Site du PCF Aveyron
Les caisses ne sont pas vides pour tout le monde
Le candidat Sarkozy l'a dit et répété: « Je serai le Président du Pouvoir d'Achat ». Un an après, il répète qu'il va tenir sa promesse. Mensonge,
bluff, tromperie sur la marchandise! Alors que les revenus des patrons du CAC 40 ont augmenté de
58% en moyenne, les salaires « ordinaires » stagnent, les produits alimentaires et l'essence augmentent, des médicaments sont déremboursés, le
gouvernement poursuit ses projets d'allongement du temps de travail avec les remises en causes des
35h et de la retraite... Jamais le pouvoir d'achat n'aura été autant mis à mal.
A qui profite... les profits?.
Dans les entreprises le temps de travail s'allonge, la productivité du travail croît... pour des gains salariaux infimes. Et les profits explosent. Alors où passe l'argent? Dans une entreprise
comme Total, l'échelle des salaires était de 1 à 10 en 1970, elle est aujourd'hui de 1 à 400. Le cumul des revenus patronaux annuels des 40 plus grands
chefs d'entreprises est de 160 millions d'euros. Derrière ce scandale, un plus grand encore, celui des revenus de la spéculation boursière, des rétributions
grasses aux actionnaires. Ce qui ne peut plus durer, c'est que depuis trop longtemps,
en France, les richesses produites explosent alors que la part des salaires régresse.
Résister, lutter
Pour un nombre croissant de concitoyens, il n'est pas question de baisser les bras. Le mécontentement
grandit. Les résistances s'organisent. Les catégories les plus diverses sont en action... Gagner plus, les salariés le réclament
désormais de plus en plus fort, eux qui gagnent à peine le SMIC ou moins de 1400 euros comme c'est le cas de la moitié d'entre nous. Des luttes déterminées pour les salaires sont
victorieuses . Il faut poursuivre et élargir ces actions, les faire converger. Les communistes vous proposent ainsi de vous adresser directement à Sarkozy (lettre
au dos ) non pour quémander mais pour dire qu'ensemble nous ne nous tairons pas.
Où est la gauche?
Chacun sent bien que cette nécessaire riposte ne suffira pas à inverser le cours des choses et à imposer les changements dont la France et le monde ont besoin.Changer, c'est non
seulement nécessaire mais urgent. Ce combat n'a rien d'archaïque, il est au contraire d'une grande actualité,
il est de gauche. Mais justement, où est la gauche? L'insuffisance de répondant à gauche fait beaucoup discuter. Où
est son projet neuf? Où sont les propositions audacieuses en matière de protection sociale, de libertés, de luttes contre les privilèges
de l'argent, pour de nouveaux échanges internationaux? Sarkozy a beau jeu de dire qu'il n'entend rien changer à ses plans car
« il n'y a pas d'alternative politique ». La gauche doit se ressaisir plutôt que se mettre à la mode libérale. Mais, comment ne pas refaire ce qui a échoué?
Les communistes veulent y répondre. Pour cela, ils veulent innover, se changer eux-même. C'est l'ordre du jour de leur prochain Congrès. Un Congrès pour faire du neuf à gauche. Ils veulent le faire avec vous, dans les luttes, lors de rencontres qu'ils organisent dans les villes et les entreprises ce mois de juin et tout l'été, à la Fête de l'Humanité. Lors de ces rencontres, ils tendent la main aux hommes et aux femmes de gauche, à tous ceux qui descendent dans la rue pour les retraites ou l'école, à tous ceux qui ne confondent pas libertés et libéralisme.
Et ça fait du monde!
L’augmentation du coût de la vie frappe la masse de la population. Les plus pauvres sont aussi les plus durement touchés. Pour tous ceux qui survivent, qui n’ont aucune marge dans leur budget, l’augmentation en flèche des prix du logement, de l’énergie et des produits alimentaires a des conséquences désastreuses. Travailleurs pauvres, chômeurs, retraités, mères célibataires : ils sont toujours plus nombreux à fréquenter les soupes populaires et autres associations caritatives. D’autres – ou les mêmes – arpentent les marchés, en début d’après-midi, à la recherche de quelques fruits ou légumes abandonnés par les commerçants. Les dirigeants des hypermarchés demandent à leurs salariés d’asperger d’eau de javel les produits périmés qu’ils jettent, chaque jour, de façon à dissuader la masse croissante de pauvres qui tentent de les récupérer. Dans sa course aux profits, le capitaliste ne distingue pas l’homme du cafard.
En France, sixième puissance économique mondiale, la grande misère est de moins en moins confinée aux marges de la société : elle la ronge de toute part. Elle cesse d’être une exception. Plus de 7 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté (817 euros par mois). Parmi les travailleurs qui échappent à cet enfer, beaucoup se demandent avec angoisse : « pour combien de temps ? » Selon une enquête du Centre d’étude de la vie politique française (Cevipof), un Français sur deux éprouve des difficultés à vivre avec les revenus de son foyer. 15 % d’entre eux ont des problèmes pour rembourser leurs dettes. Les budgets familiaux sont amputés de tout le « superflu », aussi modeste soit-il. Il n’y a que le gouvernement et son armée de « spécialistes » pour nous expliquer que le pouvoir d’achat augmente et que les Français ont tout simplement l’impression d’avoir plus de mal à joindre les deux bouts.
