des femmes pouvant apporter leur réflexion du monde du travail, de la création, du mouvement associatif.
Les communistes ne baissent pas les bras, a-t-il été dit lors de cette réunion du week-end dernier. Ils commencent à prendre la mesure des défis qui sont devant eux. Ils n’entendent pas se voir voler leur débat, considèrent aussi qu’il leur est impossible d’être dans des postulats, des a priori figés.
Les termes du débat ? D’abord, la politique de Sarkozy et sa méthode. Le chef de l’État veut affronter la société française pour la remodeler. En même temps, tout bouge très vite et un large front se dessine contre cette offensive, plus rapidement que prévu.
Autre sujet : le projet communiste. À l’évidence, il y a un manque de tra¬vail des communistes sur le projet politique. Il faut plus et mieux saisir la nature, le sens et l’ampleur des bouleversements du monde, celui de la mondialisation capitaliste et de ce que l’on appelle la révolution informa¬tionnelle. C’est d’une refondation politique et théorique, une redéfinition des repères essentiels dont ont besoin les communistes, estiment des intervenants. Est-il possible de changer la société sans s’attaquer aux questions de la révolution informationnelle ? Sans s’extirper de schémas qui correspondaient au stade de développement du capitalisme du XXe siècle : dirigistes, étatistes, productivistes, nationalistes, volontaristes. Bref, comment faire émerger une alternative au capitalisme dans l’état du monde aujourd’hui ?
Et puis encore : comment faire émerger une perspective politique ? Comment tenir le drapeau du rassemblement à gauche ? Comment reconstruire la gauche ?
Dans le même ordre d’idées, il a beaucoup été question de la construc¬tion d’un nouvel espace politique de gauche qui rassemblerait, dans le total respect de leur autonomie, des militants de la gauche de sensibi¬lités socialistes, communistes, écologistes, altermondialistes.
C’est entre 1 500 et 2 000 participants qui sont attendus à l’assemblée de décembre, avec comme feuille de route de questionner l’ensemble des fondamentaux du communisme, de l’analyse du capitalisme mondialisé à la visée de la transformation de la société


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Mardi 9 octobre 2007 2 09 /10 /Oct /2007 20:03

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