Conférence régionale Midi-Pyrénées. Toulouse le 14 Novembre 2009

Compte rendu de mandat des élus communistes au conseil régional.


Au delà de la nécessité de rendre compte de notre mandat, de notre bilan d’activité et par la même du bilan de la majorité à laquelle nous avons participé dans l’équipe conduite par Martin Malvy, je crois qu’il faut mesurer l’importance de plusieurs facteurs, en dehors desquels, un tel bilan n’a aucun sens.

En premier lieu, comme je l’ai écrit dans l’éditorial du document que nous vous avons adressé , nous ne pouvons nous contenter d’une sorte d’examen comptable, avec au crédit, nos réalisations, ce que nous avons réussi à faire avancer dans le bon sens, et au débit, nos limites, nos insuffisances. D’autant, qu’une telle pratique essentiellement chiffrée ne tiendrait compte ni du contexte politique et du rapport de forces dans la région, encore moins dans celui du conseil régional, où, je vous le rappelle, le Parti Socialiste avait à lui tout seul, la majorité absolue.

Je disais dans cet éditorial que notre bilan, tout comme le bilan de la majorité, n’avait de sens qu’au travers des leçons constructives que nous saurons ou pas tirer pour l’avenir.

Nous ne sommes pas dans la situation de 2004, la crise du système capitaliste s’est depuis invitée. Ses conséquence sont terribles pour notre peuple, nos territoires, notre planète.

L’autoritarisme de Sarkozy, qui transforme notre République, en une sorte de monarchie, la mise à mort des collectivités, donc de nos fondements démocratiques, mais aussi, les manœuvres de recomposition politique, tirant le Parti Socialiste et les écologistes dans la collaboration avec une partie de la droite, tout cela a fait évoluer le niveau de nos responsabilités, de nos exigences.

 

Parler de notre bilan, reviens à répondre à une question :

Avons-nous contribué à changer un tant soit peu, la vie de nos concitoyens ?

Y sommes-nous parvenus dans le cadre d’un rapport de forces qui ne nous est pas favorable ?

Nous sommes, je vous le rappelle, 9 élus communistes. 2 membres du Parti de Gauche, nous ont rejoint.

Très sincèrement, je crois que nous n’avons pas à rougir de ce que nous avons fait.

Un examen objectif de notre action, montre que des avancées non négligeables ont été obtenues.

Des secteurs importants portent la marque des élus communistes.

Que ce soit dans les lycées, les transports, l’économie sociale et solidaire, la politique de la ville, les affaires sociales, des domaines où nous étions en responsabilité, nous pouvons dire que le bilan est positif.

C’est ainsi, que ces dernières années, 9 lycées ont été construits.

Nous avons mis en place le chéquier lecture, la bourse de 1eréquipement, le chèque sport, les projets d’avenir.

Ces avancées sociales destinées à soutenir les jeunes et à alléger la charge des familles portent l’empreinte des élus communistes.

Dans le domaine des transports, les résultats sont là aussi éloquents.

Depuis 2000, le nombre de passagers TER est passé de 5 à 10 millions alors que le nombre de dessertes a doublé.

On en compte aujourd’hui près de 350.


Tout ce travail et ces avancées positives, démontrent à celles et ceux qui tendent parfois une oreille complaisante aux sirènes de la protestation pour la protestation, à l’inutilité d’avoir des élus dans les exécutifs, que l’on peut aussi être utile et efficace dans la gestion.

Reste qu’à la question importante : avons-nous contribué à changer la vie des gens, je pense qu’il est très difficile et peu pertinent de répondre par l’affirmative.

Par exemple, alors que nous savons que la réussite de notre stratégie, repose pour beaucoup sur l’implication du mouvement social, sur la détermination consciente des citoyens, nous n’avons pas réussi à avancer dans le domaine de la démocratie participative, sauf dans le domaine des transports avec les comités de ligne.

Sur la transparence des aides publiques régionales apportée aux entreprises, nous sommes très loin du compte et des exigences.

Nous avons certes en début de mandat, imposé la mise en place d’une commission de contrôle. Mais l’efficacité est pour le moins réduite. J’en veux pour preuve les pôles de compétitivité, pilotés par le grand patronat qui fonctionnent en vase clos, sans contrôle des salariés, de leurs organisations syndicales, ni même des élus qui versent ces subventions.

Cela nous a conduit souvent à voter contre des propositions d’attributions de fonds publics à des grands groupes, aux pôles de compétitivité.

Si nous avons voté tous les budgets de la mandature, nous avons, il faut le souligner toujours voté contre l’augmentation de la TIPP (taxe intérieure sur les produits pétroliers), taxe qui comme la TVA est injuste car elle frappe les citoyens quel que soit leur revenu.

