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UN PARTI REVOLUTIONNAIRE, UNE STRATEGIE REVOLUTIONNAIRE

 

André PEREZ, membre de l’exécutif départemental et secrétaire de la section de Millau du PCF a animé cette soirée à laquelle ont participé une bonne quarantaine de militants, venus de tout le département. Ci-dessous le résumé de son l’intervention liminaire.

 

                                                                        34ème congrès

 

A une large majorité, le congrès a décidé d’être et de rester le Parti révolutionnaire dont la France a besoin. Autrement dit, il se fixe comme objectif le dépassement du capitalisme par un processus de luttes, de victoires électorales, d’avancées économiques, sociales, modifiant le rapport dominant/dominés.

La démocratie est à la fois, un but et le moyen de notre ambition, un moyen qui est, bien entendu, l’objet d’une intense guerre idéologique.

D’où l’importance des soirées éducatives, de la lecture (Humanité…), afin même de contester l’offensive capitaliste.

 

UNE STRATEGIE REVOLUTIONNAIRE

 

La gauche a, depuis des décennies, exercé le pouvoir à plusieurs reprises. Elle n’a pas réussi à changer radicalement la société, à changer la vie.

Pire, ces expériences se sont souvent soldées par des échecs entraînant un retour au pouvoir d’une droite dure, un recul du Parti Communiste et une montée de l’abstention.

Lors du 34ème congrès, le parti a estimé que notre stratégie devait reposer sur « 3 piliers » intimement liés entre eux. Que l’un fasse défaut et l’échec est au bout.

 

Ces trois piliers sont :

-         le projet en dehors duquel être de gauche n’a pas de sens ;

-         Le rassemblement majoritaire sans lequel un projet aussi bon et cohérent soit-il, n’entrera jamais dans la vie et donc devient inutile ;

-         L’intervention consciente, la détermination des citoyens, des acteurs du mouvement social.

 

Le Parti communiste en est arrivé là en tirant toutes les leçons des expériences passées ; en particulier :

-         le front populaire

-         l’union de la gauche autour du programme commun

-         la gauche plurielle

-         le 29 mai 2005 et la victoire populaire du NON au référendum sur le projet de constitution européenne.

 

LE FRONT POPULAIRE

 

Cette victoire populaire en 1936 est une réponse à la crise économique, sociale des années 30 ainsi qu’à la montée du fascisme.         

Alors que la gauche non communiste se compromettait avec la droite, Maurice Thorez lance en 1934 le mot d’ordre de Front Républicain contre le fascisme mais aussi pour un programme social avancé.

Une des caractéristiques essentielles de cette victoire reste le non état de grâce suite à l’arrivée du Front Populaire au pouvoir. Le peuple fait entendre sa voix : grève générale, occupation des usines…

La suite  est connue : semaine de 40 heures, congés payés…

Leçon importante  de cette page historique qui fait référence. Nous avons réuni les trois piliers évoqués, à savoir : - un bon programme économique et social

 - un rassemblement majoritaire puisque victorieux aux élections

 - l’intervention déterminée du peuple.

 

L’UNION DE LA GAUCHE AUTOUR DU PROGRAMME COMMUN

 

Tirant les leçons de l’échec d’après mai 68, le PCF lance l’idée d’une union de la gauche autour d’un programme commun de gouvernement.
Au congrès d’Epinay en 1971, Mitterrand réunifie toutes les composantes socialistes, prenant la tête du PS. En 1972, il signe le programme commun, persuadé qu’il prendra trois millions de voix au PCF.    

Le 10 mai 1981, la gauche est au pouvoir. Mitterrand a réussi son entreprise et va en deux ans remettre en cause le programme commun, provoquant le départ des ministres communistes.

Il manquait un pilier, mais un pilier essentiel : l’intervention consciente du peuple qui soutenait davantage l’union des forces de gauche plutôt que le contenu et la logique d’un programme conçu en dehors de lui, par des experts.

Pour employer une image, le peuple s’est mobilisé sur la vitrine et non sur l’essentiel, l’intérieur du magasin.

