Site du PCF Aveyron
Les décisions prises à la rencontre des partis du Front de gauche constituent un véritable coup de force.
Cette fuite en avant dans une stratégie très discutée, à la veille du congrès qui devait en débattre est inadmissible. Tant sur le plan de la démocratie que sur le fond. Qu’est-ce qui imposait une telle précipitation ? Qu’est-ce qui justifiait la prise de décisions aussi lourdes à quelques jours du congrès ? Au mépris des interrogations qui se manifestent. En ignorant le débat qui s’engage. Sinon la volonté de mettre les communistes devant le fait accompli et de peser sur leurs décisions ?
C’est inacceptable. Nous ne l’acceptons pas.
En décidant de la mise en place d’un « comité de liaison pour un programme partagé », avec le principe de candidatures du Front de gauche aux prochaines élections, et la création d’une association permettant l’adhésion directe, bref, en cédant aux injonctions de Jean-Luc Mélenchon, Marie-George Buffet et Pierre Laurent franchissent un nouveau pas, d’une extrême gravité, dans l’effacement du PCF et son enfermement dans la gauche de la gauche.
Cela compromet sa capacité d’innovation politique dans un moment où la crise rebat les cartes et rend nécessaires et possibles des initiatives rassembleuses inédites dont il pourrait être l’initiateur – y compris avec ses actuels partenaires du Front de Gauche s’il leur en faisait la proposition.
Ces décisions auraient pour le moins mérité d’ être discutées. Avec des milliers de communistes profondément troublés et choqués, nous tenons à exprimer une vigoureuse protestation.
Le congrès doit décider l’ouverture d’un véritable débat sur les défis posés au PCF, son devenir. Sur la conception et les objectifs du Front de gauche. Sur ce que la crise impose et permet comme possibilités inédites de s’adresser à toutes les forces de gauche en appui sur les exigences du mouvement social et en réponse au profond besoin de rassemblement et d’unité.
Nous demandons que les membres du Conseil National et les secrétaires des fédérations départementales se réunissent ensemble d’urgence pour décider des suites à donner à ce grave manquement aux règles élémentaires de la démocratie dans notre parti.
Paris, le 11 juin 2010
Daniel Cirera, Wilfrid Lunel, Fabienne Pourre, membres du Conseil national du PCF