Nous avons aussi voté contre un dispositif appelé « qualification plus » qui consiste à payer avec l’argent des contribuables, des formations à des salariés mis en chômage partiel, alors que ces formations doivent être payées par le patronat.


Nous avons voté contre mais, cela n’a rien changé.

Pourquoi ?

Il y a, à cela de nombreuses raisons, à commencer par une, purement mathématique.

Mais, il y a un autre aspect qui mérite réflexion.

Nous n’avons selon moi, pu ou su, impliquer autant que nécessaire les citoyens, les acteurs du mouvement social, et même les communistes.

Les réunions de compte-rendu de mandat, trop rares, il faut l’avouer, démontrent une méconnaissance quant à l’action régionale et au rôle joué par les élus communistes.

Cela met en évidence la difficulté que nous avons, dans le parti à nous emparer de problèmes importants pour la vie des gens de tous les jours, de nous appuyer et de valoriser le rôle et l’action de nos élus.

Cela vient-il de notre organisation, du parti ?

Cela vient-il des élus ?

En tout cas, cela mérite que nous ayons une réflexion pour être toujours plus utiles et efficaces.

Et cela ramène en même temps à leur juste valeur, les arguments visant à faire du bilan appelé trop facilement le bilan de Malvy, un élément décisif ou déterminant dans notre choix stratégique.

Globalement, en tout cas, c’est mon avis, l’appréciation du bilan est avant tout le fait d’initiés, de citoyens s’intéressant un tant soit peu à la politique, ou ayant eu à faire directement au conseil régional.

Mais quand on pose la question dans les entreprises, dans les quartiers populaires, j’en ai fait l’expérience, les salariés, les citoyens sont loin d’avoir un avis sur le bilan de la région.

Ce qui revient dans leurs préoccupations essentielles, ce sont les questions de l’emploi, le pouvoir d’achat, la précarité …

Par exemple, dans le Sud-Aveyron, les gens ne savent pas qu’Alain Fauconnier, sénateur- maire de St Affrique est le directeur de campagne de Martin Malvy, mais ils s’interrogent sur son attitude concernant nos hôpitaux de proximité.

Je pense qu’une élection peut se perdre sur un bilan s’il est mauvais, mais que pour gagner, un bon bilan ne suffit pas, il y a besoin d’une dynamique autour d’un projet en lien avec la vie, le quotidien des gens, leurs préoccupations, leurs attentes.

Comme je l’ai dit en début de mon intervention, la situation n’est pas celle de 2010.

Elle appelle des mesures radicales.

En 2004, nous avons mené campagne sur le thème :

« des régions, pôles de résistances »

La gauche –le Parti Socialiste- a gagné 20 régions sur 22.

Les conditions étaient réunies pour qu’au niveau des régions, fleurissent selon l’expression de Marie-George Buffet « les fleurs de la désobeissance », pour que les conseils régionaux refusent d’appliquer des lois allant contre l’intérêt des populations et des territoires.

De ce point de vue, il faut bien l’avouer, nous avons été en échec, nous n’avons pu nous faire entendre.

Nous commençons à mesurer les conséquences des compétences transférées par l’Etat sans moyens financiers suffisants.

Pour l’avenir, nous savons que la suppression de la taxe professionnelle, va mettre les collectivités en grande difficulté.

Nous savons aussi que ce sont les contribuables, les ménages qui vont payer.

Ce n’est pas la proposition émanant de l’Association des Régions de France (ARF) d’une « réforme de la taxe professionnelle dite acceptable » qui peut nous rassurer.

Cette instance va-t-elle nous proposer aussi un aménagement de la réforme des collectivités que veut imposer à notre pays Sarkozy, fidèle à la stratégie de Lisbonne ?

Nous ne pouvons nous contenter de simples protestations suivies, au nom de la loi, par des capitulations.

Il y a, au delà de la résistance, nécessité de porter un projet qui redonne l’espoir, un projet lisible, crédible qui donnera à voir notre ambition de rompre avec les logiques capitalistes et qui favorisera une dynamique.

Mais, c’est un autre débat.

En conclusion, je voudrai dire qu’en tant que présidente du groupe, je termine ce mandat avec la fierté d’avoir pendant bientôt 6 ans, travaillé avec des élus communistes respectueux de la mission que leur avaient confiée les communistes.

Ils n’ont pas, nous n’avons pas à rougir de notre bilan.

J’ajoute par ailleurs, que malgré des sensibilités parfois différentes, nous avons su rester unis et solidaires sur l’essentiel.

Cela restera pour moi, une expérience humaine positive.

Je suis convaincue que c’est un élément déterminant à verser, sur la nécessité de ne pas rester une force d’appoint du Parti Socialiste.

Martine Perez, présidente du groupe communiste.

 

 

 

 



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