 

LA GAUCHE PLURIELLE

 

Victoire de la gauche aux législatives de 1997, suite à la dissolution de l’Assemblée Nationale. Lionel Jospin est nommé Premier Ministre. Nous allons au gouvernement dans des conditions très défavorables :

-         pas de programme, tout au plus quelques engagements,

-         une intervention citoyenne très limitée et pour cause !

L’échec est terrible pour Jospin, mais surtout pour le PCF qui a perdu son identité révolutionnaire, apparaissant comme une simple composante de la gauche dominée par un PS de plus en plus social libéral et hégémonique.     

 

2005 –  REFERENDUM

PROJET DE CONSTITUTION EUROPEENNE

 

Première remarque importante : la victoire populaire du 29 mai 2005 part, trouve son origine dans un projet. Ce projet, c’est celui d’un traité constitutionnel, un projet global, cohérent qui propose d’inscrire dans le marbre constitutionnel les contours d’une Europe capitaliste. 

Et là, le PCF, Marie George Buffet en tête, va mettre en application ce que doit être une stratégie révolutionnaire, avec la démocratie prise comme un moyen pour gagner.         

Nous allons, d’entrée, mener deux grandes campagnes dans une :       

-         la première concerne le MOYEN pour GAGNER : Intervention citoyenne – bataille pour un référendum.

-         La deuxième concerne le projet. Très complexe, mais qu’on va arriver à décortiquer puis, à démontrer que, dans sa globalité, dans sa cohérence, il constituait tant du point de vue social, sociétal, économique, environnemental, une machine de guerre contre les peuples.

-         Et ce double travail nous permet très vite de fixer un objectif, celui du rassemblement majoritaire, celui du NON DE GAUCHE.

 

Marie- George Buffet : « quand on est de gauche, on ne peut que voter NON. »

 

La suite, on la connaît. Et il est important d’en tirer toutes les leçons.

A savoir tout ce que nous avons réussi à faire bouger. Ex. : au PS, y compris dans la direction – A la CGT.

Et surtout, il s’agit d’une victoire populaire, un vote majoritaire de classes, comme l’ont reconnu tous les observateurs reposant sur les trois piliers :

-         le projet (en l’occurrence l’opposition à un projet)

-         le rassemblement majoritaire, nous n’avons fixé aucune frontière préalable

-          l’intervention citoyenne.

 

CONCLUSION : LA POLITIQUE DES FRONTS

 

La politique des Fronts décidée au 34ème congrès est ainsi la réponse apportée à nos échecs, mais aussi à nos succès.

 

Nous voulons élaborer un bon projet anticapitaliste, antilibéral, redonnant sens à la politique, permettant à notre peuple de retrouver le chemin des urnes comme il a su le faire le 29 mai 2005. C’est la raison pour laquelle nous associons aujourd’hui à nos ateliers, les organisations syndicales qui le souhaitent, diverses associations, tous les partis de gauche sans exclusive.

Nous travaillons à un rassemblement à vocation majoritaire autour de ce projet. Ce qui exclut ceux qui restent figés sur des positions essentiellement protestataires, donc totalement inutiles, et qui refusent de participer aux exécutifs. C’est aussi vrai pour ceux qui prônent une alliance avec un partie de la droite….fût-elle baptisée MODEM !

Enfin, garantie essentielle pour ne pas connaître des lendemains électoraux qui déchantent et déçoivent, faire de chaque citoyen, autant que faire se peut, un acteur conscient et déterminé du changement, le partenariat avec les acteurs du mouvement social, dans le respect absolu de leur champ d’intervention, de leur originalité.

 

C’est dans ce cadre que nous devrons décider de nos alliances pour les prochaines régionales, en ne perdant pas de vue l’essentiel, à savoir que notre ambition, même s’il est très important d’avoir des élus, n’est pas de devenir une sorte de PRG bis n’existant qu’artificiellement par ses élus, mais de peser de façon décisive sur les choix de société, autrement dit de rester le parti révolutionnaire.

 

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Lun 26 oct 2009 Aucun commentaire