Des chiffres publiés récemment par la CGT 1 donnent un bon aperçu de l’évolution du coût de la vie au cours des dernières années. D’après ces chiffres, le poids des dépenses « pré-engagées » – loyer, crédits, impôts, assurances, etc. – représentait 45 % du budget des ménages en 2006, contre 41% en 2001. Chez les travailleurs les plus modestes, l’évolution est brutale : pour les 20 % des ménages les plus pauvres, ces dépenses incompressibles absorbaient 75% de leur budget en 2006, contre 50% en 2001 ! Pour ces ménages, sur la même période, le logement est passé de 31 à 44% de leur budget, et les assurances de 9 à 15%. Il est clair que, depuis 2006, le phénomène s’est encore aggravé, surtout du fait de l’augmentation rapide des prix de la nourriture. Dans le même temps, les quelques centaines de parasites qui contrôlent l’économie du pays ont vu leurs fortunes colossales franchir de nouveaux pics d’obscénité.
De nombreux facteurs contribuent à l’appauvrissement rapide de la masse de la population : le renchérissement de nombreux biens, la stagnation des salaires (et dans certains cas, leur recul absolu), le développement du travail précaire, le chômage, etc. Les politiciens de droite et leurs économistes s’efforcent d’isoler certains facteurs et de leur trouver une explication conjoncturelle. Il y a, bien sûr, des éléments conjoncturels. Mais ce que les apologues de l’ordre établi refusent d’admettre, c’est que ce phénomène économique, pris dans son ensemble, est l’expression d’une profonde crise du système capitaliste, quelles qu’en soient les variations conjoncturelles. Autrement dit, les travailleurs font face à une tendance de fond qui ne s’inversera pas de sitôt, d’autant que les attaques du gouvernement – contre les retraites, les indemnités chômage, la sécurité sociale, etc. – ne peuvent qu’alourdir le fardeau.
Cette situation place les organisations des travailleurs – à commencer par les syndicats – devant leurs responsabilités. Nous ne devons pas nous bercer d’illusions, espérer que la crise sera « passagère » ou qu’une simple « concertation » avec l’adversaire de classe règlera le problème. Il sera impossible, non seulement d’améliorer, mais même de défendre le porte-monnaie des travailleurs sans un grand mouvement de masse. Nous ne prétendons pas que ce sera facile. Mais premièrement, la multiplication des grèves sur la question des salaires, y compris dans le secteur privé, montre le potentiel de mobilisation qui existe. Deuxièmement, il faut rompre au plus vite avec la politique des innombrables « tables rondes » par laquelle Sarkozy cherche – avec succès – à impliquer les directions syndicales dans la mise en œuvre des contre-réformes. Troisièmement, il faut engager une agitation systématique sur une plate-forme revendicative susceptible de mobiliser de larges couches du salariat.
Parmi les revendications indispensables figure un mot d’ordre traditionnel du mouvement syndical, qui n’aurait jamais dû être abandonné : l’échelle mobile des salaires. L’évolution de tous les salaires et des allocations doit être indexée sur l’évolution du coût de la vie, qui doit être calculé par les organisations syndicales. Dans le même temps, le SMIC doit être porté à 1500 euros net, de façon à rattraper le retard accumulé depuis des années.
Le partage du travail existant
L’autre question centrale est celle du chômage, qui voue des millions de travailleurs aux pires difficultés, tout en exerçant une pression constante sur les salaires de ceux qui ont un travail. Face à ce fléau que la crise économique ne manquera pas d’aggraver, il faut exiger la réduction du temps de travail, sans perte de salaire. Sous prétexte d’augmenter le pouvoir d’achat, le gouvernement Fillon augmente le temps de travail – au détriment des chômeurs. Dans les entreprises où les patrons veulent licencier, exigeons que le travail disponible soit partagé entre tous, sans perte de salaire. Cette répartition déterminera le temps de travail hebdomadaire.
Le poids écrasant des dépenses liées au logement, à la nourriture et à l’essence exige des mesures décisives : les grandes entreprises de ces secteurs – dont les actionnaires réalisent d’énormes profits – doivent être nationalisées sous le contrôle démocratique des salariés, et les prix soumis à la surveillance des organisations syndicales. Cela suppose également l’expropriation des capitalistes de la grande distribution. Par ailleurs, EDF et GDF, dont la privatisation a ouvert une interminable série d’augmentations tarifaires, doivent être réunifiés et intégralement re-nationalisés, sans indemnités pour les grands actionnaires. Enfin, ce programme de nationalisation – avec gestion démocratique – doit s’étendre à tous les organismes financiers qui vampirisent le budget des travailleurs : banques, assurances privées et entreprises de crédit à la consommation.
En ces temps de décomposition du système capitaliste, ces quelques mesures constituent le minimum nécessaire à la simple défense du niveau de vie des masses. Cependant, elles se heurteront à l’hostilité implacable de la classe dirigeante, qui leur opposera toute sa puissance économique et tout son pouvoir. Pour cette raison, ces revendications partielles ne peuvent avoir qu’un caractère transitoire. La mobilisation des travailleurs sur ces mots d’ordre doit être le prélude à une vaste offensive pour la nationalisation et le contrôle démocratique de tous les grands leviers de l’économie – c’est-à-dire de la lutte pour la transformation socialiste de la société.